COVID-19 : attention aux risques d’intoxications liés aux désinfectants

Dans , 2 novembre 2020

Nombreux sont les centres antipoison qui signalent de multiples accidents d’intoxication dus à la crise sanitaire du COVID-19. L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) fait un point sur les différentes recommandations pour éviter tout risque.

L’Anses et le réseau des centres antipoison suivent avec attention tous les appels ayant un motif associé au COVID-19. Plusieurs origines de situations dangereuses ont ainsi pu être identifiées, correspondant notamment aux solutions hydroalcooliques, aux désinfectants, aux huiles essentielles et aux anti-inflammatoires. Après avoir déterminé les contextes délicats les plus souvent rencontrés, l’Anses et les centres antipoison proposent les recommandations suivantes – à retrouver également sur le site internet de l’Anses – en fonction du type de produit utilisé :

Pour les nettoyants et désinfectants

Plusieurs situations particulières à risque ont été identifiées : inhalation de vapeur toxique, intoxication accidentelle de jeunes enfants à la suite de transferts de produits ménagers (dans une bouteille, dans un verre d’eau…), nettoyage des aliments à l’eau de Javel.

Pour les éviter :

– respecter rigoureusement les conditions d’usage des produits nettoyants ou désinfectants (sols, surfaces du domicile ou du lieu de travail) ;
– ne pas mélanger des produits nettoyants ou désinfectants entre eux, notamment eau de Javel et détartrant ;
– pour les produits déconditionnés, mentionner très clairement la nature du contenu (nom du produit au feutre, étiquette de couleur…) et tenir ces substances hors de portée des enfants ;
– faire en sorte que tous les produits ménagers soient inaccessibles aux enfants ;
– ne pas utiliser les produits nettoyants et désinfectants de sols et de surfaces pour des besoins d’hygiène corporelle ;
– ne pas nettoyer les aliments à l’eau de Javel ou tout autre produit nettoyant ou désinfectant non destiné à entrer au contact de denrées alimentaires.

Pour les solutions hydroalcooliques

Les situations particulières à risque concernent l’exposition accidentelle d’enfants ayant été en contact avec des solutions hydroalcooliques ou des produits usités pour la préparation de solution hydroalcooliques à faire soi-même.

Pour les éviter :

– tenir les solutions hydroalcooliques hors de portée des enfants ;
– pour les produits déconditionnés, mentionner très clairement la nature du contenu (nom du produit au feutre, étiquette de couleur…) et tenir ces produits hors de portée des enfants ;
– pour les solutions à fabriquer soi-même (« Do It Yourself »), respecter rigoureusement les consignes officielles de fabrication (site de l’OMS) et faire en sorte que les produits issus de cette fabrication soient inaccessibles aux enfants.

Les huiles essentielles

Plusieurs circonstances particulières à risque ont été identifiées : automédication via l’utilisation d’huiles essentielles par voie orale pour « renforcer les défenses naturelles » et « lutter contre le coronavirus », pulvérisation d’huiles essentielles pour « assainir un espace clos » par une personne à risque (personne asthmatique) ou encore usage inapproprié afin de désinfecter un masque chirurgical, par exemple.

L’Anses rappelle que les huiles essentielles ne constituent pas un moyen de lutte contre le coronavirus. Il est important de respecter les conditions d’utilisation de ces huiles (voie d’administration, dose, zone d’application…). Les personnes souffrant d’affections respiratoires (notamment les asthmatiques) et les femmes enceintes ou allaitantes ne doivent pas recourir aux huiles essentielles. Avant toute prise de décision, et en cas de question sur l’emploi des huiles essentielles, demander conseil à un pharmacien.

Les médicaments anti-inflammatoires

Un fort besoin d’information a été constaté autour de l’utilisation des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens, des corticoïdes, des bronchodilatateurs et des anti-inflammatoires associés, à la suite des indications du ministère de la Santé mentionnant que les anti-inflammatoires pourraient aggraver les signes d’infection liés à l’épidémie de COVID-19.

Les bons comportements :

– Ne pas arrêter un traitement anti-inflammatoire prescrit pour une affection chronique et s’en remettre à l’avis de son médecin traitant. L’arrêt brutal du traitement anti-inflammatoire est susceptible d’entraîner une recrudescence des symptômes de l’affection chronique.
– En dehors de tout traitement chronique, ne pas prendre d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et privilégier la prise de paracétamol en cas de fièvre, comme recommandé par le ministère de la Santé.

Il est à noter que si vous êtes victime d’une intoxication, il est nécessaire de suivre précisément les indications du centre antipoison et de ne pas refuser une consultation aux urgences ou en cabinet médical de peur d’être infecté par le COVID-19. 

© Kelly Sikkema – Unsplash

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