Eczéma : pourquoi le printemps peut relancer les démangeaisons (et comment les apaiser)

Par Marie Girardot / Publié le 14 avril 2026 à 09h00

Eczéma au printemps © Pexels - Ximena Mora

Dès le retour des beaux jours, les démangeaisons repartent parfois de plus belle chez les personnes sujettes à l’eczéma. Pollens, variations de température, premières chaleurs… Plusieurs facteurs saisonniers peuvent fragiliser la barrière cutanée et favoriser les poussées. Voici pourquoi l’eczéma peut être plus difficile à vivre au printemps, et les bons gestes à adopter pour apaiser votre peau au quotidien.

L’eczéma ou dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique de la peau, non contagieuse, qui évolue par poussées. Il se manifeste par l’apparition de plaques rouges, de démangeaisons parfois intenses et de lésions cutanées, avec une peau souvent plus sèche et plus sensible que la normale. S’il touche surtout les nourrissons et les enfants, il peut aussi persister à l’adolescence et à l’âge adulte.

Après l’hiver qui accentue la sécheresse cutanée et les tiraillements, le printemps signe généralement le retour d’un climat plus agréable pour les personnes souffrant d’eczéma. Pourtant, cette saison n’empêche pas toujours les démangeaisons de repartir, bien au contraire. Alors, pour quelles raisons le printemps peut-il relancer les poussées d’eczéma ? Comment soulager les irritations cutanées ? Et à partir de quand faut-il consulter ?

Pourquoi le printemps peut-il aggraver l’eczéma ?

Le printemps est souvent perçu comme une saison plus clémente pour la peau atopique : les températures remontent et les rayons du soleil restent encore relativement doux. Pourtant, chez les personnes sujettes à l’eczéma, cette période peut favoriser une reprise des démangeaisons. En cause : la présence accrue de pollens dans l’air, mais aussi les variations de température et la transpiration, qui fragilisent davantage une peau déjà sensible.

Les pollens, un allergène déclenchant fréquent au printemps

Les allergies aux pollens peuvent déclencher des poussées d'eczéma au printemps.

L’eczéma atopique survient sur un terrain génétique particulier qui favorise le développement d’allergies, aussi appelé atopie. Dans ce contexte, l’exposition à certains allergènes de l’environnement, comme les acariens, les poils d’animaux ou encore les pollens, peut contribuer à déclencher ou à aggraver les poussées d’eczéma. Or, au printemps, les pollens sont particulièrement présents dans l’air. La saison pollinique des graminées et des arbres comme le bouleau démarre notamment dès le mois d’avril.

Cette sensibilité s’accompagne généralement de signes évocateurs d’une allergie aux pollens : éternuements, nez bouché et écoulement nasal typiques d’une rhinite allergique, yeux qui pleurent… Il est possible également de développer des crises d’asthme, une maladie respiratoire chronique souvent liée à l’eczéma.

Les variations de température et la transpiration irritent la peau

Les variations de température peuvent exacerber les symptômes de l'eczéma au printemps

Les personnes qui souffrent d’eczéma ont une peau plus fragile, plus sèche et plus réactive que la normale. Leur barrière cutanée étant altérée, elles sont automatiquement plus sensibles aux changements climatiques. Or, au printemps, les écarts de température entre le matin et l’après-midi peuvent être importants. On a parfois tendance à trop se couvrir, ce qui favorise la transpiration.

Problème : la sueur est irritante pour la peau, notamment à cause de sa teneur en sodium, mais aussi en urée et en acide lactique. Elle peut donc accentuer les démangeaisons et favoriser l’apparition de plaques, en particulier dans les zones où elle s’accumule facilement, comme l’arrière des genoux, l’intérieur des coudes ou encore les plis cutanés. Résultat : même sans forte chaleur, le printemps peut suffire à relancer l’inconfort.

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6 conseils pour apaiser l’eczéma au printemps

Quand les démangeaisons repartent au printemps, quelques ajustements simples peuvent déjà faire une vraie différence au quotidien. L’objectif : limiter les facteurs irritants, protéger la barrière cutanée et aider la peau à retrouver un peu de confort.

1. Limiter l’exposition aux pollens allergisants

Aérer matin et soir pour limiter l'exposition aux pollens, facteurs déclenchants de l'eczéma au printemps © Pexels - cottonbro studio

Quelques réflexes simples aident à se protéger des pollens qui peuvent favoriser les poussées d’eczéma au printemps :

  • consulter régulièrement la carte du risque d’allergie aux pollens de la Fédération Atmo France, qui permet de connaître par région la nature et la quantité de pollens présents dans l’air ;
  • aérer votre logement tôt le matin ou tard le soir, lorsque la concentration de pollens dans l’air est généralement plus faible ;
  • porter des lunettes, voire un masque, lors des déplacements en extérieur dans les zones à risque ;
  • éviter le vélo ou les activités physiques dehors lorsque le risque pollinique est élevé ;
  • garder les fenêtres fermées en voiture pour empêcher les pollens d’entrer dans l’habitacle ;
  • rincer vos cheveux avant le coucher afin de ne pas déposer de pollens sur l’oreiller ;
  • faire sécher le linge à l’intérieur plutôt qu’en plein air.

2. Choisir des vêtements doux et respirants

Porter des vêtements en coton ou en lin pour lutter contre l'eczéma au printemps © Pexels -  KATRIN BOLOVTSOVA

Quand on souffre d’eczéma, le choix des vêtements a aussi son importance. Certaines matières peuvent irriter la peau, favoriser les frottements ou accentuer les démangeaisons, surtout lorsque les températures remontent et que l’on transpire davantage. Pour limiter l’inconfort, l’idéal est de porter des vêtements en coton ou en lin, deux matières naturelles respirantes et généralement bien tolérées par les peaux sensibles.

À l’inverse, il est préférable d’éviter les textiles irritants comme la laine et les matières synthétiques qui peuvent agresser la peau, favoriser la transpiration et raviver les plaques d’eczéma au printemps.

3. Adopter une toilette douce pour ne pas agresser la peau

Femme sous la douche © Pexels - Armin Rimoldi

Quand la peau est sujette à l’eczéma, la toilette doit nettoyer sans fragiliser davantage la barrière cutanée. Or, les douches trop chaudes, trop longues ou les produits lavants agressifs peuvent accentuer la sécheresse et raviver les démangeaisons. Quelques gestes simples permettent au contraire de préserver une peau plus confortable au quotidien :

  • prendre des douches courtes plutôt que des bains prolongés ;
  • privilégier l’eau tiède, plutôt que trop chaude ;
  • réduire la fréquence des douches : une seule fois par jour, sauf après avoir transpiré, par exemple après le sport ;
  • utiliser un pain dermatologique ou un gel lavant sans savon, plus doux pour la peau ;
  • sécher la peau en la tapotant délicatement avec une serviette, plutôt qu’en la frottant.

4. Bien hydrater sa peau au quotidien

femme appliquant une crème pour hydrater sa peau sèche en hiver © Pexels

Quand on souffre d’eczéma, bien hydrater sa peau n’est pas un simple geste de confort : c’est une habitude essentielle pour préserver la barrière cutanée. En effet, la sécheresse de la peau altère la fonction barrière de l’épiderme, ce qui favorise les irritations et les poussées. À l’inverse, l’application quotidienne de pommades ou de crèmes hydratantes permet de restaurer cette fonction et de limiter les récidives.

Pour que ce geste soit vraiment efficace, les émollients doivent être appliqués tous les jours, une à deux fois par jour, sur l’ensemble du corps et idéalement juste après la douche, quand la peau est encore légèrement humide.

Gestes inspirés du thermalisme : la cosmétique thermale

Pour votre routine quotidienne d’hydratation, vous pouvez vous tourner vers les gammes de cosmétique thermale développées par certains établissements thermaux comme Vichy, La Roche-Posay, Avène ou Saint-Gervais Mont-Blanc. Ces soins formulés à partir d’eaux thermales reconnues pour leurs propriétés apaisantes sont pensés pour les peaux sensibles et fragilisées.

5. Miser sur une alimentation équilibrée

Les poissons gras comme le saumon et l'huile de colza sont riches en oméga-3 © Pexels

L’alimentation ne suffit pas, à elle seule, à faire disparaître l’eczéma. En revanche, il a été montré qu’une alimentation équilibrée, sans excès, riche en fibres et pauvre en sucre peut aider à éviter l’aggravation des poussées. L’idée n’est donc pas de suivre un régime particulier, mais plutôt de privilégier une assiette variée, apportant à l’organisme les nutriments dont la peau a besoin pour mieux se défendre.

Une attention particulière peut être portée aux acides gras essentiels, notamment les oméga-3 et certains oméga-6 riches en acide gamma-linolénique (AGL), qui participent au bon fonctionnement de la peau. On les retrouve par exemple dans l’huile de lin, l’huile de bourrache, les noix ou encore les poissons gras. Ils peuvent aussi être consommés sous forme de compléments alimentaires, après avis d’un professionnel de santé.

6. Suivre une cure thermale pour soulager l’eczéma au printemps

Femme dans une baignoire pendant une cure thermale dermatologie pour soulager l'eczéma au printemps © AdobeStock

Lorsque les poussées se répètent ou que les démangeaisons deviennent difficiles à soulager, une cure thermale pour l’eczéma peut être envisagée en complément du suivi médical. Au programme, des soins thermaux ciblés : pulvérisations d’eau thermale, douche filiforme, bains thermaux, massages sous affusion d’eau thermale… Les propriétés apaisantes, anti-inflammatoires et cicatrisantes des eaux thermales aident à calmer l’irritation, à moins se gratter et à améliorer le confort cutané.

Les cures thermales conventionnées de 18 jours sont prescrites par un médecin et prises en charge par l’Assurance maladie selon les règles habituelles. La plupart des centres thermaux proposent aussi des mini-cures plus courtes, souvent sur 5 à 12 jours, accessibles sans prescription.

Où faire une cure thermale dermatologique ?

Vous pouvez suivre une cure thermale conventionnée ou une mini-cure contre l’eczéma dans les établissements thermaux agréés pour l’orientation thérapeutique « Dermatologie » (DER), notamment :

JE LOCALISE MON CENTRE THERMAL

Eczéma au printemps : quand consulter ?

Même si quelques gestes simples peuvent aider à apaiser la peau, l’eczéma ne doit pas être banalisé lorsqu’il devient trop gênant ou qu’il s’aggrave. Certaines situations doivent amener à demander l’avis d’un professionnel de santé, en particulier quand les symptômes altèrent nettement la qualité de vie ou font craindre une complication.

Il est préférable de consulter votre médecin traitant ou un dermatologue :

  • si les démangeaisons sont très gênantes, notamment si elles vous empêchent de dormir ou vous réveillent la nuit ;
  • si l’eczéma impacte votre sommeil, votre moral ou votre vie sociale ;
  • si l’aspect des lésions change, avec l’apparition de pustules ou de croûtes inhabituelles malgré le traitement ;
  • si de la fièvre ou une altération de l’état général apparaissent, car cela peut faire craindre une complication infectieuse comme l’impétigo ;
  • si les poussées deviennent trop fréquentes ou difficiles à contrôler.

Comme l’eczéma atopique évolue par rechutes et peut, dans certains cas, peser durablement sur la qualité de vie, un accompagnement psychologique est parfois également nécessaire.


Sources :

 

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