Témoignage. « Comment la cure m’aide à vivre avec la spondylarthrite ankylosante et la fibromyalgie »

Par Cécile Tardieu / Publié le 20 mai 2024 à 14h07

Témoignage de Lucie Bonnay

Lucie Bonnay, atteinte dès l’enfance d’une maladie orpheline pulmonaire, puis il y a quelques années, d’un double handicap, une spondylarthrite ankylosante et une fibromyalgie, témoigne ici de son rapport à la santé. Rencontre avec une battante qui a fait de la cure thermale, une alliée.  

Une longue pratique de la cure  

Lucie découvre la cure thermale, dès l’âge de 6 ans, pour soigner son asthme aux Thermes de la Bourboule, en Auvergne. Elle évoque ses souvenirs de séances de kiné respiratoire, d’inhalations, un traitement qui s’est avéré efficace pour prévenir les infections bronchiques. A l’époque, les enfants allaient seuls en cure se souvient-elle, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Puis, en 2018, elle s’oriente vers une cure en rhumatologie et voies respiratoires aux Thermes de Luchon, trois années de suite, puis aux Thermes de Bagnères-de-Bigorre. Depuis 2014, Lucie souffrait de fortes douleurs à la jambe droite. « Au repos, j’avais mal. Au point que je voulais me débarrasser de cette jambe, » avoue-t-elle.  

 Enfin, après sept années de mobilité réduite et de douleurs insupportables, un neurochirurgien accepte de l’opérer en 2021. Une nouvelle vie peut alors commencer.  Maintenant, Lucie arrive à marcher, « presque » sans douleurs. En complément de ses traitements, elle continue de s’offrir, chaque année, une cure thermale et explique que cela lui permet de réduire les opioïdes. Les trois semaines de répit lui font le plus grand bien et la requinquent pour l’année. 

JE REÇOIS LES ACTUS THERMALES

La cure thermale, des effets à long terme  

Pour Lucie, âgée de 46 ans, la cure est un moyen de faire une coupure avec son environnement quotidien, de prendre le temps de s’occuper de son corps et de son esprit. Les effets durent quelques mois. Pourtant, elle reconnaît que les trois semaines sont fatigantes et qu’elle dort beaucoup les premiers jours. « Rien n’est plus important que de prendre soin de soi. Cela fait partie d’une prévention. Votre corps vous dira merci plus tard. Je faisais partie de ces personnes hyperactives qui, à un moment donné, voient leur corps lâcher. Je n’ai pas eu d’autre choix que de m’arrêter. » explique-t-elle. « Dans mon cas, je suis en arrêt maladie, tous les ans, pour faire ma cure thermale et c’est très appréciable car utiliser trois semaines sur cinq semaines de congés annuels, ça ne serait clairement pas envisageable ».  

 De plus, elle évoque les groupes de paroles qui permettent l’acceptation de la maladie, se dire qu’on n’est pas seul, que d’autres sont passés par là et qu’on va pouvoir l’aider à trouver un rythme et des pratiques pour mieux vivre au quotidien et soulager la douleur. Pour cette curiste fidèle, la cure annuelle est une période incontournable dans son agenda. Mère d’un adolescent, elle s’organise aussi bien à la maison qu’au bureau pour profiter de la cure et mettre sa vie entre parenthèses, au profit de sa santé.  

Les vertus de la marche  

Ce qu’elle retient des Thermes de Bagnères-de-Bigorre, c’est la qualité de l’eau thermale et des soins, l’attention du personnel mais aussi le le club de marche et son animatrice Turia, « à connaître », dit-elle. La marche a pris de plus en plus une place essentielle pour Lucie qui, il y a seulement quelques années, avait besoin d’une canne pour se déplacer… Alors, une idée lui est venue ; et si elle se lançait dans un défi sportif de Toulouse à Carcassonne, soit 103 km, à la force de ses jambes. 

 « J’ai parlé de mon souhait de faire une grande marche à la présidente de l’association sur la fibromyalgie, l’AFSA (Association des Fibromyalgiques du Sud-Aquitaine), lors d’une conférence pour les curistes aux Thermes de Bagnères-de-Bigorre. Elle a été emballée par mon projet sportif et m’a proposé, avec une autre adhérente, de m’accompagner dans cette aventure. L’objectif était de rendre visible l’invisible « , explique-t-elle. « Grâce à cette marche, j’ai pu rencontrer des personnes qui sont venues à ma rencontre et sensibiliser sur la maladie alors que je me sentais invisible pendant toutes ces années. » Une marche qui sera médiatisée localement et qui lui donne envie de continuer. Elle lance d’ailleurs un appel à des bénévoles sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram : la grande marche de Lucie), pour l’accompagner dans cette nouvelle aventure, prévue en septembre. En attendant sa prochaine cure en octobre 2024. 

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Source :

  • Entretien exclusif avec Lucie Bonnay en avril 2024.
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