Expert du mois : Dr Anne-Laure Dupont, médecin thermal et homéopathe aux Thermes de Lamalou-les-Bains, nous éclaire sur la cure neurologie

Chaque mois, une personnalité du monde médical nous informe en détail sur une cure thermale particulière. En septembre, le docteur Anne-Laure Dupont, médecin thermal et homéopathe aux Thermes de Lamalou-les-Bains, nous présente la cure thermale dédiée à la neurologie.
📝 À RETENIR
- Trois établissements thermaux agréés en neurologie en France : Néris-les-Bains, Ussat-les-Bains et Lamalou-les-Bains.
- Pathologies traitées : maladies neurologiques chroniques (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, fibromyalgie…) ou séquelles neuro-orthopédiques après un accident vasculaire ou infectieux.
- Contre-indications : poussée ou phase de crise, épisode inflammatoire en cours ou récent.
- Soins thermaux proposés : bains thermaux, douches, massages, cure de boisson, activité physique en piscine, cataplasmes de boue et, à Lamalou-les-Bains, pulvérisations faciales.
- Activités complémentaires : séances de gymnastique adaptée, conférences thématiques, art-thérapie, groupes de parole, éducation thérapeutique.
- Bienfaits attendus : mieux-être général, détente globale, meilleure posture, marche plus fluide, transit et sommeil améliorés, moins de douleurs physiques et regain d’énergie.
Chaque année, en France, plus de 10 000 personnes réalisent une cure thermale en neurologie, dont les deux tiers en première orientation. En France, trois établissements thermaux possèdent l’agrément pour l’orientation neurologie : Néris-les-Bains, Ussat-les-Bains et Lamalou-les-Bains. On retrouve, dans cette population de curistes, des patients souffrant de maladies neurologiques chroniques ou présentant des séquelles neuro-orthopédiques après un accident vasculaire ou infectieux.
Au centre thermal occitan de Lamalou-les-Bains, le docteur Anne-Laure Dupont accompagne les curistes de tout âge souffrant de pathologies ou troubles neurologiques. Elle partage avec nous son expérience.
L’Officiel du Thermalisme : Vous accompagnez les curistes en cure neurologie. Quels sont les pathologies ou troubles rencontrés le plus fréquemment parmi cette population ?
Dr Anne-Laure Dupont : Nous accueillons principalement des patients atteints de pathologies chroniques du système nerveux central ou périphérique, stabilisées. Les curistes présentent la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, le syndrome de Charcot-Marie-Tooth ou encore la fibromyalgie. Nous accompagnons aussi les curistes souffrant de polyneuropathies périphériques secondaires à une chimiothérapie ou à un diabète.
Nous recevons aussi les personnes avec des pathologies au niveau du rachis, un syndrome post-AVC (accident vasculaire cérébral), des myopathies, des séquelles de lésions médullaires ou encore celles qui souffrent du syndrome des jambes sans repos. Je pense également aux curistes, souvent des femmes, présentant des névralgies pudendales, une neuropathie périphérique se caractérisant par des douleurs chroniques au niveau des organes génitaux externes et de la face interne des cuisses.
« La majorité des patients accueillis en cure neurologie cumulent douleurs chroniques, troubles posturaux, troubles du sommeil, anxiété ou symptômes dépressifs, ce qui justifie une approche holistique, à la fois physique et psychique. »
— Dr Anne-Laure Dupont, médecin thermal et homéopathe aux Thermes de Lamalou-les-Bains
Quelles sont les contre-indications à la réalisation d’une cure thermale ?
Les neurologues prescrivent les cures thermales quand le patient présente une pathologie neurologique stabilisée, hors des poussées ou des phases de crises et après la rééducation intensive le cas échéant.
Dans les six mois avant la cure, il ne faut pas que le curiste présente un important symptôme inflammatoire. Autrement dit, il ne faut pas qu’il y ait un AVC, un cancer, un érysipèle, une maladie diabétique non stabilisée ou une escarre. À Lamalou-les-Bains, l’eau est très active et elle peut aggraver potentiellement une inflammation présente. Le curiste doit donc être stabilisé sur ce point avant de commencer sa cure thermale.
Pour les personnes présentant une sclérose en plaques, nous recommandons de ne pas faire la cure au mois d’août compte tenu de la chaleur.
Quels sont les soins thermaux réalisés ?
Nous pratiquons l’hydrothérapie, les bains thermaux, les massages, la cure de boisson et de l’activité physique en piscine (piscine active). À Lamalou-les-Bains, nous proposons de manière inédite, la pulvérisation faciale aux personnes présentant des problèmes de paralysie faciale, de douleurs faciales ou de contractures. Sur le visage, il y a énormément de régions nerveuses qui sont reliées au cerveau. Beaucoup de patients apprécient ce soin pour son côté relaxant.
Pour entrer dans le détail des soins, je peux aussi évoquer le bain douche en immersion, la douche locale des mains et des pieds, les immersions en piscine, l’aérobain, l’activité physique et la rééducation en piscine et tout simplement le bain thermal. Citons aussi les cataplasmes de boue à base de kaolin imprégné d’eau thermale. Les kinésithérapeutes pratiquent également des massages avec un baume à base d’eau thermale.
👉 Pour en savoir plus sur les indications, les soins dispensés et les établissements spécialisés, rendez-vous sur notre page dédiée à la cure thermale en neurologie.
Que retenir des bienfaits de l’eau thermale de Lamalou-les-Bains ?
L’eau de Lamalou est une eau bicarbonatée mixte (calcique et sodique), magnésienne, hyperthermale, carbogazeuse. Elle contient aussi du magnésium, du potassium, du zinc et de la silice.
Pendant la cure de boisson, les oligoéléments contenus dans l’eau thermale sont directement ingérés et favorisent le fonctionnement du microbiote intestinal. La prise de médicaments dérègle souvent ces milliards de micro-organismes bénéfiques. L’eau thermale de Lamalou, qui contient de grandes quantités de fer et de zinc, va participer au rétablissement de cette flore intestinale grâce, notamment, à ses propriétés anti-inflammatoires.
« Pendant les soins thermaux, deux effets sont retrouvés : chimiques et physiques. Tous les éléments de l’eau thermale vont, par voie percutanée, favoriser les régénérations nerveuses. Les soins dans une eau thermale chaude (activités physiques, massages, pression de l’eau, bulles de gaz dans l’eau) vont agir quant à eux mécaniquement et procurer de la décontraction musculaire et nerveuse. »
— Dr Anne-Laure Dupont, médecin thermal et homéopathe aux Thermes de Lamalou-les-Bains
Proposez-vous des activités en parallèle de la cure thermale neurologie ?
Au-delà de ces soins thermaux, et dans le cadre d’une prise en charge holistique, nous organisons des séances de gymnastique adaptée, des conférences spécifiques (maladie de Parkinson, fibromyalgie), de l’art-thérapie et des groupes de paroles.
Nous proposons également deux programmes éducatifs de soins : l’un pour la maladie de Parkinson et l’autre, pour l’accident vasculaire cérébral. Toutes ces activités favorisent énormément les échanges, l’objectif est de se sentir moins seul(e) face à la maladie.
En fin de cure, quels sont les ressentis des curistes ?
Après trois semaines de soins, la plupart des curistes me disent qu’ils sont plus détendus et plus relaxés. Cela dit, le moment où la cure fait tout son effet a lieu souvent une semaine à dix jours après la cure. Quand je les vois en consultation de fin de cure, ils ont un meilleur déroulé de la marche, une meilleure posture, un transit amélioré et un sommeil de meilleure qualité.
Et, ils ont plus d’envies ! Je vois souvent chez eux des yeux plus pétillants parce qu’ils sont dans un état de bien-être général, avec moins de douleurs physiques. Psychiquement, ils sont plus optimistes et ils commencent à faire, à nouveau, des projets. Souvent, ils reviennent l’année suivante et ils me disent qu’ils se sont inscrits dans un cours d’activité physique ou de médecine physique. La cure leur permet de soulager leurs blocages physiques et en se sentant mieux dans ce corps qu’ils habitent, ils ont envie de bouger à nouveau. Nous savons pertinemment que le meilleur soin reste l’exercice physique au-delà de tout médicament !
Sources :
Entretien exclusif avec le docteur Anne-Laure Dupont, le 10 septembre 2026













