Témoignage de Jessica, atteinte d’endométriose : « Après la cure thermale, la plus belle année de ma vie »

Par Élise Loiseau / Publié le 18 mai 2026 à 09h00

Jessica nous livre son témoignage sur la cure thermale endométriose

Après des années d’errance médicale, Jessica, une Narbonnaise de 39 ans atteinte d’endométriose a découvert le thermalisme presque par hasard. Résultat : cinq mois sans douleurs.

Assistante de direction et professeure de danse à Narbonne, Jessica souffre d’endométriose depuis plus de dix ans. C’est son mari qui, en posant la question à un chatbot, lui a suggéré de tenter le thermalisme pour soulager ses symptômes, une expérience dont elle reviendra convaincue. Elle revient sur deux cures fondatrices, les soins qui l’ont transformée, et son combat pour que d’autres femmes n’aient pas, comme elle, à chercher des solutions seules.

Dix ans à chercher seule

Jessica a longtemps couru les cabinets médicaux sans jamais s’entendre proposer une cure thermale. « Ça fait des années que l’on cherche des solutions par nous-mêmes. Aucun médecin ne m’en a jamais parlé, pour autant je vous assure que j’en ai vu beaucoup en dix ans. »

Lorsqu’elle décide de tester le thermalisme après la suggestion de son mari, elle jette son dévolu sur Luxeuil-les-Bains. Le choix de ce centre des Vosges du Sud s’est imposé pour une raison simple : rares sont les centres thermaux en France proposant une orientation gynécologique, et plus rares encore ceux dotés d’un programme spécifique endométriose. « Il n’y a pas beaucoup de choix en France sur le service gynécologie en cure thermale, et qui plus est avec un service spécial endométriose. Cela réduit vraiment le choix. »

Lorsqu’elle en parle à son médecin traitant et à sa gynécologue, leur réaction est unanime : « Elles ont tout de suite dit qu’il fallait foncer. »

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Les soins thermaux qui l’ont marquée

À Luxeuil, Jessica découvre un protocole de soins qu’elle n’aurait jamais imaginé. Elle détaille ceux qui l’ont le plus impressionnée.

Elle a apprécié la douche dorsale en décubitus, dispensée allongée sur une table, qui consiste en une diffusion très douce d’eau thermale parcourant tout le dos jusqu’aux pieds. « Ce soin a un effet anti-inflammatoire et antalgique. »

La douche générale au jet également « Ce soin permet de détendre complètement les muscles qui se crispent beaucoup quand on est en crise. À cause de ces crispations, on peut rester bloquée des semaines, voire des mois. »

Enfin, le bain gynécologique, dispensé dans une baignoire individuelle, consiste en une canule insérée dans le vagin, afin de délivrer l’eau des sources de Luxeuil directement au contact de l’utérus. « Ce soin a un effet décontractant au niveau musculaire, anti-inflammatoire, et une action sédative sur l’organisme. Au niveau des parois de l’utérus, ça peut réduire les inflammations et les lésions. » Le soin peut aussi être dispensé sans la canule.

Jessica note également l’existence de deux niveaux de prestation, le service standard et service premium, et conseille d’investir dans le second. « Si l’on peut, il vaut mieux prendre le service premium. Cela permet d’économiser le reste de l’année en rendez-vous chez la diététicienne ou l’ostéopathe, par exemple. »

Les soins de la cure conventionnée sont remboursés par l’Assurance maladie. En revanche, le pack endométriose proposé dans certains centres n’est pas pris en charge et reste à la charge des patientes, ce que Jessica regrette.

Cinq mois sans douleurs

Les effets de la première cure ont dépassé toutes ses attentes. « Je n’ai eu absolument aucune douleur de mi-mai jusqu’au mois de novembre. C’était exceptionnel, c’était la plus belle année de ma vie depuis longtemps. »

Forte de cette expérience, elle est retournée à Luxeuil pour une deuxième cure. Les perspectives sont encourageantes : « Si ma première cure m’a permis de tenir cinq mois, la deuxième pourrait espacer les douleurs encore plus longtemps. Au fur et à mesure, ça pourrait peut-être durer toute l’année. »

Un réseau de solidarité inattendu

Au-delà des soins, la cure a offert à Jessica quelque chose d’autre : une communauté. « J’ai pu rencontrer quelques filles avec lesquelles je discute sur un groupe WhatsApp. On échange sur nos parcours, on s’est rendu compte qu’on n’était pas les seules à devoir se débrouiller toutes seules. Il y en a qui ont trouvé de super médecins, donc on s’échange des contacts. »

De retour à Narbonne, elle a fondé en décembre l’association Narbon’Endo, dédiée aux femmes atteintes d’endométriose dans l’Aude. Les demandes ont afflué dès les premiers jours. « J’ai eu beaucoup de contacts, dont une personne qui voulait des renseignements parce qu’elle a eu la chance d’avoir un médecin qui lui a conseillé la cure. Elle m’a dit : “C’est génial de tomber sur toi, j’ai plein de questions à te poser.” »

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Un silence qui coûte cher

Jessica ne comprend toujours pas pourquoi les médecins n’orientent pas spontanément leurs patientes vers le thermalisme. « Ce qu’on ne comprend pas, quand on en parle entre nous, c’est que les médecins ne nous en parlent pas. Cela coûterait beaucoup moins cher à la Sécurité sociale de prendre en charge une cure, plutôt que d’aller tous les quatre matins aux urgences, d’avoir un ou deux arrêts de travail par mois, d’aller chercher des médicaments tout le temps, et de faire intervenir des infirmières. »


Source : entretien avec Jessica, que nous remercions pour son témoignage.

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