Idée reçue n° 12 : la médecine thermale, ce n’est pas une vraie médecine

Dans 18 juin 2022

Médecine thermale

L’Officiel du Thermalisme s’attaque aux idées reçues sur les cures thermales. Établissements thermaux, curistes, soins… Nous décryptons tous les sujets pour démêler le vrai du faux. Le préjugé du jour ? La médecine thermale, ce n’est pas une véritable médecine.

Chaque année, hors période Covid, près de 600 000 personnes effectuent une cure thermale conventionnée. Cela signifie que leur médecin traitant, ou un spécialiste, leur a prescrit des soins à suivre dans un centre thermal pour une pathologie spécifique. Pourtant, beaucoup de gens ne considèrent pas la médecine thermale comme un véritable traitement thérapeutique.

Alors, sur quoi est fondée la médecine thermale ? Est-elle reconnue par les professionnels de santé ? Quelle est son efficacité ? On vous explique.

La médecine thermale, c’est quoi ?

Avant toute chose, il convient de préciser ce qu’on entend par « médecine thermale ». Comme son nom l’indique, il s’agit avant tout d’une médecine, c’est-à-dire d’une science qui permet le traitement de certaines maladies et joue un rôle de prévention santé.

L’adjectif « thermale » caractérise la base de ce traitement : l’eau thermale. En effet, il existe à ce jour plusieurs types d’eaux minérales naturelles aux propriétés thérapeutiques capables de soulager des affections particulières.

Afin d’en faire profiter les personnes atteintes de maladies chroniques, la France compte une centaine d’établissements thermaux, réservés notamment à l’administration de soins thermaux pour ces pathologies.

Ainsi, l’Académie nationale de médecine reconnait la médecine thermale, aussi appelée thermalisme. Elle est d’ailleurs prise en charge par l’Assurance maladie dans le cadre de cures thermales conventionnées. Pour obtenir un remboursement, un médecin doit prescrire la cure thermale et celle-ci doit comporter 18 jours de soins.

Prescription cure thermale

Des formations universitaires en médecine thermale

N’exerce pas la médecine thermale qui veut. En effet, le médecin thermal doit posséder au minimum un Diplôme d’État de docteur en médecine, délivré après 9 années d’études. En complément, d’autres formations existent pour approfondir les connaissances en médecine thermale :

  • un diplôme universitaire Santé et Thermalisme ;
  • le diplôme inter-universitaire « Pratique médicale en station thermale » ;
  • la capacité d’hydrologie et de climatologie médicales: un enseignement qui s’étend sur 2 ans, uniquement accessible aux docteurs en médecine et le seul diplôme qualifiant en médecine thermale pour l’Ordre des médecins.

Aujourd’hui, dans le cadre d’une cure thermale conventionnée, le ou la curiste bénéficie de trois consultations avec le médecin thermal pendant son séjour. C’est ce dernier qui prescrit les soins thermaux durant la première consultation, en assure le suivi et réalise le bilan de fin de cure, adressé au médecin traitant.

Au-delà de ces consultations, le médecin thermal a la possibilité de s’orienter vers la recherche médicale dans le domaine du thermalisme.

Recherche médicale cure thermale

Des recherches thermales pour démontrer les effets thérapeutiques

Chaque année, l’Association Française pour la Recherche Thermale (AFRETh) déploie un programme de recherche qui permet de financer plusieurs études impliquant notamment les médecins thermaux. Son objectif est de promouvoir la recherche médicale appliquée à l’activité des établissements thermaux.

Ainsi, le conseil scientifique de l’AFRETh, composé de douze professeurs de médecine indépendants, met en place des procédures strictes qui garantissent :

  • le sérieux;
  • la régularité;
  • et l’utilité des projets de recherche.

Grâce aux différentes études déjà menées et à d’autres encore en cours, l’AFRETh a su démontrer le « service médical rendu » des cures thermales, c’est-à-dire leur efficacité pour traiter différentes pathologies.

Et vous, quel est votre avis sur la médecine thermale ? Dites-nous tout en commentaire ci-dessous !

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3 commentaires

  • c’est un Professeur d’un C H U qui m’a prescrit ma première cure. Au départ j’étais très étonnée. Il a vu ma réaction et nous avons discuté pour me convaincre. Maintenant je ne regrette pas. Cela ne va pas me guérir entièrement mais me soulage et je prends moins de médicaments. Merci à lui

  • Lernould dit:

    Vous dites, dans votre article : « Comme son nom l’indique, il s’agit avant tout d’une médecine, c’est-à-dire d’une science qui permet le traitement de certaines maladies et joue un rôle de prévention santé. » À mon avis (quelque peu autorisé, puiqu’ancien médecin !), c’est aller un peu vite en la besogne que d’affirmer péremptoirement « avant tout une médecine, c’est à dire une science »… La médecine n’est pas une science exacte stricto-sensu. Elle ne fait qu’essayer d’appliquer certaines données scientifiques à l’homme qui est plus, autre chose qu’un « objet de science ». C’est réduire l’homme à un objet, alors qu’il est un sujet libre, responsable et digne de respect que nous devons considérer et traiter, soigner comme tel. En matière de soins, à côté, au-delà du « cure », il y a le « care » qui veut prendre en charge la personne malade qui vient consulter un médecin… Et ma foi, en matière de soins thermaux – mais aussi dans d’autres cadres ! – certains médecins semblent aller un peu vite, appliquer des protocoles & des procédures et travailler à la chaîne !!!

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