Sondage CSA : 79 % des Français favorables au maintien du remboursement des cures thermales, jugées utiles par 77 %

Par Julie Paysant / Publié le 21 octobre 2026 à 15h00

soin en baignoire pendant une cure thermale contre l'insuffisance veineuse

Selon une enquête CSA/ CNETh réalisée en octobre 2026, 77 % des Français jugent les cures thermales utiles et 79 % se déclarent favorables au maintien de leur remboursement dans le cadre d’une prescription médicale. Revenons sur les chiffres clés de cette enquête, qui révèle que le principal défi du secteur n’est plus son image, mais sa visibilité dans le parcours de soins.

À RETENIR

  • Une image positive du thermalisme : 77 % des Français jugent les cures thermales utiles et 84 % les estiment adaptées à la prise en charge des maladies chroniques.
  • Un remboursement largement soutenu : 79 % des Français sont favorables au maintien de la prise en charge des cures thermales par l’Assurance Maladie. Ce taux atteint 91 % chez les anciens curistes.
  • Des indications thérapeutiques encore méconnues : si l’intérêt des cures pour l’arthrose est bien identifié (70 %), il l’est beaucoup moins pour l’obésité (25 %) ou les douleurs pelviennes (37 %).
  • Un sujet rarement abordé en consultation : seuls 22 % des Français ont déjà parlé des cures thermales avec leur médecin traitant.
  • Des freins financiers et pratiques : 86 % des Français jugent les frais d’hébergement et de transport trop élevés, tandis que 70 % redoutent de s’éloigner de leur domicile pendant trois semaines.
  • Des journées pour découvrir le thermalisme : les 24 et 25 octobre 2026, les journées Immersions Thermales permettront au public de découvrir gratuitement les établissements thermaux participants, sur inscription.

Pour mieux comprendre les attentes des Français vis-à-vis de la médecine thermale, le Conseil National des Établissements Thermaux (CNETh) a commandé une étude auprès de l’institut de sondage CSA, l’institut français d’études marketing et d’opinion, filiale du groupe Havas. Menée entre le 22 et le 24 septembre 2026, l’enquête s’est adressée à un échantillon de 1009 adultes représentatif de la population française.

Une bonne image des cures thermales et un remboursement largement soutenu

Premier constat : le thermalisme possède une bonne réputation auprès des Français, qu’ils aient déjà vécu une cure ou non. Parmi les sondés, 75 % ont une bonne image des cures thermales, 74 % les reconnaissent efficaces et 84 % estiment qu’elles sont adaptées à la prise en charge des maladies chroniques.

« Cette perception traduit des attentes concrètes : être soulagé, préserver sa mobilité et mieux vivre au quotidien », analyse Céline Wurtz, déléguée générale du CNETh.

Cette confiance dans les bienfaits de la médecine thermale s’accompagne, en parallèle, d’une défense du remboursement des cures thermales tel qu’on le connaît aujourd’hui. Ainsi, 79 % des Français soutiennent sa prise en charge par l’Assurance Maladie. Un soutien qui atteint 91 % parmi les personnes ayant déjà réalisé une cure, et 87 % chez les moins de 35 ans.

Pour beaucoup, ce remboursement n’est pas un détail : c’est la condition sine qua non qui permet à la médecine thermale de rester accessible au plus grand nombre.

« Cette perception traduit des attentes concrètes : être soulagé, préserver sa mobilité et mieux vivre au quotidien. »

Céline Wurtz, déléguée générale du CNETh

Des bénéfices encore méconnus pour certaines maladies chroniques

L’utilité d’une cure thermale est reconnue massivement pour certaines maladies chroniques comme l’insuffisance veineuse ou lymphatique (72 %), l’arthrose (70 %) et les rhumatismes inflammatoires (67 %).

Ce sont des pathologies qui s’inscrivent dans les indications historiques de la médecine thermale : phlébologie et rhumatologie. En 2025, ces orientations ont enregistré d’ailleurs 495 213 prescriptions de cures thermales conventionnées, soit 78,8 % de la totalité des cures prises en charge par l’Assurance Maladie.

En revanche, la notoriété chute brutalement sur d’autres orientations thérapeutiques dont les bénéfices médicaux ont été mis en évidence plus récemment : seuls 25 % pensent à la cure pour l’obésité, 28 % pour l’hypertension artérielle, 35 % pour le surpoids et 37 % pour les douleurs pelviennes.

Pour Céline Wurtz, cette méconnaissance n’est évidemment pas irréversible et « l’information des médecins prescripteurs et des patients permettra d’aborder davantage le sujet et d’envisager une cure lorsqu’elle est médicalement indiquée, avec des objectifs partagés ».

La médecine thermale : une place à prendre auprès des patients en recherche d’alternatives thérapeutiques

Dans ce sondage, il apparaît aussi que toutes les pathologies ne se valent pas en matière de satisfaction thérapeutique. Dans la population française, 84 % des personnes hypertendues, 77 % des personnes diabétiques et 75 % des individus asthmatiques jugent efficace leur prise en charge médicale actuelle.

Toutefois, la majeure partie des personnes souffrant d’arthrose, de surpoids et d’obésité, de maux de dos chroniques, de fibromyalgie ou de douleurs pelviennes ne sont pas satisfaites de leur prise en charge actuelle. Pour ces patients, en recherche de nouvelle solution thérapeutique, la médecine thermale peut jouer son rôle en répondant à la question : « Quelle option thérapeutique reste-t-il pour soulager mes maux et améliorer ma qualité de vie ? »

Selon la déléguée générale au CNETh, en poste depuis 2023 : « Cela doit être entendu comme une attente de réponses mieux adaptées. C’est une invitation à mieux faire connaître les différentes orientations thérapeutiques de la médecine thermale et les connaissances scientifiques disponibles. »

Pour preuve : les bénéfices d’une cure pour l’obésité sont identifiés seulement par 25 % des Français alors que 78 % des patients touchés par cette maladie chronique complexe avouent être insatisfaits de leur prise en charge.

Idem pour les douleurs pelviennes chroniques : seulement 37 % de la population connaît l’intérêt des cures pour soulager ces maux dans le bas ventre d’origine multifactorielle (règles douloureuses, endométriose, fibrome utérin, kyste ovarien, infections urinaires…) et en parallèle, 73 % des personnes qui en souffrent se disent insatisfaites de leur parcours de soins.

Un sujet à la marge lors des consultations médicales

Autre révélation de ce sondage : même si les Français reconnaissent l’utilité et l’efficacité d’une cure thermale conventionnée, ce n’est pas un sujet de discussion prioritaire avec leur médecin traitant.

Seuls 22 % des Français en ont déjà parlé avec leur médecin traitant. Une proportion qui monte à 28 % chez les personnes souffrant de problèmes de santé, et à 31 % chez celles touchées par un mal de dos chronique.

Plusieurs obstacles peuvent expliquer ce frein : manque d’information, perception d’une médecine réservée aux seniors ou confusion entre spa et médecine thermale.

Le temps et l’argent : deux freins majeurs à la cure thermale

Mais, dans les faits, la renonciation à une cure thermale de 18 jours s’explique surtout par deux facteurs concrets : le temps et l’argent. 86 % des Français estiment que le coût de l’hébergement et du transport est trop élevé, et 70 % redoutent l’éloignement du domicile pendant trois semaines consécutives.

« L’accessibilité d’une cure ne se résume pas au remboursement des soins. Le déplacement, l’hébergement et l’organisation du séjour représentent également un effort important pour le patient », rappelle Céline Wurtz. Avant d’ajouter : « Des formats plus courts peuvent être étudiés, sous réserve d’en évaluer la pertinence et les bénéfices selon les orientations thérapeutiques. L’objectif reste de concilier la qualité des soins, l’engagement du patient et son accessibilité financière ».

« L’accessibilité d’une cure ne se résume pas au remboursement des soins. Le déplacement, l’hébergement et l’organisation du séjour représentent également un effort important pour le patient. »

Céline Wurtz, déléguée générale du CNETh

« Immersions Thermales » du 24 et 25 octobre : les établissements ouvrent leurs portes à toutes et tous

Pris dans leur ensemble, ces chiffres et tendances soulignent une forme de « paradoxe » selon le CNETh. Il apparaît que le thermalisme souffre moins d’un déficit de sympathie que d’un déficit de prescription, d’orientation et d’information dans le parcours de soins.

Pour faire connaître plus largement la médecine thermale et renforcer la confiance par l’expérience, les premières journées nationales « Immersions Thermales », sont organisées les 24 et 25 octobre 2026 dans la plupart des établissements thermaux français. Pendant ces deux jours, le public pourra, gratuitement, découvrir les coulisses d’une cure thermale.

Immersions Thermales, 24 et 25 octobre 2026 : séance de mobilisation en piscine thermale

« Ces Journées s’inscrivent dans cette perspective : rapprocher les professionnels de santé des pratiques thermales, faire découvrir les soins et favoriser les échanges avec les équipes qui les mettent en œuvre », explique la juriste de formation.

Si vous êtes intéressé(e), une inscription préalable est nécessaire. Rendez-vous sur le site www.immersions-thermales.fr.


Sources :

  • Entretien avec Céline Wurtz, le 20 octobre 2026.
  • Communiqué de presse « Le paradoxe de la médecine thermale », CNETh, le 7 octobre 2026.
  • Les Français et les cures thermales, sondage CSA/CNETh, octobre 2026.
  • Journées Immersions Thermales 2026, CNETh, le 12 octobre 2026.
  • Analyse des orientations thérapeutiques 2025, CNETh.
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