Cures thermales et PLFSS 2027 : le décryptage de la rentrée

Par Julie Paysant / Publié le 15 septembre 2026 à 15h54

Débat sur le remboursement des cures thermales dans le cadre du PLFSS 2027

En ce mois de septembre 2026, le sujet du déremboursement des cures thermales resurgit à l’approche du budget 2027. L’Officiel du Thermalisme remet en perspective les chiffres et les positions en présence : poids budgétaire réel du remboursement dans les comptes de la Sécurité sociale, état de l’évaluation en cours de la Haute Autorité de Santé, et termes exacts de la polémique lancée par le député Sylvain Maillard (Ensemble pour la République).

À retenir

  • Le remboursement des cures thermales est maintenu à ce stade : le sujet revient dans le débat budgétaire à l’approche du PLFSS 2027, mais les règles actuelles de prise en charge restent applicables.
  • Le coût pour la Sécurité sociale reste marginal : les cures thermales conventionnées représentent environ 260 millions d’euros par an, soit 0,04 % des dépenses totales de la Sécurité sociale.
  • La HAS n’a pas encore rendu ses conclusions : l’évaluation du service médical rendu des cures thermales doit s’inscrire sur plusieurs années, avec un démarrage attendu à partir de 2027.
  • La polémique a été relancée début septembre 2026 après une prise de position du député Sylvain Maillard, favorable à la suppression du remboursement.
  • Plusieurs élus défendent le maintien du remboursement et appellent le gouvernement à maintenir les conditions actuelles de prise en charge.
  • Le vote du PLFSS 2027 est prévu le 27 octobre 2026 à l’Assemblée nationale, avant examen au Sénat.

Combien coûtent vraiment les cures thermales à la Sécurité sociale ?

Le chiffre de 260 millions d’euros par an, avancé par le député Sylvain Maillard (Ensemble pour la République) sur X le 5 septembre 2026, correspond à l’ordre de grandeur documenté depuis plusieurs années dans les débats parlementaires. Un amendement déposé lors du PLFSS 2023 chiffrait déjà le dispositif à environ 250 millions d’euros pour près de 500 000 patients, et l’exécutif espérait, à l’automne 2025, économiser 200 millions d’euros via une réforme du remboursement.

Ce chiffre doit être ramené à sa juste échelle. Le déficit de la Sécurité sociale est estimé à plus de 21,6 milliards d’euros pour 2025, après 15,3 milliards en 2024. Ses dépenses totales dépassent 660 milliards d’euros selon les données du PLFSS 2026.

Les 260 millions d’euros dépensés annuellement pour rembourser partiellement les cures conventionnées représentent ici 0,04 % des dépenses totales de la Sécurité sociale.

Ce ratio situe le remboursement des cures thermales conventionnées parmi les plus faibles postes identifiables du budget de la Sécurité sociale. Il conduit également à observer qu’une mesure portant sur ce seul poste – quelle qu’en soit l’ampleur, ne peut, à elle seule, produire d’effet perceptible sur la trajectoire du déficit, dont le redressement se joue à d’autres ordres de grandeur. Les termes du débat portent donc moins sur la stratégie budgétaire de court terme que sur des choix de politique de santé publique, d’accès aux soins et d’aménagement du territoire.

Rappelons enfin que les remboursements liés à la réalisation d’une cure thermale sont fortement encadrés :

  • Seules les cures de 18 jours sur prescription médicale ouvrent droit au remboursement.
  • Les taux sont plafonnés : 65 % pour le forfait thermal (régime général), 100 % pour les patients en affection de longue durée (ALD).
  • Les frais d’hébergement et de transport ne sont pris en charge que sous conditions de ressources strictes.

👉 Pour plus de détails sur les règles actuellement applicables et les conditions de prise en charge, consultez notre dossier pratique sur le remboursement d’une cure thermale en 2027.

Où en est l’évaluation de la Haute Autorité de Santé ?

Début 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist a saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) pour évaluer le service médical rendu (SMR) des cures thermales.

Le calendrier annoncé est le suivant. Comme l’a précisé le Dr Cédric Carbonneil, directeur adjoint de l’évaluation et de l’accès à l’innovation de la HAS : « ces évaluations vont prendre plusieurs années ». Ainsi, à l’automne 2026, une note de cadrage doit être dévoilée après un audit du secteur réalisé cet été à partir de questionnaires envoyés aux centres thermaux. Ensuite il précise « commencer l’évaluation à partir de 2027 ».

Aucune conclusion définitive de la HAS ne sera donc disponible au moment du vote du PLFSS 2027.

La controverse de septembre 2026 : les termes exacts du débat

Le 4 septembre, Adeline Guérard, présidente de la Chaîne Thermale du Soleil, était invitée sur BFM TV, dans l’émission « Budget 2027 : le remboursement du thermalisme menacé ? ».

La dirigeante du premier groupe thermal de France a souligné, au cours de l’interview, que le remboursement ne sera probablement pas remis en cause avant les conclusions de cette évaluation. Elle précise : « Nous sommes un peu moins inquiets cette année tout simplement parce qu’en début d’année la ministre de la Santé a décidé de saisir la Haute Autorité de Santé pour évaluer le service médical rendu par la cure thermale. C’était une démarche attendue de longue date par les opérateurs. Cette évaluation va prendre plusieurs années. Cette année nous sommes donc moins inquiets, car le pouvoir politique a voulu aller jusqu’au bout de cette démarche. Remettre en cause le remboursement alors que l’évaluation n’est pas arrivée à son terme serait un petit peu contre-intuitif ».

Le 5 septembre, le député Sylvain Maillard (Ensemble pour la République, Paris) a réagi sur les réseaux sociaux en indiquant notamment sur X : « Le remboursement des cures thermales coûte 260 millions d’euros par an à la Sécurité sociale. Je voterai un amendement pour le supprimer ».

Le 10 septembre, invité sur CNEWS, le même député a précisé sa position, estimant que les cures thermales « peuvent fonctionner sans l’aide de la Sécurité sociale ».

Des réactions politiques pour défendre le thermalisme

L’annonce du député Maillard a suscité plusieurs prises de position d’élus opposés au projet de déremboursement :

  • Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées (Socialistes et Apparentés) et président du groupe d’études thermalisme à l’Assemblée nationale, a publié un communiqué de presse et réagi dans la presse régionale. Il s’adresse également aux lecteurs de l’Officiel du Thermalisme dans une tribune publiée en parallèle (voir ci-dessous).
  • Franck Leroy, président de la Région Grand Est, appelle le Gouvernement à garantir la prise en charge des cures thermales avec les conditions actuelles de remboursement pour 2027 et à apporter une visibilité pluriannuelle aux patients comme aux établissements thermaux.
  • Carole Delga, présidente de la Région Occitanie a pris la parole sur les réseaux sociaux en précisant : « Notre pays a besoin de décisions sérieuses. Pas d’effets d’annonce qui inquiètent les patients et fragilisent nos territoires ».
  • Paulette Matray, sénatrice de Saône-et-Loire (Socialistes Sénat), a déposé une question écrite adressée à la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées afin d’alerter le Gouvernement sur les menaces pesant sur la prise en charge des cures thermales conventionnées par l’Assurance maladie.

Quand aura lieu le vote du budget 2027 ?

Le PLFSS 2027 sera présenté fin septembre à l’Assemblée nationale, pour un vote solennel prévu pour le 27 octobre 2026 à l’Assemblée nationale puis examen au Sénat en novembre.

Le précédent de 2025 rappelle que la mobilisation des élus locaux, des professionnels et des patients peut faire échec à un projet de déremboursement : à l’automne dernier, l’amendement visant à ramener le forfait thermal de 65 % à 15 % a été écarté du texte définitif. Le secteur attend désormais des garanties écrites du Gouvernement sur l’absence de toute mesure de déremboursement dans le cadre du PLFSS 2027.

👉 À lire aussi : Tribune libre – Denis Fégné : « Sur les cures thermales, laissons la HAS travailler avant les postures politiques », le président du groupe d’études thermalisme à l’Assemblée nationale s’adresse aux lecteurs de l’Officiel du Thermalisme.

Chaque semaine, jusqu’au vote solennel du PLFSS 2027, nous vous présenterons les informations clés concernant le thermalisme. Un article « décryptage » ou « fact checking » qui consiste à vérifier méthodiquement les affirmations et les faits.


Sources :

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16 commentaires

  • vincent dit :

    Site payé pour mettre que les commentaires positifs sur les cures censure les commenatires negatifs

  • nathalie dit :

    Je constate tout de même que 50 % des gens font des cures uniquement pour avoir des vacances payées par la Sécurité sociale. Il suffit de les observer — et j’en ai fait une spécialité : ils arrivent en pleine forme, sortent de leur cure pour faire de la randonnée ou du vélo, ou passent leur temps à la plage. Et, par-dessus tout, le 21 juin, ils s’éclatent à danser pour la Fête de la musique !

    Oui, certains ont réellement besoin d’une cure, mais d’autres non. Je pense que c’est un système à revoir dans sa totalité. Cela fait parfois plus de 20 ans que certains y vont, et il suffit de discuter avec eux pour qu’ils vous avouent en toute franchise que ce sont des vacances, rien d’autre.

  • 59 ans et polyarthrosée sévère depuis 20 anss dit :

    Mais oui bien-sûr qu’il faut maintenir le remboursement pour les personnes qui en ont vraiment besoin ! Les cures annuelles de 3 semaines m’ont littéralement changé la vie ! Je prends moins de Doliprane, moins d’anti-flammatoires et je travaille mieux donc c’est un GAIN pour la sécurité sociale et le fisc. Je coûte moins chère à la société et je paye plus d’impôts. (C’est par ailleurs dur d’être malade chronique et travailler comme indépendante. Pourtant on le fait mais en s’abîmant la santé).
    Le seule chose qui peut éventuellement être discuté, s’ils veulent vraiment attaquer le secteur, ce serait une éventuelle exigence de préscription de medecin spécialiste.

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  • Joëlle dit :

    Je fais, sur conseil de mon médecin, une cure rhumato et phlébologie, et cela depuis 7 ans.
    Après ma cure, les douleurs diminuent pendant quelques mois, je ne prends pas d’antalgiques.
    Ces cures m’aident à maintenir mon autonomie. Nous.
    Il me semble que ne plus les rembourser, ne ferait pas faire d’économie à l’assurance maladie, mais au contraire, augmenterait les dépenses, avec un impact très négatif sur la vie au quotidien des personnes.

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  • Iris dit :

    Tactique est super il faudrait que vous le mette dans les journaux parce que je trouve qu’elle est très très très très très bien

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  • paul732 dit :

    Commencps par :
    Suppression de l’AME dans sa formule actuelle.

    Reconstitution d’un panier de soins restreint aux urgences vitales.

    Revue des aides internationales

    Interruption ou conditionnement strict des aides publiques au développement (APD) versées aux pays tiers.

    Lutte contre les fraudes aux prestations sociales

    Contrôle ciblé et audit des pensions de retraite versées à l’étranger (notamment les contrôles d’existence pour les centenaires).

    Désactivation des cartes Vitales frauduleuses et renforcement des vérifications d’identité lors des soins.

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    Répondre moderated
  • Mamijo dit :

    Souffrant d’arthrose sévère, les cures thermales m’ont permis de supprimer en grande partie les anti-inflammatoires et anti-douleurs et j’espère qu’elles continueront à être remboursées, faute de quoi il faudrait y renoncer pour une reprise de médicaments et séances de soins divers.

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  • Nini dit :

    Faire une cure thermale m évite de prendre plus de médicaments dans l année et je pense prendre moins d’ arrêt de travail,il faut garder ce rythme de cure,si elle n était plus rembourser je ne pourrai pas me la permettre.

  • Lion 58 dit :

    Depuis que je fais les cures thermales toutes les années, moins de médicaments, plus de kiné.

  • Jean-Louis dit :

    La cure thermale de Bagnoles de l’orne
    A été pour moi très bénéfique pour mes problèmes de jambes, je me suis d’ailleurs ré-inscris pour 2027.
    J’ai 67 ans et c’est ma première cure

  • Alain dit :

    Depuis que je fais les cures VR, j’ai diminué, en 8 ans, de plus des 4/5 mes prises d’antibiotiques ou de corticoïdes.

  • Georges dit :

    La cure cest moins de douleurs et donc moins de medicament. Après la cure en fin d’automne,je passe un hiver en bonne santé et je n’ai quasiment plus de rhumes ni de grippes.

  • perette09 dit :

    Bonjour je fais une cure thermale chaque année en rhumatologie et phlébologie et c’ est le seul moyen pour que je prenne moins de médicaments au cours de l’année , ayant été opéré 2 fois de hernie discale et d’une prothèse de genou ou j’ai gardé des séquelles pour la marche jambe qui enfle et cheville douloureuse des crises d’arthroses et des rhumatismes et une opération de l’estomac ou je dois éviter de prendre des anti inflammatoires ,la cure est le seul moyen naturel pour m’aider dans mon quotidien et ce serait vraiment regrettable que les soins ne soient plus pris en charge il faudrait peut être réserver les cures à ceux qui en on vraiment besoin et non pas pour ceux qui y vont pour passer 3 semaines de vacances là il y a peut être des économies à faire , mais pas sur les personnes qui souffrent au quotidien .

  • Tyne dit :

    A 74 ans, veuve, guérie de deux cancers, je ferai en 2027 ma 7e cure thermale avec à mes frais le déplacement et l’hébergement et des soins à ma charge pour les bienfaits suivants : moins de médicaments plus de santé physique et mentale sans oublier le lien social et le bien-être de mon corps.

  • Estrangladou dit :

    Bonjour,je fais ma cure thermale au printemps,je souffre de perte d’équilibre du à un manque d’oxygène dans le cerveau et des jambes sans repos ainsi qu’une fibromyalgie et cela au stress post traumatique causé par un harcèlement moral et sexuel au travail en 2011..grâce à ma cure thermale j’ai 4 mois de répit face aux douleurs quotidiennes ;j’ai vraiment besoin de ma cure thermale qui me soulage ….

  • Constant dit :

    La cure pour moi m’évite de prendre des antis-douleurs,autant qu’avant, j’ai beaucoup d’arthrose, d’ostéoporose,j’étais aide soignante, je me suis bousillée le dos à l’hôpital et c’est ma médecin qui m’a dit d’aller en cure il y a 7ans ,et je remercie le médecin de cure

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