Idée reçue : que répondre quand on vous dit que le médecine thermale n’est pas une vraie médecine ?

Par Lucie Lefebvre / Publié le 8 juillet 2026 à 08h00

Médecine thermale vraie médecine

La médecine thermale est parfois perçue comme une approche secondaire, davantage associée au bien-être qu’à un véritable traitement médical. Pourtant, lorsqu’elle est prescrite dans le cadre d’une cure thermale conventionnée, elle repose sur un suivi médical, des soins encadrés et une reconnaissance officielle. Alors oui la médecine thermale est une vraie médecine et on vous donne les arguments pour démêler le vrai du faux.

Chaque année, près de 470 000 personnes suivent une cure thermale conventionnée en France. Prescrite par un médecin traitant ou un spécialiste, elle comprend 18 jours de soins réalisés dans un établissement thermal agréé, pour accompagner une pathologie spécifique. Pourtant, une idée reçue persiste : la médecine thermale ne serait pas une « vraie » médecine.

Alors, sur quoi repose cette pratique médicale ? Est-elle reconnue par les professionnels de santé ? Quelle est son efficacité ? On vous explique.

La médecine thermale, une vraie médecine reconnue par l’Assurance maladie et l’Académie de médecine

Avant toute chose, il convient de préciser ce qu’on entend par « médecine thermale ». Comme son nom l’indique, il s’agit avant tout d’une médecine, c’est-à-dire d’une science qui permet de traiter certaines maladies et joue un rôle de prévention santé.

L’adjectif « thermale » caractérise la base de ce traitement : l’eau thermale. En effet, il existe à ce jour plusieurs types d’eaux minérales naturelles aux propriétés thérapeutiques capables de soulager des affections particulières.

Afin d’en faire profiter les personnes atteintes de maladies chroniques, la France compte une centaine d’établissements thermaux, réservés notamment à l’administration de soins thermaux pour ces pathologies.

Ainsi, l’Académie nationale de médecine reconnaît la médecine thermale comme une vraie médecine. Le thermalisme bénéficie d’ailleurs d’une prise en charge par l’Assurance maladie dans le cadre de cures thermales conventionnées. Pour obtenir un remboursement, un médecin doit prescrire la cure thermale et celle-ci doit comporter 18 jours de soins.

Prescription cure thermale

Un suivi par des médecins thermaux formés et qualifiés

Dans le cadre d’une cure thermale conventionnée, le ou la curiste bénéficie de trois consultations avec le médecin thermal pendant son séjour. C’est ce dernier qui prescrit les soins thermaux durant la première consultation, en assure le suivi et réalise le bilan de fin de cure adressé au médecin prescripteur.

La médecine thermale étant une vraie médecine, ne l’exerce pas qui veut ! En effet, le médecin thermal doit posséder au minimum un Diplôme d’État de docteur en médecine, obtenu après un cursus de 10 à 12 ans d’études selon la spécialité.

JE TÉLÉCHARGE LE GUIDE GRATUIT DE LA CURE THERMALE

En complément, il existe plusieurs formations universitaires en médecine thermale :

  • la capacité d’hydrologie et de climatologie médicales : accessible aux médecins diplômés, elle constitue la formation la plus spécifique pour exercer la médecine thermale. D’une durée de deux ans, elle comprend des enseignements théoriques, des stages ou visites en station thermale, ainsi qu’un mémoire. Elle vise notamment à former les médecins responsables du suivi des cures médicalisées.
  • le diplôme interuniversitaire « Pratique médicale en station thermale » : accessible aux internes de médecine et aux titulaires du diplôme de docteur en médecine, ce DIU se déroule sur un an. Il associe des enseignements théoriques, des séminaires pratiques en station thermale, un stage auprès d’un médecin thermal et la rédaction d’un mémoire.
  • le diplôme universitaire « Santé et Thermalisme » : cette formation d’un an permet d’acquérir des connaissances sur le thermalisme, l’hydrologie, la climatologie, la crénothérapie, l’organisation des établissements thermaux ou encore l’hygiène en milieu thermal. Elle s’adresse plus largement aux professionnels appelés à exercer dans l’univers thermal, dans le cadre de leur métier initial.

Au-delà des consultations, le médecin thermal a la possibilité de s’orienter vers la recherche médicale dans le domaine du thermalisme.

Recherche médicale cure thermale

Des recherches cliniques pour évaluer les bienfaits de la médecine thermale

Dernière preuve s’il en est que la médecine thermale est une vraie médecine : chaque année, l’Association Française pour la Recherche Thermale (AFRETh) déploie un programme de recherche qui permet de financer plusieurs études impliquant notamment les médecins thermaux. Son objectif est de promouvoir la recherche médicale appliquée à l’activité des établissements thermaux.

Ainsi, le conseil scientifique de l’AFRETh, composé de 12 professeurs de médecine indépendants, met en place des procédures strictes qui garantissent le sérieux, la régularité et l’utilité des projets de recherche. Grâce aux différentes études déjà menées et à d’autres encore en cours, l’AFRETh a su démontrer le « service médical rendu » des cures thermales, c’est-à-dire leur efficacité pour traiter différentes pathologies. En voici quelques exemples :

PSOTHERMES : une étude sur le psoriasis

L’étude PSOTHERMES s’est intéressée à la cure thermale dans la prise en charge du psoriasis en plaques. Cet essai randomisé multicentrique a été mené dans cinq stations thermales spécialisées en dermatologie : Avène, La Roche-Posay, Saint-Gervais, Molitg-les-Bains et Uriage. Elle a notamment mis en évidence une amélioration de la qualité de vie et du prurit après la cure.

THERMARTHROSE : une étude sur l’arthrose du genou

L’étude THERMARTHROSE a évalué l’intérêt de la cure thermale pour la gonarthrose, c’est-à-dire l’arthrose du genou. L’étude a inclus 462 patients et s’est déroulée dans trois stations thermales agréées en rhumatologie : Balaruc-les-Bains, Dax et Aix-les-Bains. Les résultats montrent une diminution des douleurs et une amélioration de la mobilité plus de 9 mois après la cure.

SPECTh et STOP-TAG : des études sur les troubles anxieux

Les études SPECTh et STOP-TAG ont démontré l’intérêt de la cure thermale pour accompagner le sevrage des benzodiazépines et les troubles anxieux. Ces recherches se sont déroulées dans les quatre établissements thermaux possédant l’orientation thérapeutique « Affections psychosomatiques » : Bagnères-de-Bigorre, Saujon, Néris-les-Bains et Ussat-les-Bains.

MAATHERMES : une étude sur le surpoids

L’étude MAATHERMES s’est intéressée à la cure thermale pour le surpoids et l’obésité. Elle a été menée dans cinq stations thermales traitant les affections digestives : Brides-les-Bains, Capvern-les-Bains, Vals-les-Bains, Vichy et Vittel. Elle montre qu’une prise en charge globale, associant soins thermaux, accompagnement médical et éducation à la santé permet une perte de poids efficace et durable.

Therm&Veines : une étude sur l’insuffisance veineuse

L’étude Therm&Veines a porté sur l’intérêt de la cure thermale pour l’insuffisance veineuse chronique. Douze stations thermales spécialisées en phlébologie ont participé à cette recherche, notamment Bagnoles-de-l’Orne, Évaux-les-Bains, Saint-Paul-lès-Dax et Saubusse. Les résultats montrent une réduction des symptômes et une amélioration de la qualité de vie pendant un an minimum.

JE LOCALISE MON CENTRE THERMAL

Et vous, avez-vous déjà entendu dire que la médecine thermale n’était pas une vraie médecine ? Quel est votre avis ? Dites-nous tout en commentaire ci-dessous !

© AdobeStock

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

3 commentaires

  • c’est un Professeur d’un C H U qui m’a prescrit ma première cure. Au départ j’étais très étonnée. Il a vu ma réaction et nous avons discuté pour me convaincre. Maintenant je ne regrette pas. Cela ne va pas me guérir entièrement mais me soulage et je prends moins de médicaments. Merci à lui

    2
  • Lernould dit :

    Vous dites, dans votre article : « Comme son nom l’indique, il s’agit avant tout d’une médecine, c’est-à-dire d’une science qui permet le traitement de certaines maladies et joue un rôle de prévention santé. » À mon avis (quelque peu autorisé, puiqu’ancien médecin !), c’est aller un peu vite en la besogne que d’affirmer péremptoirement « avant tout une médecine, c’est à dire une science »… La médecine n’est pas une science exacte stricto-sensu. Elle ne fait qu’essayer d’appliquer certaines données scientifiques à l’homme qui est plus, autre chose qu’un « objet de science ». C’est réduire l’homme à un objet, alors qu’il est un sujet libre, responsable et digne de respect que nous devons considérer et traiter, soigner comme tel. En matière de soins, à côté, au-delà du « cure », il y a le « care » qui veut prendre en charge la personne malade qui vient consulter un médecin… Et ma foi, en matière de soins thermaux – mais aussi dans d’autres cadres ! – certains médecins semblent aller un peu vite, appliquer des protocoles & des procédures et travailler à la chaîne !!!

    1
    Répondre moderated