Stations Thermales

L'Officiel du Thermalisme sur Facebook
L'Officiel du Thermalisme sur Twitter
L'Officiel du Thermalisme sur Linkedin
Retrouvez le flux RSS de l'Officiel du Thermalisme

28/02/17 – Le rôle du médecin thermal en station

médecin thermalLes médecins pratiquant une activité thermale sont environ 840 en France, dont 35 % sont des spécialistes et 65 % des généralistes. Pendant la cure, le médecin thermal est un interlocuteur essentiel pour les curistes. L’Officiel du Thermalisme vous propose une (re)lecture de l’article du Dr Hugues Desfour, président du Syndicat National des Médecins thermaux (SNMTh), paru dans l’édition 2016.

La cure thermale est un acte médical. Elle est prescrite par le médecin traitant ou le spécialiste et c’est le médecin thermal qui assure sa mise en œuvre. Son premier rôle est donc d’être l’intermédiaire entre le médecin prescripteur et l’établissement thermal qui réalisera les soins.

Un relais médical complet

Lors de la consultation initiale, le médecin thermal va ainsi s’enquérir du motif de cette cure et de son contexte médical. Avec l’aide de la lettre du médecin prescripteur, des dernières ordonnances, des différents bilans biologiques ou radiologiques, il vérifiera l’indication (ou la non-indication) de cette cure et l’absence de contre-indications à la réalisation des soins.

Pour optimiser cette étape essentielle au bon déroulement de la cure, un questionnaire pré-cure (QPC) a été élaboré à la station de La Léchère. Ce questionnaire, destiné au curiste et envoyé lors de la réservation de la cure, peut être rempli par le curiste lui-même ou par son médecin traitant, et donne des précisions quant au motif de la cure, des traitements en cours, des antécédents médicaux et chirurgicaux, et de la liste des documents à apporter lors de la consultation. La généralisation de ce QPC est à l’étude. En fonction de tous ces éléments, le médecin thermal va devoir rechercher d’éventuelles contre-indications. Celles-ci peuvent être absolues, lorsque l’état de santé du curiste est incompatible avec le déroulement d’une cure.

Cela concerne les altérations importantes de l’état général, les défaillances viscérales sévères, les maladies malignes non contrôlées, les insuffisances cardiaques décompensées, les troubles du comportement ne permettant pas les soins en collectivité. Les déficits immunitaires, qu’ils soient liés à la pathologie ou aux traitements (chimiothérapie, immunosuppresseurs, biothérapies), sont à discuter selon le niveau d’immunodépression. De même, les états infectieux aigus (érysipèle par exemple) ou inflammatoires (poussée d’arthrite) constituent des contre-indications aux soins thermaux.

Il existe toutefois des contre-indications relatives, qui vont permettre le déroulement de la cure grâce à un aménagement des soins : il s’agit essentiellement des situations de handicap moteur ou sensoriel, sous réserve que l’établissement thermal soit en capacité de les prendre en charge. Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade débutant entrent dans ce cadre.

Définir des soins adaptés

Le médecin thermal va ensuite procéder à la prescription de l’ordonnance de cure, c’est-à-dire définir les soins thermaux dont bénéficiera le patient. Depuis la réforme du thermalisme en 1997, il existe une organisation forfaitaire des soins, chaque forfait comprenant 72 soins pour l’orientation principale et, en cas d’orientation secondaire, 36 soins supplémentaires.

Dans certaines orientations, le médecin thermal va réaliser lui-même certains soins, dans le cadre des Pratiques Thermales Complémentaires (PTC). Le guide des bonnes pratiques thermales, élaboré par le Syndicat National des Médecins Thermaux (SNMTh), détaille pour chaque orientation les différents soins thermaux. En préambule, il rappelle qu’au même titre que ses particularités géographiques, géologiques, climatiques, hydrologiques ou culturelles, chaque station thermale se distingue par le plateau technique de son centre de soins et par ses manières de délivrer les traitements thermaux. Si cette grande variété est un des aspects originaux du thermalisme, reste que tous les établissements thermaux sont tenus, par convention, à assurer l’exécution de la prescription médicale conformément au traitement type reconnu.

Optimiser la guérison

À l’occasion des consultations durant le séjour thermal (3 consultations sont obligatoires conventionnellement), le médecin thermal va assurer la surveillance clinique, permettant d’adapter éventuellement les soins initiaux. Ces consultations permettent également de prévenir le risque sanitaire inhérent aux soins thermaux.

Grâce notamment à des réseaux sentinelles mis en place dans de nombreuses stations, le médecin thermal joue en effet un rôle central dans l’animation de la lutte contre les risques sanitaires en cure, le recueil d’informations cliniques étant le complément naturel indispensable de l’approche bactériologique.

En fin de cure, le médecin thermal va faire le bilan médical du séjour en rédigeant un courrier au médecin traitant pour décrire les soins thermaux prescrits, et faire des propositions d’objectifs de santé et thérapeutiques. Ce lien est essentiel pour ancrer la cure dans le parcours de soins.

Encourager le patient à l’éducation de sa santé

Les autres fonctions du médecin thermal s’inscrivent dans une démarche de partenaire de l’établissement, avec une participation active à la qualité technique des soins thermaux, à la formation du personnel soignant, ou encore à des études scientifiques observationnelles voire randomisées.

Enfin et plus récemment, des sessions d’éducation thérapeutique du patient (ETP) ont été mises en place dans de nombreuses stations. Cette démarche novatrice réhabilite l’image de la médecine thermale dans son ensemble et conduit à l’organisation d’un  autre mode de travail : le médecin devient coordonnateur de soins, gestionnaire d’une équipe pluridisciplinaire.

L’ETP redonne du sens à la cure dans le cadre d’une démarche de santé globale, dont le médecin thermal est l’acteur essentiel.

Soutenir la profession de Médecin thermal

Comme de nombreuses spécialités médicales, la Médecine Thermale souffre actuellement d’une baisse de ses effectifs. Au cours de l’été 2014, une enquête conjointe entre le Conseil National des Exploitants Thermaux (CNETh) et le Syndicat National des Médecins Thermaux (SNMTh) a objectivé des perspectives inquiétantes en la matière.

Le nombre de médecins thermaux est actuellement de 840, dont 75 % ont une activité thermale prédominante dans leur exercice. Il s’agit d’hommes dans 58 % des cas, exerçant seuls dans 2/3 des cas, avec un âge moyen de 59 ans. Plus de 30 % de ces médecins envisagent de prendre leur retraite d’ici 2020, alors que seulement 86 médecins thermaux se sont installés dans les 5 dernières années.

La profession se trouve donc confrontée à un déficit démographique qui touche déjà de façon dramatique certaines villes thermales isolées, mais qui bientôt concernera l’ensemble des stations, mettant en difficulté voire en péril l’exercice même du thermalisme.

Pour contrecarrer cette baisse démographique, l’ensemble des acteurs du secteur se sont unis pour attirer de nouveaux médecins afin de maintenir et développer cette spécialité.