Plombières-les-Bains : un projet de relance du thermalisme sous le signe du bien-être

Façade des Thermes Napoléon, au cœur du projet de relance de la station de Plombières-les-Bains (Vosges).
Fin 2025, la municipalité de Plombières-les-Bains a obtenu une enveloppe gouvernementale de 7 millions d’euros sur trois années pour accompagner sa mutation. Le 13 juin, lors d’une conférence de presse réunissant le préfet des Vosges, le député Christophe Naegelen et la maire Lydie Barbaux, les grandes orientations pour l’avenir de la station ont été présentées. En toile de fond : la nécessité de repenser en profondeur le modèle thermal.
La cité thermale de Plombières-les-Bains entrevoit peu à peu la lumière… Ce samedi 13 juin, les différents élus ont présenté les priorités : sécurisation des bâtiments détériorés, relance de l’attractivité culturelle et réflexion sur le thermalisme. Dans un premier temps, les 7 millions d’euros émanant d’un Contrat de développement territorial attribué par le Premier ministre Sébastien Lecornu, et obtenus grâce à l’intervention du député Christophe Naegelen (groupe parlementaire LIOT) seront fléchés vers le bâti qui se dégrade. Cela concerne notamment l’église, un bâtiment sur la place Napoléon et la voûte souterraine qui entoure la rivière. Des actions de sauvegarde, de sécurisation et de restauration sont nécessaires. Toute une réflexion est également menée pour accompagner la mutation de la ville vosgienne de 1 600 habitants. Une certitude s’impose : le thermalisme d’hier ne sera pas celui de demain à Plombières-les-Bains.
Réinventer le thermalisme à Plombières-lès-Bains
« Le thermalisme fait partie du repositionnement de la station. Mais, comme nous souhaitons un redémarrage économique le plus rapide possible, nous travaillerons dans un premier temps autour du bien-être, et seulement dans un second temps sur le thermalisme médical. Économiquement c’est ce qui sera plus rentable pour la commune puisque la population concernée dépensera davantage sur le territoire. Nous devons retrouver une spirale économique ascendante et cela passera par cette clientèle pour le moment. J’ai des témoignages de curistes à qui les eaux de Plombières manquent. Mais, pour une cure conventionnée de trois semaines, ce ne sera pas pour tout de suite. En revanche, ils pourront venir prendre les eaux à Plombières d’une autre façon », explique Lydie Barbaux. Avant de préciser : « On ne reverra jamais Plombières telle qu’on l’a connue avant. Il ne faut pas être dans la nostalgie. »
Les Thermes Napoléon au cœur du futur projet
Dans cette optique, il a été décidé que les activités de bien-être en eau thermale se concentreront dans les bâtiments des Thermes Napoléon, fermés depuis 2024, et regroupant un établissement thermal, un hôtel et un restaurant.
Plusieurs raisons justifient ce choix : d’une part, les bâtiments du centre balnéo-romain Calodae, en inactivité depuis 2020, sont dans un état de dégradation très avancé et d’autre part, les derniers travaux acheminent toutes les conduites d’eau thermale vers les Thermes Napoléon.
« Nous avons compris avec notre étude que depuis 20 à 25 ans, l’opérateur avait programmé la fermeture de Calodae. Tous les bâtiments entraînaient un coût d’exploitation assez conséquent. Ceci explique pourquoi l’eau arrive aux Thermes Napoléon », précise la maire de la « Ville aux mille balcons ».
Pour la seconde vie de Calodae, les pistes de réflexion sont nombreuses. Pour le moment, il n’est pas certain que l’avenir du site soit synonyme d’activité thermale. Plusieurs projets peuvent voir le jour : un musée, un centre d’interprétation d’art et d’histoire, une résidence touristique ou encore une résidence d’artistes.
Une offre à adapter aux nouvelles attentes des curistes
Une étude menée par le cabinet In Extenso a confirmé les atouts et contraintes de la station.
Plombières dispose d’une eau très chaude (jusqu’à 85 °C), mais en quantité limitée. Selon les usages, cela permet d’accueillir environ 383 curistes en médical, 850 clients en bien-être ou jusqu’à 3 500 visiteurs dans le cadre d’activités ludiques. L’enjeu est donc de trouver un modèle équilibré.
En parallèle, l’étude met en évidence un bassin de clientèle principalement issu du Grand Est, habitué aux offres de thermalisme et de bien-être, ainsi qu’une clientèle de passage en provenance du nord de la France et du Benelux, via la RN57. Ces publics sont réceptifs à une offre de bien-être globale.
Avec ces éléments, la municipalité a pu élaborer son repositionnement, intégrant non seulement le thermalisme, mais aussi le patrimoine, l’histoire et les activités sportives ou de détente dans une nature préservée. Cette évolution est en phase avec un contexte économique particulier : fréquentation du thermalisme médical en baisse depuis la pandémie de COVID-19 et transformation des attentes des curistes, désormais plus jeunes et en quête de formats plus flexibles.
Prochaines étapes avant la réouverture des Thermes Napoléon
Le calendrier de réhabilitation des Thermes Napoléon reste encore inconnu. Le projet dépendra du déroulement de la vente des bâtiments et la capacité à mobiliser un opérateur pour réaliser un certain nombre de travaux. « Même si les bâtiments sont dans un bon état, nous devons transformer un établissement de thermalisme médical en établissement bien-être avec des espaces extérieurs, des piscines et des équipements liés au bien-être », souligne Madame Barbaux.
En effet, les bâtiments appartiennent toujours au groupe AVEC.
Actuellement, une étude menée par l’Établissement Public Foncier du Grand Est doit permettre de dresser un diagnostic sanitaire des infrastructures. En septembre, les conclusions de cette évaluation permettront à la municipalité de faire une proposition d’achat.
« Une réouverture d’ici 4-5 ans est envisageable, mais c’est encore difficile à déterminer parce que nous allons passer par la procédure d’acquisition. Est-ce que le propriétaire va être conciliant ou est-ce qu’il va falloir lancer des procédures d’expropriation ? On peut en arriver là, mais je ne pense pas. Ils nous demandent régulièrement si nous sommes en mesure de formuler notre proposition d’achat. Aujourd’hui, ils se sont désengagés complètement des bâtiments et ils nous demandent de sécuriser le périmètre. C’est la commune qui a les clés en quelque sorte ! Je pense qu’on trouvera une solution. Cela étant, il faut avoir un projet avec un opérateur privé, la réussite ne reposera pas seulement sur les acteurs publics », conclut la maire de Plombières-les-Bains.
Sources :
- Entretien avec Lydie Barbaux, le 15 juin 2026
- « Il faut se réinventer » : l’enveloppe de 7 millions d’euros ouvre le champ des possibles à Plombières-les-Bains, Vosges Matin, le 13 juin 2026














2 commentaires
La station thermale de Plombières les bains me manque beaucoup. Je recherche une autre station comparable, qui fasse donc ces deux orientations, rhumatisme et syndrome de l’intestin irritable. Je compte sur vous pour me dénicher cette station.
Il y a Châtel Guyon mais j’aurais aimé une plus petite station. Merci d’avance
7 ans de cure que du benefice pour mes intestins en espérant pouvoir revenir…!!!