Personnalité thermale du mois : Lydie Barbaux, maire de Plombières-les-Bains

Chaque mois, une personnalité du monde thermal, médical, politique, sportif ou culturel, nous raconte son lien avec le thermalisme. En mai, c’est Lydie Barbaux, maire de la station thermale de Plombières-les-Bains qui se livre au jeu des questions-réponses.
Lydie Barbaux, native de Plombières-les-Bains et maire de la ville thermale depuis 2020, partage avec nous son combat pour sa communauté. Son objectif est de faire revivre le thermalisme dans cette commune vosgienne, surnommée la « Ville aux mille balcons », qui rencontre des difficultés depuis 2020.
L’Officiel du Thermalisme : Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?
Lydia Barbaux : Je suis maire de Plombières-les-Bains depuis cinq ans. J’ai grandi à Plombières puis après avoir quitté la ville pour mes études, j’ai choisi d’y revenir en 2004 pour vivre ma vie d’adulte et pour y faire grandir mes enfants. J’ai commencé ma carrière professionnelle dans le monde de la communication et j’ai travaillé en agence pendant une dizaine d’années. Ensuite, j’ai été professeure des écoles pendant 15 ans. Pour l’instant, je suis en disponibilité totale afin de m’occuper de ma communauté.
Que représente pour vous le thermalisme et comment est-il entré dans votre vie ?
Alors, c’est moi qui suis entrée dans la vie du thermalisme de Plombières ! Je suis née dans une ville thermale et j’ai grandi dans une ville thermale. Pour moi, le thermalisme fait partie de mon quotidien et de l’ADN de ma communauté.
Aujourd’hui, le thermalisme représente aussi un combat puisque depuis que je suis maire, Plombières rencontre des difficultés sur ce point. Après le Covid-19, notre opérateur thermal n’a pas retrouvé une activité digne de son nom et aujourd’hui, il n’y a plus du tout d’activité thermale à Plombières. Pour moi, c’est un combat du quotidien de retrouver un positionnement thermal pour la vie de la communauté.
Pouvez-vous nous rappeler brièvement l’historique des évènements ?
Le groupe AVEC a racheté la station thermale en 2012 et depuis cette date l’activité a diminué tranquillement. Depuis 2020, c’est le spa thermal Calodaé, accueillant jusqu’à 35 000 personnes par an, qui a fermé.
Entre 2021 et 2024, les thermes Napoléon, agréés pour les orientations Rhumatologie et Affections de l’appareil digestif et troubles du métabolisme, ont fonctionné par périodes puis en décembre 2024, l’activité thermale s’est arrêtée.
En quoi consiste l’étude de repositionnement de la station que vous réalisez actuellement ?
Il faut imaginer le projet thermal de demain en prenant bien en compte le positionnement stratégique qu’il faut avoir. Nous devons considérer les attentes des curistes et des clients par rapport à leur santé et à leur bien-être. Nous devons aussi réfléchir à l’utilisation optimale de l’eau chaude qui sort à plus de 70 degrés, voire 85 degrés.
Je ne veux pas que l’on parte d’une page blanche, car il y a énormément d’atouts dans la commune, mais nous devons nous réinterroger vraiment sur ce qui fonctionnera demain. À la fin de cette étude que nous avons mandatée, il faut que nous sachions où on va, avec qui on y va, et comment on y va et que ce soit économiquement viable. Il faut se poser les bonnes questions et calibrer les choses de la bonne manière.
C’est l’Agence nationale de la cohésion des territoires qui finance cette étude, parce que nous avons la chance d’être dans le dispositif « Petite Ville de Demain ». Dans ce cadre, l’ingénierie est prise en charge par l’État. Le Nouveau Conseil aux Territoires (NCT) a mandaté deux agences pour travailler sur cette étude et nous pensons obtenir les premières conclusions avant les vacances de Noël.
Cette étude est suivie par tous les partenaires c’est-à-dire la commune, le département, la Région, l’État et la Banque des territoires. Le comité de pilotage va se réunir régulièrement pour faire le point sur l’avancée des travaux. Et parallèlement à cela, il y a un comité technique, avec des techniciens de chaque structure, pour vérifier qu’on avance dans le bon sens, pour recalibrer et puis réorienter certains points si besoin.
Et au niveau de l’exploitation des Thermes, avez-vous déjà une idée de l’organisation à venir ?
Alors, je pense que l’exploitation va dépendre du projet global, de son objectif et de son dimensionnement. Peut-être que ce projet pourrait intéresser aussi des étrangers. Nous avons eu des contacts avec l’Allemagne et nous pouvons aussi avoir des contacts avec l’Italie. Nous sommes jumelés avec une ville italienne, il est donc possible de nouer des contacts de ce côté-là.
Souhaitez-vous adresser un message aux curistes qui nous lisent ?
Les curistes de Plombières nous manquent déjà ! Je sais que les soins et les bienfaits apportés par les eaux thermales de Plombières vont leur manquer. J’ai reçu de nombreux courriers, provenant notamment de personnes qui étaient suivies pour la maladie de Crohn.
Je tiens à rassurer les curistes : nous n’allons pas faire une croix sur la partie médicale parce que je pense que les bénéfices pour les curistes sont incommensurables. Ils nous disent d’ailleurs que les bienfaits ressentis ici sont beaucoup plus longs que dans d’autres stations. Je tiens donc à leur dire que nous ne les oublions pas et que nous travaillons pour qu’ils puissent revenir dans cette station le plus vite possible.
Source : entretien exclusif avec Lydie Barbaux, le 22 avril 2025













