Le centre thermal Saint-Eloy d’Amnéville vise l’obtention de l’agrément phlébologie

Par Julie Paysant / Publié le 21 avril 2026 à 13h30

Couloir de marche au centre thermal d'Amnéville pour l'orientation phlébologie

Couloir de marche aux thermes d’Amnéville pour l’orientation phlébologie © Centre thermal Saint-Eloy

Dans le Grand Est, la station thermale d’Amnéville s’engage dans un projet d’envergure : obtenir l’agrément phlébologie pour proposer des soins thermaux aux curistes présentant, par exemple, une insuffisance veineuse chronique. Plus d’explications avec Guillaume Dumas, directeur de l’établissement Saint-Eloy.

Avec un budget estimé entre 800 000 et un million d’euros, le projet représente un investissement conséquent pour l’établissement mosellan qui propose déjà les orientations rhumatologie et voies respiratoires. Cette ambition s’inscrit tout d’abord dans une demande concrète du territoire. « Plus de 80 % de nos curistes sont locaux. Jusqu’ici, ils devaient se déplacer dans d’autres stations pour ce type de pathologie. Cette nouvelle orientation vise à offrir une solution de proximité, en lien étroit avec les médecins et spécialistes locaux », explique le directeur de l’établissement thermal d’Amnéville.

Le protocole de l’étude clinique

L’étude, qui a commencé début mars, repose sur une cohorte de 84 patients répartis aléatoirement en deux groupes égaux. Un groupe bénéficiant du traitement thermal et un groupe contrôle, qui poursuivra son traitement habituel sans cure.

Les patients intégrés dans cette étude interventionnelle présentent une insuffisance veineuse chronique sévère des membres inférieurs, classée C4 (troubles trophiques cutanés [pigmentation, eczéma, induration]) à C5 (ulcère veineux cicatrisé) selon la classification médicale internationale CEAP (C pour clinique, E pour étiologique, A pour anatomique et P pour physiopathologie).

Pendant six mois, l’ensemble des participants sera suivi lors de trois consultations réalisées par un médecin thermal indépendant. Pour garantir l’objectivité des résultats, l’évaluateur ne sera pas informé sur le type de groupe, groupe contrôle ou groupe interventionnel, auquel est rattaché le patient. Plusieurs symptômes et leurs évolutions seront évalués : les troubles fonctionnels (la sensation de jambes lourdes, les crampes, les impatiences ou la sensation d’engourdissement) et l’amélioration de l’aspect clinique des jambes avec réduction des œdèmes et des lésions.

JE REÇOIS LES ACTUS THERMALES

Les soins thermaux de phlébologie

Les soins thermaux prodigués suivent le déroulement d’une cure thermale en phlébologie de 18 jours.

Quatre soins quotidiens sont au programme : le couloir de marche en eau fraîche stimulant la retour veineux grâce à une alternance au sol de galets et de jets, le bain carbogazeux favorisant la microcirculation, les pulvérisations d’eau thermale froide sur les membres inférieurs et enfin, les compresses humides exerçant une légère compression rafraîchissante.

Pulvérisation d'eau thermale froide au centre thermale d'Amnéville pour l'orientation phlébologie

Pulvérisation d’eau thermale froide aux thermes d’Amnéville pour l’orientation phlébologie © Centre thermal Saint-Eloy

Ces soins utilisent une eau refroidie autour de 27 °C, à l’opposé des pratiques en rhumatologie, généralement basées sur la chaleur. « La chaleur est d’ailleurs contre-indiquée dans certains cas, notamment en présence de varices », souligne Guillaume Dumas.

Autres études et processus réglementaire

En parallèle de l’étude clinique, deux autres études seront menées. Une étude par analogie, comparant les propriétés physico-chimiques de l’eau minérale naturelle d’Amnéville (eau thermale chlorurée de la source Saint-Eloy) avec celles déjà reconnues en orientation phlébologie. Et une étude qualitative centrée sur le vécu et ressenti des curistes du groupe interventionnel.

« Nous nous sommes alignés sur les recommandations révisées de l’Académie de médecine, datant de 2020. Désormais, toute nouvelle orientation thermale doit reposer sur un protocole rigoureux, comparable à celui utilisé pour les médicaments », détaille le directeur.

Si les objectifs sont atteints et que l’étude clinique apporte la preuve d’une efficacité thérapeutique, l’année 2027 sera consacrée à l’analyse des résultats et aux démarches réglementaires auprès de l’Agence régionale de Santé, de l’Académie nationale de médecine et du ministère de la Santé. « Nous espérons une validation et une ouverture de l’orientation en phlébologie à l’horizon 2028, en début de saison », conclut Guillaume Dumas.

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Source : Entretien exclusif avec Guillaume Dumas, le 8 avril 2026

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