Témoignage. Yasmine soulage son endométriose et sa fibromyalgie grâce à la cure thermale : « Cela fait vraiment partie intégrante de ma prise en soins »

Par Élise Loiseau / Publié le 21 septembre 2026 à 09h00

Témoignage : Yasmine soulage son endométriose et sa fibromyalgie grâce à la cure thermale

Depuis une dizaine d’années, Yasmine, atteinte d’endométriose et de fibromyalgie, effectue chaque année une cure thermale avec la double orientation gynécologie et rhumatologie. D’un établissement à l’autre, elle a appris à connaître les réactions parfois déroutantes de son corps face aux soins, avant de constater, cure après cure, un soulagement de plus en plus durable. Aujourd’hui, à l’occasion de sa dixième cure, elle témoigne de ce que le thermalisme lui a apporté, tant sur le plan physique que dans sa manière de prendre soin d’elle.

Yasmine vit avec une endométriose, diagnostiquée alors qu’elle avait une vingtaine d’années, à laquelle s’est ajoutée, une fibromyalgie. Elle a découvert le thermalisme en effectuant ses propres recherches sur sa pathologie : « J’ai eu l’idée en faisant des recherches sur internet, et lorsque j’en ai parlé à mon médecin, elle m’a dit un grand oui, tout en me disant qu’elle ne savait même pas pourquoi elle n’avait pas pensé à me le proposer avant. »

Une réaction du corps qui interpelle

Sa première cure a lieu à Bourbon-l’Archambault, en Auvergne, aux alentours de 2014. Dès les premiers jours, elle est surprise par l’intensité des sensations : « Ce qui m’a tout de suite interpellée, c’est que les douleurs ont été amplifiées. Dès la première semaine, les douleurs étaient relativement fortes, avec même des difficultés à dormir tellement la douleur était présente. »

Face à cette réaction, les agents thermaux la rassurent immédiatement, lui expliquant qu’il s’agit d’un phénomène connu : « Ils m’ont dit : c’est normal, ça veut dire que votre corps réagit à l’eau thermale. » Sans attente particulière pour cette première expérience, Yasmine se laisse porter par les soins et constate rapidement un relâchement musculaire profond, accompagné d’une grande fatigue : « Avec la douleur, on se crispe très souvent. Et là, je sentais vraiment mon corps se dénouer. »

D’un établissement à l’autre, une action qui varie mais des bienfaits durables

Yasmine part ensuite plusieurs années de suite à Salies-de-Béarn, où elle enchaîne six à sept cures. Au-delà des soins, elle apprécie l’ambiance de la petite ville et de la région, au point d’en faire un rendez-vous annuel avec son mari : « C’est devenu un lieu de vacances. Je faisais la cure et l’après-midi, on se baladait. On alliait les soins à la découverte de la région. »

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Elle y observe aussi une différence par rapport à sa première expérience, l’eau étant cette fois salée : « J’ai constaté qu’il y avait une action anti-inflammatoire plus rapide. J’avais toujours ces trois, quatre jours difficiles, mais après, très vite, j’arrivais à me passer d’antalgiques. » Les agents thermaux lui confirment une règle qu’elle retiendra : pour ressentir pleinement les bienfaits d’une cure, il faut idéalement en faire plusieurs à la suite. « C’est à partir de la troisième cure que j’ai vraiment ressenti les bienfaits. Je sentais même mon corps devenir de plus en plus douloureux à l’approche de l’été, comme s’il me disait : c’est l’heure d’aller en cure. »

Des douleurs de plus en plus espacées

Les années suivantes, elle découvre Ussat-les-Bains, en Ariège, puis, cette année, Luxeuil-les-Bains, pour sa dixième cure. Cette dernière expérience se révèle très différente des précédentes : « Les deux premières semaines, j’allais bien, je n’avais pas de douleurs qui s’amplifiaient. Mais c’est la dernière semaine que c’est arrivé, et là, j’ai eu des douleurs vraiment plus fortes. Les agents m’ont dit que c’était la crise thermale, mais que, cette fois, mon corps ne réagissait que maintenant. » Ces douleurs se prolongent près de trois semaines après la fin du séjour, un phénomène qu’elle n’avait encore jamais connu.

Malgré ces variations d’une cure à l’autre, Yasmine constate année après année un allongement des périodes de répit : « Après la première cure, les douleurs ont été beaucoup moins importantes pendant deux mois. La cure suivante, c’était pendant trois mois. » Un soulagement qui touche, selon elle, l’ensemble de ses symptômes, douleurs comme fatigue : « Pendant la cure, le corps lâche tellement sur la douleur qu’on a besoin de dormir beaucoup. Il m’est arrivé, après certaines cures, d’avoir une énergie que je n’avais plus connue depuis des années. »

La double orientation gynécologie-rhumatologie, un soin du corps dans sa globalité

Après onze chirurgies et de nombreuses années de douleurs chroniques, neuropathiques, articulaires et musculaires, Yasmine, aujourd’hui âgée de 55 ans, est en invalidité. Ancienne responsable des relations publiques dans une entreprise de gestion des risques, elle a également présidé l’association EndoFrance jusqu’en août 2025 et vient de valider un diplôme universitaire en éducation thérapeutique, poursuivant ainsi son engagement auprès des patients en tant que patiente partenaire.

Forte de cette expérience, elle a un conseil qu’elle partage volontiers : l’intérêt de la double orientation, même pour celles qui ne souffrent, selon ses mots, « que » d’une pathologie gynécologique : « C’est toujours intéressant de prendre la double orientation rhumato quand on a de l’endométriose, parce que quand on souffre au niveau du bassin ou du bas-ventre, il y a toujours des répercussions lombaires. Prendre le corps dans sa globalité, ça ne peut que faire du bien. »


Source : Entretien avec Yasmine en septembre 2026, que nous remercions de son témoignage.

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