Le kinésithérapeute thermal, acteur majeur de votre rétablissement

Dans 9 septembre 2022

 

kiné

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Il vous accompagne tout au long de la cure, réalise certains soins, prodigue de précieux conseils. Focus sur le rôle fondamental du kinésithérapeute dans les centres et sur l’avenir de la profession, avec Marie-Catherine Tallot, présidente de la Société française de kinésithérapie thermale*.

L’Officiel du Thermalisme : Quelle est la place qu’occupent les masseurs-kinésithérapeutes dans la prise en charge des patients en centres thermaux ?

Marie-Catherine Tallot : Ils sont amenés à dispenser plusieurs types de soins, principalement lors des cures rhumatologie et des cures voies respiratoires : le massage sous l’eau, la kinésithérapie respiratoire, la mobilisation en bassin. L’intérêt des soins en milieu thermal est qu’ils combinent les bienfaits de la kinésithérapie classique à ceux apportés par les propriétés physiques et chimiques des eaux minérales naturelles. Par exemple, la possibilité de bouger dans l’eau libère du poids corporel, lève des contraintes et améliore de manière significative la récupération articulaire et musculaire. Les bénéfices d’un massage sont décuplés par les propriétés antalgiques, anti-inflammatoires ou tonifiantes pour la circulation veineuse de l’eau. Sa chaleur accentue l’effet relaxant pour les muscles. La kinésithérapie respiratoire s’appuie aussi sur des propriétés chimiques spécifiques des eaux thermales, qui permettent d’obtenir de très bons résultats pour libérer les bronches.

Existe-t-il une formation spécifique à la kinésithérapie thermale ?

Ce n’est pas le cas actuellement, dans le cursus de formation de 5 ans pour devenir masseur-kinésithérapeute, mais c’est une piste de réflexion intéressante pour l’avenir de la profession. D’autant plus que les kinésithérapeutes pourraient apporter beaucoup plus aux patients en centres thermaux, notamment en intégrant d’autres pratiques réalisées en cabinet de ville qui seraient utiles lors de certaines cures. C’est le cas notamment de la rééducation périnéale pour les incontinences urinaires ou des activités physiques bien encadrées pour se remuscler. Aujourd’hui, les patients consultent uniquement un médecin thermal en début de cure. Un bilan kiné serait aussi très intéressant, à l’arrivée comme au départ, pour proposer des soins vraiment personnalisés et pour suivre les progrès. Ce n’est pas une réforme prévue pour tout de suite mais nous œuvrons dans ce sens.

Le volet « prévention » fait aussi partie des prérogatives majeures des kinésithérapeutes thermaux…

Tout à fait ! Leur rôle est de soulager, soigner, éduquer et accompagner. La prévention est très importante, surtout pour des pathologies articulaires. Apprendre à éviter de se faire mal à nouveau, à mieux se tenir pour limiter les douleurs… Lors des séances de kinésithérapie respiratoire aussi, le soignant enseigne comment bien faire sa toilette bronchique, drainer, faire remonter les sécrétions, faire travailler le diaphragme… L’intérêt est justement que les patients prolongent au maximum les effets de la cure une fois celle-ci terminée. Il serait intéressant que les kinésithérapeutes s’impliquent dans la recherche, comme l’a fait la médecine thermale, pour démontrer que leur travail apporte un vrai plus et qu’une plus grande implication de leur part rendraient les cures thermales encore plus efficientes.

 

* Marie-Catherine Tallot est masseur-kinésithérapeute, présidente de l’association des Amis du thermalisme et de la Société française de kinésithérapie thermale, membre de la Société française de médecine thermale, du conseil de direction de l’Institut européen du thermalisme et de la commission « Stratégie et Planification » de la FEMTEC (World Federation of Hydrotherapy and Climatotherapy)


Source : Entretien avec Marie-Catherine Tallot, 08 septembre 2022

 

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