La santé mentale labellisée « Grande cause nationale 2025 » : quelle place pour le thermalisme ?

Pour 2025, la santé mentale sera la grande cause nationale. Que recouvre ce label « Grande cause nationale » ? Et surtout, comment la médecine thermale compte-t-elle s’inscrire dans cette démarche ? Éclairage.
Le 1er octobre, le Premier ministre Michel Barnier a réaffirmé auprès des parlementaires son ambition de faire de la santé mentale la Grande cause nationale de 2025. Délivré depuis les années 1970 par les pouvoirs publics, l’agrément « Grande cause nationale » a pour objectif de mettre en lumière un enjeu sociétal capital. Ainsi, en 2025, la santé mentale sera au centre des priorités publiques et médiatiques. Pour les professionnels de la santé mentale, cette initiative est une nécessité quand on sait que 13 millions de Français vivent avec un trouble psychiatrique.
Quelles actions concrètes seront menées ?
L’attribution du label Grande cause nationale 2025 lancera une vaste campagne de sensibilisation et de prévention. Les acteurs publics et privés travailleront ensemble pour améliorer la perception et la prise en charge de la santé mentale en France.
Des actions tout au long de l’année mobiliseront l’ensemble des partenaires pour faire évoluer l’ensemble de la société sur les sujets liés à la santé mentale. Il s’agira de réfléchir et de proposer des solutions sur des thématiques variées comme l’amélioration du parcours thérapeutique des patients, la pénurie de psychiatres, le mal-être psychologique grandissant chez les adolescents ou encore l’usage abusif de médicaments psychotropes.
« Nous sommes à un moment historique où la santé mentale est au premier plan. C’est une opportunité pour partager les avancées scientifiques de la médecine thermale comme les résultats récents des études LetGoTherm et InsulaTop », souligne Olivier Dubois, psychiatre et président du directoire des thermes de Saujon.
Quelle place pour le thermalisme ?
La santé mentale dépasse la simple prise en charge hospitalière et ambulatoire. Il est nécessaire de trouver des alternatives dont fait partie la médecine thermale.
Pour Olivier Dubois : « Nous allons continuer de nous exprimer auprès des pouvoirs publics, dont Monsieur Bellivier (délégué ministériel à la Santé mentale) et Monsieur Gouttebel (coordinateur interministériel en charge du thermalisme). Nous devons faire comprendre à nos politiques que le thermalisme s’inscrit dans la réflexion sur la prévention et la prise en charge des gens en difficultés psychologiques ».
En effet, la cure thermale de trois semaines en affections psychosomatiques est adaptée pour de nombreuses raisons : soins thermaux permettant le lâcher-prise, éloignement du quotidien avec une immersion dans un havre de paix, temps consacré à soi-même, expérimentation de techniques éprouvées comme la relaxation.
« Nous avons une méthode qui existe et qui doit être développée, car elle soigne (diminution de l’anxiété et des symptômes dépressifs, réduction de la consommation de médicaments) et elle permet la prévention en offrant un lieu de ressourcement, un lieu dans lequel les patients retrouvent du souffle », précise Olivier Dubois.
Prochaine étape : continuer à mobiliser les acteurs de la médecine thermale afin de convaincre les décideurs de l’intérêt des pratiques thermales pour la patientèle souffrant de troubles ou de pathologies mentales.
Sources :
- Santé mentale : cinq points à retenir sur la future « grande cause nationale », La Croix, le 23 septembre 2024
- Entretien exclusif avec Olivier Dubois, le 9 octobre 2024













