Témoignage. Béatrice, atteinte d’un Covid long, a trouvé un soulagement grâce au thermalisme : « Les douleurs ont disparu pendant des mois »

Par Élise Loiseau / Publié le 23 février 2026 à 09h00

Béatrice, témoignage cure thermale covid long

Béatrice, statisticienne de 49 ans, souffre d’un Covid long depuis juillet 2022. Fatigue extrême, brouillard cérébral, douleurs invalidantes : son quotidien a basculé du jour au lendemain. Après deux cures thermales à Balaruc-les-Bains, elle témoigne d’une amélioration significative de ses symptômes.

« Mes amis me disaient : “Tu sais, le Covid, on l’a déjà eu trois ou quatre fois, en trois jours tu es remise sur pied” », raconte Béatrice. « Ça fait trois ans et demi, je ne me suis jamais rétablie. » Contrairement à ce qu’on lui avait promis, cette infection de juillet 2022 a bouleversé sa vie professionnelle et personnelle. Ses symptômes les plus handicapants ? « Ce qu’on appelle le brouillard cérébral, la fatigue extrême – mais fatigue, c’est vraiment un mot qui est très en dessous de ce qu’on ressent –, d’importants malaises post-effort, ainsi que des douleurs et des maux de tête comme je n’en ai jamais eu. »

Une carrière mise entre parenthèses

Statisticienne dans une société spécialisée dans la mesure d’audience des médias, Béatrice intervenait sur la mise en place de solutions avec des partenaires extérieurs. « Je travaillais en anglais huit heures par jour, depuis dix ans », explique-t-elle. Son quotidien ? Analyser les audiences, mesurer l’influence des publicités sur les achats des consommateurs, gérer des projets complexes. « Du jour au lendemain, je cherchais mes mots. Je n’arrivais plus à aligner les idées. Avant, je pouvais assister à une réunion en anglais tout en répondant à un mail en français en même temps. » Cette perte de capacités cognitives a été un choc pour cette professionnelle habituée à jongler avec les informations et les langues.

Un diagnostic précoce

Béatrice a eu la chance d’être diagnostiquée rapidement. « Mon médecin m’a diagnostiquée très tôt, j’ai eu énormément de chance sur ce point. Elle m’a envoyée dans une cellule d’accompagnement, c’est-à-dire un hôpital de jour avec un processus de rééducation très adapté à mon état, et des activités pour m’apprendre à gérer mon énergie. » C’est pendant ce protocole de rééducation, qui comprenait notamment de la balnéothérapie, que l’idée germe : « Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire autour du thermalisme. »

Une cure thermale pour le Covid long à Balaruc-les-Bains

Un peu par hasard, Béatrice lit un article mentionnant que la station de Balaruc-les-Bains développait une prise en charge spécifique pour le Covid long. « En fait, ils ont compris les limites que nous avons, nous les malades du Covid long, et ils savent ce qu’il ne faut pas nous demander, pour éviter d’en faire trop. » C’est ainsi qu’en mars 2024, elle effectue sa première cure. « Le médecin, formé au Covid long, ne m’a prescrit que des soins passifs, pour que je n’aie pas de dépense d’énergie supplémentaire. » Un détail crucial pour les malades du Covid long, chez qui tout effort peut déclencher une aggravation des symptômes. « J’ai eu la chance que mes parents m’accompagnent sur place pour gérer le quotidien, sinon je n’aurais pas pu faire cette cure. »

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Des résultats qui dépassent les espérances

Les effets ne se font pas attendre. « J’ai vu une amélioration sur ces fameux malaises post-effort qui, avant, étaient quasi permanents. Ils se raccourcissaient en durée et en intensité, et mes douleurs étaient également atténuées. » Convaincue, Béatrice décide immédiatement de renouveler l’expérience en 2025. « À la fin, je comptais même les jours pour y retourner. »

Pour sa deuxième cure, elle bénéficie d’un accompagnement PMR (personne à mobilité réduite). « J’arrive sur mes deux jambes et ensuite ils me prennent en charge. D’un soin à l’autre, il y a quelqu’un qui m’emmène en fauteuil roulant. » Un aménagement qui change tout : « Ça m’évite la fatigue liée aux déplacements, comme la fatigue cognitive que provoque le fait de me demander à quel soin je dois me rendre, de regarder mon planning, de gérer le temps. Ce qui est normal pour les autres, mais pour moi, c’est un effort. »

Des bénéfices qui s’installent dans la durée

Les résultats sont probants. « La première année, mes douleurs étaient quasiment absentes pendant six mois, puis elles sont revenues. » Mais la deuxième cure apporte encore davantage de bienfaits : « Je suis rentrée début avril 2025, nous sommes quasiment fin janvier, et je n’ai toujours pas retrouvé de douleurs quotidiennes. Les effets durent donc encore plus longtemps. » Le médecin thermal avait en effet prévenu Béatrice qu’il fallait compter, en général, au moins trois cures pour en ressentir pleinement les bienfaits.

Béatrice reste réaliste : « En revanche, je n’ai pas trouvé de solution pour le brouillard cognitif. J’arrive à mettre en place des stratégies qui me permettent d’effectuer des tâches un peu plus complexes, mais pendant une heure maximum. » Malgré cette limite, la cure thermale a redonné à Béatrice une qualité de vie qu’elle croyait perdue. Une lueur d’espoir pour les milliers de personnes souffrant de Covid long.

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Source : Entretien exclusif avec Béatrice, que nous remercions pour son témoignage, en janvier 2026.

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