Cure thermale rhumatologie : comment savoir si elle est faite pour vos rhumatismes (indications, contre-indications, quand consulter)

Par Marie Girardot / Publié le 8 septembre 2026 à 09h00

Séance de mobilisation en piscine lors d'une cure thermale en rhumatologie

Séance de mobilisation en piscine lors d’une cure thermale en rhumatologie © AdobeStock

Arthrose, mal de dos, tendinite chronique… La cure thermale peut être proposée dans de nombreuses affections rhumatologiques, mais elle ne convient pas à toutes les situations. Quelles sont les indications d’une cure thermale en rhumatologie, et comment savoir si elle est adaptée à vos douleurs ? On fait le point avant d’en parler avec votre médecin. 

La rhumatologie fait partie des 12 orientations thérapeutiques prises en charge dans le cadre d’une cure thermale conventionnée. Pendant trois semaines, les soins thermaux associent bains, douches, applications de boue thermale, massages et séances de mobilisation en piscine, selon la prescription du médecin thermal et les équipements de l’établissement. La cure thermale en rhumatologie s’inscrit dans une prise en charge globale et ne remplace pas le suivi médical habituel. Son intérêt dépend notamment de la nature des troubles, de leur évolution et de l’état de santé général.

Alors, pour quelles pathologies et pour qui la cure en rhumatologie est-elle recommandée ? Quelles sont les éventuelles contre-indications médicales ? Et quand est-il préférable de demander l’avis de son rhumatologue avant de partir ? Voici les éléments à connaître pour savoir si cette cure peut vous convenir.

Quelles sont les indications de la cure thermale en rhumatologie ?

La cure en rhumatologie s’adresse principalement aux personnes souffrant de troubles chroniques ou persistants de l’appareil locomoteur. Elle peut être envisagée lorsque les douleurs, les raideurs ou les limitations fonctionnelles s’installent dans le temps, en complément des traitements et du suivi habituels.

Arthrose

L’arthrose est l’une des principales indications de la cure thermale en rhumatologie. Cette maladie articulaire chronique se caractérise par une dégradation progressive du cartilage et des autres structures de l’articulation. Elle peut entraîner des douleurs, des raideurs et une diminution de la mobilité, avec une gêne plus ou moins importante au quotidien.

La cure thermale en rhumatologie peut être proposée pour les différentes localisations de l’arthrose, notamment :

  • la gonarthrose, qui touche le genou ;
  • la lombarthrose, située au niveau des vertèbres lombaires, dans le bas du dos ;
  • la cervicarthrose, qui concerne les vertèbres cervicales, au niveau du cou ;
  • la coxarthrose, qui touche l’articulation de la hanche ;
  • la rhizarthrose, localisée à la base du pouce.

🧑‍⚕️ L’étude THERMARTHROSE [1], soutenue par l’AFRETh (Association française pour la recherche thermale), a mis en évidence l’efficacité de la cure thermale pour l’arthrose du genou. À 6 mois, les patients ayant suivi une cure thermale en complément de leur traitement habituel et d’exercices à domicile présentaient une amélioration significativement plus importante de la douleur et des capacités fonctionnelles que le groupe témoin. Ces bénéfices restaient observés plusieurs mois après la cure.

Maux de dos chroniques

Les maux de dos chroniques font également partie des indications fréquentes de la cure thermale en rhumatologie. Selon leur localisation, on distingue plusieurs types de douleurs  :

  • la lombalgie, située dans le bas du dos, au niveau des vertèbres lombaires ;
  • la dorsalgie, qui concerne la partie médiane du dos, au niveau des vertèbres dorsales ;
  • la cervicalgie, localisée au niveau du cou et des vertèbres cervicales.

Une cure en rhumatologie peut aussi être envisagée dans certaines pathologies de la colonne vertébrale, comme la discopathie (dégénérescence d’un ou plusieurs disques intervertébraux) ou la scoliose (déformation permanente de la colonne vertébrale associant une courbure et une rotation des vertèbres).

Dans ces différentes situations, la cure thermale contribue à soulager les douleurs, à favoriser la détente musculaire et à entretenir la mobilité, en complément du suivi et des traitements habituels.

Tendinopathies

Les tendinopathies chroniques peuvent également faire partie des indications d’une cure thermale en rhumatologie. Elles regroupent différentes atteintes des tendons susceptibles d’entraîner des douleurs persistantes et une gêne lors des mouvements.

Parmi elles, on retrouve notamment :

  • La ténosynovite, qui correspond à une inflammation du tendon et de la gaine synoviale qui l’entoure. Elle peut toucher différentes zones tendineuses, notamment au niveau de l’épaule, de la main ou du pied.
  • Les tendinites chroniques, qui se traduisent par des douleurs persistantes au niveau d’un tendon, généralement accentuées lors des mouvements ou des efforts qui le sollicitent.

La cure thermale peut être envisagée lorsque ces troubles s’installent dans la durée, en complément de la prise en charge habituelle, afin notamment de contribuer au soulagement des douleurs et à l’amélioration des capacités fonctionnelles.

🧑‍⚕️ L’étude ROTATHERM [2], soutenue par l’AFRETh, a évalué l’intérêt d’une cure thermale chez des patients souffrant de douleurs chroniques de l’épaule, notamment liées à des atteintes de la coiffe des rotateurs. À 6 mois, les patients ayant suivi la cure présentaient une amélioration significative de la douleur, de la fonction de l’épaule et de la qualité de vie par rapport au groupe témoin.

Séquelles de traumatismes et d’interventions chirurgicales

Après un traumatisme ostéo-articulaire ou une opération, certaines douleurs, raideurs ou limitations de mouvement peuvent persister malgré la consolidation et la rééducation. Une cure thermale en rhumatologie peut alors être envisagée en complément de la prise en charge habituelle, une fois la phase aiguë passée.

Elle peut notamment concerner :

  • les séquelles de fractures d’entorses ou de luxation ;
  • les suites d’une chirurgie articulaire (opération du dos, ménisque, pose d’une prothèse articulaire…) ;
  • plus largement, les suites d’une intervention chirurgicale sur un membre ou la colonne vertébrale, lorsqu’une gêne fonctionnelle persiste.

Rhumatismes inflammatoires stabilisés

La cure thermale en rhumatologie peut également être envisagée pour certains rhumatismes inflammatoires chroniques, à condition que la maladie soit stabilisée et que l’inflammation soit contrôlée par le traitement.

Parmi les principales pathologies concernées figurent :

  • la polyarthrite rhumatoïde, une maladie inflammatoire chronique et auto-immune qui touche les articulations et évolue généralement par poussées ;
  • la spondylarthrite ankylosante, un rhumatisme inflammatoire chronique qui atteint principalement la colonne vertébrale et les articulations du bassin, avec notamment des douleurs et des raideurs ;
  • le rhumatisme psoriasique, une maladie inflammatoire articulaire associée au psoriasis qui peut provoquer des douleurs, des raideurs et des gonflements articulaires, parfois plusieurs années après l’apparition des lésions cutanées.

Autres indications de la cure thermale en rhumatologie

Au-delà des pathologies précédemment citées, la cure thermale en rhumatologie peut également être proposée dans d’autres situations, en fonction des symptômes, de leur ancienneté et de l’avis du médecin, notamment :

  • la cruralgie, une douleur liée à l’irritation ou à la compression du nerf crural, qui peut partir du bas du dos et irradier vers l’avant de la cuisse ;
  • la fibromyalgie, une affection chronique caractérisée notamment par des douleurs diffuses et persistantes, souvent associées à une fatigue importante et à des troubles du sommeil ;
  • l’ostéoporose, une maladie du squelette qui fragilise les os et augmente le risque de fracture. Elle touche particulièrement les femmes après la ménopause et devient plus fréquente avec l’âge ;
  • les troubles musculosquelettiques (TMS), qui regroupent différentes atteintes touchant les muscles, les tendons, les nerfs ou les articulations, souvent favorisées par des gestes répétitifs, des efforts ou certaines postures.

Dans tous les cas, l’indication d’une cure thermale doit être appréciée au regard de la situation individuelle et des traitements déjà mis en place.

👉 Pour en savoir plus sur le déroulement de la cure, les pathologies prises en charge, les soins proposés et les établissements spécialisés, consultez notre page dédiée à la cure thermale en rhumatologie.

Cure thermale en rhumatologie : quelles contre-indications ?

Même lorsqu’elle est indiquée pour une pathologie rhumatologique, une cure thermale ne peut pas toujours être réalisée. Certaines situations médicales peuvent en effet nécessiter de reporter ou d’éviter le séjour thermal [3,4].

Parmi les principales contre-indications figurent :

  • une poussée inflammatoire en cours ;
  • certaines pathologies cardiovasculaires ou respiratoires incompatibles avec la balnéation ;
  • une allergie à certains minéraux présents dans l’eau thermale, notamment au soufre ;
  • une maladie infectieuse ou contagieuse, comme la tuberculose ou le Covid-19 ;
  • une déficience immunitaire, liée à une maladie, une biothérapie ou un traitement immunomodulateur ou immunosuppresseur ;
  • un cancer en phase évolutive ;
  • un handicap moteur ne permettant pas de suivre la cure en autonomie, notamment pour les déplacements dans l’établissement, l’habillage ou la participation aux soins, sauf si un accompagnant est présent en permanence ;
  • une incontinence urinaire ou fécale, qui ne permet pas l’accès aux espaces de soins collectifs.

La grossesse nécessite également un avis médical avant d’envisager une cure en rhumatologie, certains soins thermaux ou certaines situations pouvant être déconseillés pendant cette période.

Quand consulter son rhumatologue avant de partir en cure ?

Une cure thermale conventionnée nécessite une prescription médicale, mais l’avis du rhumatologue peut être aussi particulièrement utile pour vérifier que la maladie est suffisamment stabilisée ou que le moment est bien choisi pour partir.

Il est notamment recommandé de lui demander conseil :

  • si le diagnostic est récent ou si l’origine des douleurs n’est pas encore clairement établie ;
  • en cas de rhumatisme inflammatoire chronique, afin de s’assurer que la maladie est stabilisée et qu’aucune poussée n’est en cours ;
  • si les douleurs se sont récemment aggravées, ont changé de caractère ou s’accompagnent de nouveaux symptômes ;
  • après un traumatisme ou une intervention chirurgicale récente, pour vérifier que la récupération est suffisamment avancée pour envisager les soins thermaux ;
  • en présence d’autres problèmes de santé susceptibles d’influencer le déroulement de la cure ;
  • en cas de modification récente du traitement, notamment lorsqu’il agit sur le système immunitaire.

Le rhumatologue pourra alors apprécier l’intérêt de la cure au regard de la pathologie, de son évolution et des traitements en cours. Il pourra également conseiller le moment le plus adapté pour partir et, si nécessaire, orienter vers un établissement thermal correspondant à la situation du patient.

Où faire une cure thermale en rhumatologie ?

De nombreux établissements thermaux français possèdent l’agrément pour l’orientation rhumatologie. Une fois l’indication posée avec votre médecin, le choix de la station peut notamment dépendre de sa localisation, des soins proposés et des possibilités d’hébergement sur place.

Voici une liste non exhaustive de centres thermaux agréés en rhumatologie :

TROUVEZ VOTRE CENTRE EN RHUMATOLOGIE

Sources

  1. Étude THERMARTHROSE: Forestier R, Desfour H, Tessier JM, Françon A, Foote AM, Genty C, Rolland C, Roques CF, Bosson JL. Spa therapy in the treatment of knee osteoarthritis: a large randomised multicentre trial. Ann Rheum Dis. 2010 Apr; 69(4):660-5. doi: 10.1136/ard.2009.113209. Epub 2009 Sep 3. PMID: 19,734,131; PMCID: PMC2927613.
  2. Étude ROTATHERM : Chary-Valckenaere I, Loeuille D, Jay N, Kohler F, Tamisier JN, Roques CF, Boulange M, Gay G. Spa therapy together with supervised self-mobilisation improves pain, function and quality of life in patients with chronic shoulder pain: a single-blind randomised controlled trial. Int J Biometeorol. 2018 Jun; 62(6):1003-1014. doi: 10.1007/s00484-018-1502-x. Epub 2018 Feb 3. PMID : 29 397 432 ; PMCID : PMC5966495.
  3. La prescription d’une cure thermale, Vidal, consulté le 24 août 2026.
  4. Guide des bonnes pratiques thermales, Société française d’hydrologie et de climatologie médicales, 2004.
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