« Je veux donner une parole vraie sur l’obésité » : Hélia Hakimi-Prévot pour son livre « La vérité sur l’obésité »

Dans 23 juillet 2022

La vérité sur l'obésité

Un Français sur deux souffre de surpoids / © AdobeStock

Au mois de juin 2022, Hélia Hakimi-Prévot a publié son nouveau livre « La vérité sur l’obésité » aux Éditions Robert Laffont. Grâce à un long travail d’enquête, la journaliste revient sur les idées reçues qui planent autour de cette maladie chronique. Elle nous raconte.

Aujourd’hui, près d’un Français sur deux est en surpoids, et parmi eux 17 % souffrent d’obésité. Un nombre qui risque d’évoluer rapidement si l’accent n’est pas davantage mis sur la prévention, comme l’explique Hélia Hakimi-Prévot, autrice du livre « La vérité sur l’obésité ». Pour elle, il est nécessaire de déconstruire les idées reçues vis-à-vis de cette maladie chronique, aujourd’hui reconnue par l’Organisation mondiale de la Santé, mais encore difficilement prise en charge. Nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus.

Pourquoi avoir choisi de rétablir la vérité sur l’obésité ?

Depuis 25 ans, l’OMS reconnait l’obésité comme une maladie chronique, mais peu de personnes le savent. Même des médecins, finalement, ne sont pas au courant et ont beaucoup d’idées reçues. Ils résument le problème de l’obésité à un manque d’activité physique, à une gloutonnerie, à un laisser-aller, à de la paresse ou encore à un manque de volonté.

Or, aujourd’hui, les études cliniques génétiques l’ont montré : l’obésité commune est liée à des facteurs et à des gènes de prédisposition à la maladie. L’obésité ne survient qu’en associant cette prédisposition génétique à un environnement que l’on dit « obésogène », c’est-à-dire favorable à l’obésité.

La deuxième idée reçue serait que l’on peut faire maigrir tout le monde, mais ce n’est pas vrai. L’obésité est une maladie du tissu adipeux, celui qui contient nos cellules graisseuses. Les cellules des personnes obèses deviennent hypertrophiques. Elles atteignent une taille critique et deviennent trop grosses. Elles sont entourées de cellules inflammatoires et de fibrose. Cette inflammation fait que leurs cellules ne peuvent plus accomplir leur mission première : stocker les lipides ingérés par l’alimentation et les libérer quand on en a besoin. De nouvelles cellules graisseuses vont se créer alors, et ce ad vitam æternam.

C’est pour cela que les médecins doivent dire la vérité aux personnes obèses en leur disant : « Chez vous, l’objectif à présent est de maintenir votre poids et c’est déjà très bien. »

À quels experts et spécialistes avez-vous fait appel pour la rédaction de votre livre ?

J’ai fait appel à des médecins et des chercheurs. Il y en a une trentaine parmi des :

  • endocrinologues ;
  • psychiatres ;
  • médecins internistes ;
  • nutritionnistes ;
  • tabacologues ;
  • chirurgiens de l’obésité ;
  • généticiens.

La parole a aussi été donnée à des patients parce que c’est important de les faire parler.

Comment votre livre se différencie-t-il de ce qu’on peut déjà lire sur le surpoids ou la perte de poids ?

Mon livre se positionne différemment parce que, d’une part, il explique que l’obésité n’est pas réduite à un problème de poids. Mais non, l’obésité est une maladie. Il faut prendre le problème autrement.

Ce que j’explique dans mon livre et que l’on n’explique pas forcément ailleurs, c’est qu’il faut régler la ou les cause(s) originelle(s) de cette prise de poids. Il ne faut pas chercher à régler le poids d’abord. La cause peut, par exemple, être psychique.

Aussi, dans beaucoup de livres, on lit : « Vous êtes obèse et on va vous aider à perdre du poids ». L’idée, à travers mon livre « La vérité sur l’obésité », est d’aider les lecteurs à comprendre pourquoi ils ont pris du poids et de les mener vers une prise en charge individualisée et personnalisée.

Prise en charge obésité

Votre livre a aussi une visée préventive sur la question de l’obésité. Qu’est-ce que vous pensez de la prévention faite en France par rapport à cette pathologie ?

Aujourd’hui, en France, notre système de soin est surtout axé sur le curatif. Concernant la prévention sur l’obésité, on n’en est qu’à ses balbutiements. On ne traite les patients que dès lors qu’ils sont devenus gros. Il faudrait que la prévention soit faite à l’école, chez les enfants. Il faudrait, par exemple, qu’il y ait des ateliers culinaires ou des modules pour expliquer aux élèves comment manger de façon variée et équilibrée.

L’obésité est-elle une fatalité pour les personnes qui en souffrent ?

L’obésité est une maladie chronique qui entraine potentiellement dix-neuf maladies associées : métaboliques, cardiovasculaires, articulaires, etc. Mais ce n’est pas une fatalité. L’obésité se soigne de façon personnalisée et pluridisciplinaire. On peut toujours aider un patient atteint d’obésité à mieux vivre dans son corps et à diminuer les maladies associées à l’obésité.

Comment le thermalisme peut-il s’inscrire dans la prise en charge d’une personne obèse ?

Ce qui est intéressant avec le thermalisme, c’est qu’il s’agit de cures où on est complètement axé sur soi et sur sa santé pendant 18 jours.

Dans le détail, dans une cure thermale pour traiter l’obésité, il existe des thermes qui combinent :

  • soins thermaux;
  • remise en activité physique personnalisée ;
  • cure de boisson;
  • ateliers cuisine et santé individualisés.

La combinaison des soins thermaux, de la remise en activité physique et des changements d’habitude de vie vont aider le patient à adopter un nouveau mode de vie et à devenir autonome une fois de retour chez lui.

De plus, l’eau thermale facilite l’amaigrissement, car les soins diminuent les effets du stress. L’eau thermale contient notamment une forte teneur en soufre anti-inflammatoire. Il y a aussi des soins qui alternent entre le chaud et le froid en exerçant un effet circulatoire, notamment vasodilatateur.

L’expérience montre que les personnes souffrant de surpoids et qui suivent une cure thermale chaque année arrivent à stabiliser leur poids sur le long terme. Ce qui n’est pas négligeable.

Ce qui est très intéressant aussi, c’est que les patients voient d’autres personnes qui sont en situation d’obésité, parfois même extrême. Ils se sentent moins seuls, s’échangent des astuces entre eux et assistent à des groupes de parole.

La vérité sur l'obésité Hélia Hakimi-Prévot

Pour vous procurer le livre « La vérité sur l’obésité » d’Hélia Hakimi-Prévot, cliquez ici.

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