Une cure thermale pour la prostate, on en parle !

Dans , 21 septembre 2021

Dernière mise à jour le 21 septembre 2021. 

Sculpture hommes pipi

Dans un livre paru en 2018, le Pr François Desgrandchamps, chef du service d’urologie de l’hôpital Saint-Louis à Paris, interpelait avec ce titre accrocheur : La prostate : on en parle ? Dans ces pages, il évoquait la prostate sans tabous et y apportait des solutions, parmi lesquelles la cure thermale. À l’occasion de la Journée européenne de la prostate, le 20 septembre, nous nous sommes dit qu’il serait de bon ton de lui rendre sa parole d’expert. D’autant qu’il nous avait fait l’honneur de sa contribution dans l’édition 2020 du guide papier de l’Officiel du Thermalisme, sur les troubles mictionnels et la cure thermale.

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En France, plus de 20 % des hommes de plus de 50 ans souffrent de troubles mictionnels. Il peut s’agir d’envies d’uriner fréquentes ou impérieuses, difficiles à retenir, d’une faiblesse du jet d’urine ou de levers nocturnes (enquête SOFRES 2003).

La responsable de ces troubles mictionnels est la prostate qui, en grossissant avec l’âge, sans qu’il n’y ait de cancer, gêne l’évacuation de l’urine. La vessie se contracte alors plus fort que normalement pour forcer le passage, expliquant les envies fréquentes le jour et la nuit. Et comme elle n’y arrive pas toujours complètement, le jet devient plus faible. Tous les jours, environ 1 million de Français prennent un médicament pour traiter ces symptômes et environ 1 sur 10 devra être opéré en raison d’une prostate trop grosse.

La cure thermale pour soigner et comprendre les troubles urinaires

homme troubles pipi entrejambe

Les effets bénéfiques des cures thermales sont reconnus dans le traitement des affections liées à la prostate et plus particulièrement les troubles mictionnels de l’homme depuis longtemps. Plusieurs publications en font état, par exemple en 1998 et 2008, montrant en particulier qu’une cure thermale de 3 semaines aux thermes de La Preste-les-Bains permet d’améliorer la force du jet d’urine et les symptômes urinaires. L’intérêt du traitement des troubles mictionnels de l’homme est relancé actuellement par la meilleure compréhension des causes des troubles mictionnels.

Cliquez ici pour en savoir plus la cure thermale pour soigner les affections de la prostate (soins, centres thermaux, bénéfices, etc.)

La sédentarité et le surpoids sont deux des facteurs qui favorisent les troubles mictionnels en stimulant l’augmentation de taille de la prostate. Il y a un parallèle entre l’augmentation du tour de taille et le volume de la prostate par un mécanisme que l’on appelle le syndrome métabolique.

Ce syndrome est dû à l’accumulation de graisse, dont les sécrétions provoquent toute une cascade de désordres biologiques dans l’organisme, comme une hypertension artérielle, un diabète, une hypercholestérolémie et des troubles mictionnels. Par ailleurs, environ un homme sur deux qui souffre de troubles mictionnels se plaint d’érections de moins bonne qualité, et ces problèmes sexuels sont eux aussi liés au syndrome métabolique.

La cure thermale pour la prostate favorise une meilleure hygiène de vie

Senior marche extérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

En cure thermale pour les affections urinaires, et dans le cas précis des troubles mictionnels, l’accent est donc mis sur la diététique et l’activité physique avec des ateliers spécifiques autour d’une diététicienne et des exercices quotidiens avec un coach. On sait que marcher 2 à 3 heures par semaine réduit de 25 % les troubles mictionnels et que perdre 10 % de son poids améliore les érections. Des ateliers de rééducation comportementale sont également organisés.

Apprendre à contrôler l’envie d’uriner

En effet, lorsque les mictions deviennent fréquentes ou impérieuses, et a fortiori quand un épisode de fuite involontaire d’urine s’est produit, le cerveau intègre le besoin d’uriner comme primordial et inconsciemment y pense en permanence, déclenchant des envies encore plus intempestives. C’est par exemple le cas de ces patients qui sont pris d’une envie brutale d’uriner dès qu’ils arrivent chez eux en mettant la clé dans la porte ou en appuyant sur le bouton de leur ascenseur.

Il faut alors « déprogrammer » le cerveau en apprenant à détourner son attention lorsque l’envie d’uriner survient. C’est le principe de ces ateliers de rééducation comportementale qui sont proposés au cours du séjour en cure thermale.

Limiter la consommation de boisson

Il faut aussi apprendre à réguler ses apports hydriques, car nombreux sont les hommes qui ont trop d’apports au cours de la journée ou le soir (eau, café, thé, sodas, soupe). Cela se traduit obligatoirement par des envies d’uriner fréquentes pour éliminer ces excès de boisson.

Des recherches pour comprendre l’action de l’eau thermale sur la prostate

eau verre extérieur

Des découvertes scientifiques récentes sur le vieillissement éclairent d’un jour nouveau les cures thermales. L’augmentation de la taille de la prostate est liée à l’âge, par probablement deux mécanismes biologiques sous-jacents, l’un inflammatoire, l’autre bactérien. Ces deux mécanismes constituent de potentielles cibles de l’action des cures thermales sur les troubles mictionnels de l’homme et font l’objet d’études scientifiques.

L’effet des cures thermales sur l’inflammation de la prostate

L’inflammation chronique est le mécanisme qui altère les différentes fonctions de l’organisme au cours du vieillissement ; ce mécanisme s’appelle « l’inflammaging ». Au fil des années, notre corps n’arrive plus à éliminer tous les déchets qu’il produit, et ces microscopiques particules s’insinuent dans tous les tissus, provoquant une inflammation réactionnelle à l’origine des altérations des fonctions. La prostate n’y échappe pas : il existe une relation entre le degré d’inflammation de la prostate et sa taille.

L’effet des cures thermales sur le degré d’inflammation chronique de l’organisme fait l’objet d’une étude menée en 2020, soutenue par l’Association française pour la recherche thermale (AFRETh).

Une nouvelle étude thermale sur le microbiome urinaire

Le second mécanisme, de découverte encore plus récente, concerne le microbiome urinaire. Tout le monde connaît le microbiome intestinal. Notre intestin contient des milliards de germes qui interagissent avec notre santé, mais jusqu’à présent, il était convenu que les urines étaient stériles.

Des chercheurs ont prouvé le contraire récemment, montrant qu’à l’instar de l’intestin les urines ne sont pas stériles. Elles contiennent à l’état normal des quantités infinitésimales de nombreux germes, sans bien sûr que leur présence n’entraîne de signes d’infection urinaire. Il semble que le type des germes est particulier en cas de prostate volumineuse et change au cours du vieillissement.

Il était donc logique de se demander si la nature des eaux thermales peut modifier l’état du microbiome urinaire et par là même agir sur les troubles mictionnels. C’est l’objet d’une étude qui sera couplée à la précédente. Il existe donc un regain d’intérêt actuel pour le traitement des troubles mictionnels de l’homme en cure thermale.

Sources : Pr François Desgrandchamps, chef du service d’urologie de l’hôpital Saint-Louis
Officiel du Thermalisme 2020, p.44-45, Palindrome édition

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