Témoignage. Marielle a fait des cures thermales son rituel post-cancer : « Cette médecine douce ressource après les traitements »

Par Élise Loiseau / Publié le 20 avril 2026 à 09h00

Témoignage de Marielle sur la cure thermale post-cancer. Crédit photo : Pauline Marroussia

Crédit photo : Pauline Marroussia

Marielle a découvert les bienfaits du thermalisme après son cancer du sein diagnostiqué en 2017. Sept cures plus tard, elle témoigne : ces moments de soin sont devenus essentiels à sa reconstruction.

Avant son cancer, Marielle travaillait pour des établissements publics de santé. Entre burn-out et bore-out, le contexte professionnel l’abîme et détériore sa santé, année après année. Puis vient le diagnostic, en 2017, qui bouleverse tout. Presque dix ans plus tard, Marielle a changé de vie : elle est devenue conseillère en image, numérologue et mannequin senior, une reconversion qui n’a rien d’un hasard. Après avoir affronté la maladie et ses traitements, elle a choisi de mettre son expérience au service des autres, notamment dans l’accompagnement à l’acceptation de son image.

Le thermalisme, une découverte grâce à la Maison Rose

C’est au sein de l’association Maison Rose, un lieu de ressources pour les personnes atteintes de cancer, que Marielle apprend à prendre soin d’elle. « On nous y accompagne, pendant et après la maladie. C’est un lieu où l’on peut faire des ateliers d’art-thérapie, ou encore être accompagnés dans la reprise du travail. »

C’est là, dans cet espace dédié au bien-être et à la reconstruction, que Marielle entend parler pour la première fois des cures thermales post-cancer. Une découverte qui va accompagner sa guérison et son rapport au corps.

Sept cures thermales post-cancer en sept ans

En 2018, Marielle effectue sa première cure au Centre Thermal Avène, où les soins reçus se concentrent sur la peau. « Le cancer laisse des cicatrices, les traitements affectent les tissus, on prend du poids, on en perd… Les soins permettent, par exemple, à la peau de regagner en souplesse. »

Cette première expérience la convainc immédiatement, et Marielle décide d’intégrer la cure thermale à sa vie post-cancer. Suivront ainsi Gréoux-les-Bains en 2019, Barbotan-les-Thermes en 2020, où elle retournera deux fois, Cambo-les-Bains en 2021 (également deux fois), puis Eugénie-les-Bains en 2025. Sept cures en tout, chacune apportant ses spécificités.

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Un temps pour soi… et pour le partage d’expérience

« J’ai aimé me retrouver en groupe avec des femmes qui avaient vécu les mêmes choses, dans des lieux chaque fois très beaux », confie Marielle. Ces rencontres sont précieuses : « On fait des rencontres qu’on ne ferait pas dans d’autres contextes. Parfois, on se retrouve à faire un soin à côté d’une personne, et cela crée une intimité. On ne se revoit pas forcément par la suite, mais on partage quelque chose d’intense. »

Mais bien que ces moments de partage soient précieux, Marielle privilégie la solitude pendant ses cures. « J’apprécie les moments de convivialité, mais ces trois semaines, je les conçois vraiment comme un temps pour moi. Je préfère y aller seule. J’ai pris l’habitude, après les soins, de partir faire de la randonnée. Désormais, ces moments de marche face à moi-même font pour moi partie intégrante de la cure. »

Une approche globale pour se reconstruire après le cancer

À l’occasion des cures suivantes, Marielle profite dans les centres d’une offre d’activités variées : yoga, Pilates, renforcement musculaire viennent compléter les soins thermaux. Ces activités ne sont pas anodines : elles aident à pallier les conséquences des traitements, comme les pertes d’équilibre. « Un cancer, c’est comme se prendre un train en pleine figure », résume-t-elle.

En cure, Marielle profite également d’un suivi individuel qui permet d’accompagner les curistes dans leur reconstruction globale grâce, entre autres, à la présence de diététiciennes ou de psychologues sur place.

Retrouver le plaisir du corps

L’eau relaxe, et les soins sont l’occasion de retrouver des sensations de douceur. Or, pendant ou après un cancer, reprendre du plaisir avec son corps, c’est nécessaire : « Cette médecine douce que constitue le thermalisme, après les traitements qui nous ont sauvé la vie mais qui nous ont aussi fait souffrir, cela fait du bien. Ça ressource : c’est vraiment ça, le mot. »

Parmi tous les soins, Marielle a ses favoris : « Mon préféré, je pense que ce sont les bains à bulles. Je sens que, immergé, mon corps récupère. Avoir accès à ces soins, je le prends comme une chance folle. » La nage lui est également d’une grande aide : « À Cambo-les-Bains, dans le magnifique parc thermal, il y a une piscine, et quand j’y suis, j’y nage tous les jours. »

Un rituel de beauté et de lenteur

« Ce que j’aime dans les cures thermales, c’est le côté rituel. J’aime changer de lieu, passer du temps dans des parcs thermaux sublimes. » Cette dimension esthétique n’est pas superficielle : elle participe pleinement à la reconstruction après la maladie.

C’est cet alliage de beauté, de douceur et de temps pour soi qui, après sept cures, a permis à Marielle de définitivement adopter un rythme nouveau et d’apprendre à s’écouter davantage : « Ces moments me permettent de savourer une certaine lenteur, d’oublier la productivité, les responsabilités du quotidien, et de prendre soin de moi. »

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Source : entretien exclusif avec Marielle, @Mariellecardeilhac sur Instagram, que nous remercions pour son témoignage.

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