Témoignage. Christel, atteinte du syndrome de fatigue chronique, raconte sa cure thermale : « J’ai été très agréablement surprise car le médecin thermal connaissait l’EM/SFC »

Par Élise Loiseau / Publié le 19 octobre 2026 à 09h00

Christel a suivi une cure thermale pour son EM/SFC (encéphalite myalgique/syndrome de fatigue chronique)

Atteinte du syndrome d’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique (EM/SFC), Christel hésitait depuis longtemps à se lancer dans une cure thermale. Sa peur : que l’effort demandé par les soins et les déplacements ne déclenche un malaise post-effort, ce coup de fatigue intense caractéristique de sa maladie. Elle a pourtant fini par franchir le pas, direction Balaruc-les-Bains. Trois semaines plus tard, verdict : moins de douleurs, un sommeil retrouvé, et une énergie qu’elle n’espérait plus.

À RETENIR

  • Une cure appréhendée en raison de la fatigue : atteinte d’EM/SFC, Christel craignait que les trois semaines de soins et les déplacements ne déclenchent un malaise post-effort.
  • Des soins adaptés à sa fatigabilité : elle souligne l’écoute du médecin thermal et des équipes, qui ont ajusté certains soins à son état et à ses besoins.
  • Le repos, indispensable pendant le séjour : malgré une fatigue importante pendant la cure, Christel estime avoir pu en profiter en limitant fortement ses activités entre les soins et en respectant son rythme.
  • Des effets positifs ressentis après la cure : elle témoigne notamment d’un meilleur sommeil, de douleurs moins importantes et d’un peu plus d’énergie dans les mois qui ont suivi.
  • Une expérience à envisager avec prudence : selon Christel, une cure peut être bénéfique pour certaines personnes atteintes d’EM/SFC, à condition d’adapter son rythme et de choisir un établissement sensibilisé à la maladie.

Christel entend parler du thermalisme depuis toujours. « J’en ai toujours entendu beaucoup de bien, par rapport à tout ce qui est inflammatoire notamment. Et puis ma grand-mère m’en a toujours vanté les mérites : elle y allait chaque année. » Un jour, elle se décide : « Je me suis dit qu’il fallait essayer de nouvelles choses pour essayer d’aller mieux. »

Vaincre la peur du malaise post-effort

Pour une personne atteinte d’EM/SFC, l’idée de s’engager dans trois semaines de soins quotidiens n’a rien d’anodin. Le malaise post-effort, qui peut suivre un effort physique ou cognitif même modeste, est la hantise de tous les curistes touchés par cette maladie.

Christel ne fait pas exception : « J’avais très peur que cela fragilise mon état général. J’avais également l’appréhension de ne pas pouvoir faire les trois semaines de soins, je trouvais ça très long par rapport à ma fatigabilité. J’ai beaucoup hésité avant d’y aller, mais qui ne tente rien… »

Deux éléments la rassurent : « Je me suis raisonnée en me disant qu’entre les soins, je pourrais toujours me reposer. Et on peut arrêter la cure avec l’accord du médecin : cette flexibilité m’a rassurée et encouragée à essayer. »

Un établissement et une équipe sensibilisés à l’EM/SFC

Autre crainte, très répandue chez les personnes atteintes de maladies encore mal connues du grand public : devoir sans cesse expliquer sa pathologie. Christel est agréablement surprise sur ce point. « J’ai été très agréablement surprise car le médecin thermal connaissait l’EM/SFC, donc il a été très facile de communiquer sans avoir à trop expliquer ni à convaincre, comme malheureusement c’est parfois le cas ! Un rapport de confiance s’est installé très rapidement et les soins proposés par le médecin étaient tout à fait adaptés. »

Son programme associe boue thermale, eau thermale et baignoire à jets. Et l’écoute se poursuit au fil des soins : « Le personnel et l’équipe du centre thermal sont très à l’écoute et adaptent si besoin, que ce soit la température de l’eau ou le temps du soin, etc. Ils ont toujours eu une solution à chaque requête. »

Pour en savoir plus sur les soins proposés, consultez la fiche des Thermes de Balaruc-les-Bains.

Une fatigue intense, mais un sommeil enfin retrouvé

Comme parfois en cure thermale, les premiers effets ressentis sont inconfortables. Christel raconte une fatigue marquée, et des douleurs qui s’intensifient à mi-parcours : « J’ai été très, très fatiguée pendant la cure, et les douleurs à mi-parcours se sont intensifiées. Mais tout le personnel m’a rassurée, en me disant que c’était le processus normal, et que cela indiquait que, justement, ça fonctionne ! »

En parallèle, un bénéfice inattendu s’installe rapidement : la fin des insomnies. « Je me souviens avoir vraiment bien dormi, adieu les insomnies ! »

Un repos que Christel considère comme une véritable condition de réussite de la cure : « En dehors des soins, il faut vraiment se reposer et ne rien faire, je pense que c’est important pour que le corps assimile les bienfaits des soins. »

Une fatigue conséquente donc, mais qui reste compatible avec le quotidien de la cure : elle ne l’empêche pas de prendre le bus chaque jour pour se rendre à l’établissement.

Des bienfaits qui se confirment plusieurs mois après la cure

On dit souvent que les effets d’une cure thermale se font pleinement sentir environ trois mois après le retour. Christel le confirme : « Aujourd’hui j’ai moins de douleurs et un peu plus d’énergie. »

Convaincue, elle envisage désormais de poursuivre l’expérience sur la durée : « Il paraît qu’il faut faire minimum trois années consécutives pour vraiment “aller mieux”, et je pense tenter l’expérience. »

Ses conseils aux personnes atteintes d’EM/SFC qui hésitent

Interrogée sur ce qu’elle dirait à une personne atteinte d’EM/SFC tentée par une cure mais encore hésitante, Christel se montre à la fois enthousiaste et prudente : « J’ai envie de dire attention ! Je pense que ça peut être adapté pour les états légers et modérés, dans la mesure où on respecte un pacing drastique entre les soins, car c’est tout de même très épuisant. »

Elle recommande également de bien choisir son établissement : « Il faut choisir un établissement qui connaît le covid long, la fibromyalgie ou l’EM/SFC afin d’être bien conseillé et orienté durant le séjour. »

Dernier conseil, et non des moindres : ne pas partir seul(e). « Déjà pour ne pas s’ennuyer, trois semaines c’est long, ensuite pour être en sécurité en cas de malaise post-effort. Mais je dirais que c’est une expérience tout à fait bénéfique. »


Source : Entretien exclusif avec Christel, que nous remercions pour son témoignage (septembre 2026)

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