Centre thermoludique de Barèges : passage de l’eau de source à l’eau thermale

Le centre thermoludique Cieléo de Barèges utilise désormais l’eau thermale de la station pour alimenter ses bassins. Entretien avec Christophe Fabre, directeur des Thermes de Barèges.
Véritable tendance observée dans les stations thermales depuis une dizaine d’années, le thermoludisme permet aux établissements thermaux de donner une image plus attractive et de proposer davantage de soins récréatifs aux curistes, mais aussi aux locaux ou aux touristes.
Le curiste ou le client bénéficie de toutes les infrastructures liées au bien-être : piscine en eau thermale, couloir de jets massants, jacuzzi, hammam ou encore sauna. Dans la plupart des cas, les centres thermoludiques se dotent également d’espaces fitness et musculation et de spas thermaux équipés de cabines de soins esthétiques.
Des réglementations complexes pour les centres thermoludiques
Selon l’AFTH (Association Française des Techniques hydrothermales), les centres thermoludiques ont un caractère hybride, car ils doivent respecter certains textes législatifs relevant des piscines publiques et d’autres faisant référence aux eaux minérales. Pour certaines stations, et selon les directives des autorités locales, il est nécessaire de diminuer certains paramètres physico-chimiques de l’eau thermale (fer, arsenic, fluor, sulfate) et par conséquent, de faire face à des surcoûts d’installation et d’exploitation.
Comme le souligne Christophe Fabre, directeur des Thermes de Barèges : « Le seul frein à la mise en eau thermale d’un centre thermoludique est sa composition physico-chimique liée aux autorisations de l’ARS (Agence Régionale de Santé). Tout établissement thermal qui a la capacité de remplir son centre thermoludique a tout intérêt à utiliser son eau thermale ».
Mise en eau thermale du centre thermoludique de Barèges : quel parcours ?
Située à 1250 mètres d’altitude dans les Hautes-Pyrénées, Barèges est la plus haute station thermale de France. Ses eaux sulfurées, sodiques, alcalines et très riches en silice sont réputées pour traiter les affections liées à la Rhumatologie et aux Voies respiratoires.
« Lorsque le centre thermoludique a été construit il y a une quinzaine d’années, l’ARS avait refusé sa mise en eau thermale compte tenu des règlementations en vigueur liées à l’arsenic », précise Christophe Fabre.
Puis en 2022, lors d’une réunion organisée par la sous-préfecture pour discuter des moyens de réaliser des économies d’énergie, Christophe Fabre a déclaré au sous-préfet qu’il avait très probablement la solution : remplir le centre thermoludique de Barèges avec de l’eau thermale jaillissant naturellement à 42,5 °C au lieu de l’alimenter avec une eau de source à 5 °C qui doit ensuite être chauffée jusqu’à 35 °C.
Après des recherches et l’élaboration d’un nouveau dossier EQRS (Évaluation Quantitative des Risques Sanitaires) déposé auprès de l’ARS, les Thermes de Barèges ont obtenu leur autorisation. « D’autres publications scientifiques sur l’arsenic ont, entre temps, constitué de nouvelles références. C’est l’évolution des études scientifiques qui a permis à l’ARS, au vu de la nouvelle EQRS de 2024, de valider l’utilisation de l’eau thermale au sein du centre thermoludique », commente le directeur.
Peu de travaux et de multiples avantages
Aucun gros travaux n’ont été nécessaires, car le projet thermoludique Cieléo était prévu initialement pour être alimenté en eau thermale. Seules des modifications minimes ont été effectuées au niveau des tuyauteries pour que le réseau d’eau thermale soit bien indépendant de celui de l’eau de source.
Les avantages sont multiples pour le complexe thermoludique. « Nous faisons découvrir aux clients qui ne sont pas des curistes les bienfaits de l’eau thermale et nous ne réchauffons plus l’eau alimentant les bassins, un volume représentant pas moins de 140 m3 », conclut Christophe Fabre.
Sources :
- Entretien avec Christophe Fabre, le 6 mars 2025
- Problématique de l’alimentation en eau minérale naturelle d’un Centre Thermoludique, AFTH, consulté le 11 mars 2025













