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D’hier et d’aujourd’hui : Des écrivains et des bains

Dans Actualités 4 décembre 2018

Dans ses Essais, publiés en 1580, Michel de Montaigne nous confie que le thermalisme incarne la seule branche de la médecine à laquelle il ait accepté de s’abandonner. Nombreux écrivains ont suivi le courant et se sont adonnés aux plaisirs des eaux, ils y ont alors trouvés les remèdes à leurs maux et à leurs peines, mais y ont aussi puisé de riches sources d’inspiration. En 1816, Lamartine se rend en cure à Aix-les Bains pour apaiser une officielle maladie pulmonaire et une officieuse dépression. C’est dans la ville thermale que le poète rencontra l’amour de sa vie, Julie, et rédigea son poème le plus célèbre, Le Lac. Marcel Proust, quant à lui, séjourna régulièrement, de 1899 à 1905, à Évian, qui l’inspira dans la rédaction de Jean Santeuil, une ébauche d’À la recherche du temps perdu.

Quant à la renommée de Vichy, elle ne serait pas la même si l’épistolière Madame de Sévigné ne s’y était pas rendue, en 1676 et 1677, pour soigner notamment ses rhumatismes aux mains qui l’empêchaient d’écrire. À sa fille elle conta : « Je mis hier moi-même une rose dans la fontaine bouillante : elle y fut longtemps saucée et ressaucée ; je l’en tirai comme dessus sa tige : j’en mis une autre dans une poêlonnée d’eau chaude, elle y fut en bouillie en un moment. Cette expérience, dont j’avois ouï parler, me fit plaisir. Il est certain que les eaux ici sont miraculeuses. » Une dimension presque magique qui apparaît dans de nombreux écrits. Guy de Maupassant, ayant contracté la syphilis, fréquentera plusieurs villes d’eaux. En 1885, il entreprend l’écriture d’une œuvre sur Châtel-Guyon, dont le nom est transformé en Mont-Oriol. Un des protagonistes du roman parlera des villes d’eaux en ces termes : « Ce sont les seuls pays de féérie qui subsistent sur la terre ! On dirait vraiment que les sources ne sont pas minéralisées, mais ensorcelées. » Envoûtantes, les sources apparaissent qui plus est insaisissables : « C’était admissible, après tout, qu’elle fût partie comme elle était venue, rentrée dans la terre, impossible à reprendre. » Par ailleurs, prendre les eaux semblent purger de toutes leurs afflictions et désirs ceux qui s’y aventure, les transportant dans un état d’apaisement absolu: « elle aurait voulu rester là toujours, sans remuer, presque sans songer. La sensation d’un bonheur calme, fait de repos et de bien-être, de tranquille pensée, de santé, de joie discrète et de gaieté silencieuse, entrait en elle avec la chaleur exquise de ce bain. Et son esprit rêvait, vaguement bercé par le glouglou du trop-plein qui s’écoulait. Aucun désir n’agitait son âme, calme comme son cœur dans cette eau tiède, aucun désir, sauf cette confuse espérance d’un enfant, aucun désir d’une vie autre, d’émotion ou de passion.» Dans Maigret à Vichy, de Simenon, paru en 1967, le célèbre commissaire, alors de séjour dans la station thermale, aura du mal à percer à jour les curistes dont les « regards avaient la même sérénité un peu vide. »

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