Fatigue printanière : pourquoi vous êtes épuisé alors que tout repart (et 5 conseils pour retrouver de l’énergie)

Les jours rallongent, le soleil revient, la nature redémarre… et pourtant, vous vous sentez épuisé(e) ? Cette fatigue de printemps, parfois appelée asthénie printanière, peut surprendre au moment où l’on pensait justement retrouver de l’énergie. Voici pourquoi elle survient, et les bons gestes à adopter pour aider votre corps à se remettre au rythme de la saison.
Des températures plus douces, des journées qui s’étirent, une lumière plus présente, des fleurs qui bourgeonnent… Sur le papier, le printemps a tout pour nous donner envie de sortir, de marcher, de ranger, de jardiner ou de relancer les projets laissés en pause pendant l’hiver.
Pourtant, chez certaines personnes, c’est tout l’inverse qui se produit : le corps semble tourner au ralenti. Cette fatigue ou asthénie printanière peut se manifester par une sensation d’épuisement dès le réveil, une baisse d’énergie dans la journée, des difficultés de concentration, une irritabilité inhabituelle, une perte d’élan, un sommeil moins réparateur ou encore un moral plus fragile.
Alors, pourquoi ce coup de mou survient-il justement au moment où tout semble repartir ? Et surtout, quels réflexes simples peuvent aider à retrouver progressivement du tonus ? On fait le point.
Pourquoi est-on plus fatigué au printemps ?
Changement de rythme, sommeil perturbé, reprise des activités… Plusieurs facteurs peuvent se cumuler et expliquer pourquoi certains d’entre nous se plaignent de fatigue au printemps.
Des modifications physiologiques liées au changement de saison
En hiver, la production de mélatonine, l’hormone qui favorise l’endormissement, a tendance à être plus importante. Avec le retour de la lumière au printemps, cet équilibre hormonal se modifie progressivement : la sécrétion de mélatonine diminue, tandis que celle de sérotonine, souvent associée à l’éveil et au bien-être, augmente. Cette période d’ajustement peut temporairement donner l’impression d’être décalé(e), somnolent(e) ou moins énergique que d’habitude.
À cela s’ajoute le passage à l’heure d’été qui perturbe notre horloge interne. Même si l’organisme se recale généralement en quelques jours, les personnes plus sensibles comme les enfants et les seniors ou celles qui dorment déjà mal peuvent ressentir une fatigue plus durable.
Enfin, la hausse des températures peut aussi jouer un rôle. Lorsqu’il fait plus doux, les vaisseaux sanguins se dilatent davantage, ce qui peut entraîner une légère baisse de la tension artérielle chez certaines personnes. Résultat : une sensation de fatigue ou de manque d’énergie, le temps que le corps s’adapte à ce nouveau rythme printanier.
Un système immunitaire affaibli après l’hiver
Après plusieurs mois à faire face aux virus, au froid et au manque de lumière, l’organisme peut arriver au printemps avec des défenses immunitaires moins efficaces. Résultat : les petits rhumes traînent ou se répètent, et la fatigue s’installe plus facilement.
Le retour des allergies au pollen peut aussi accentuer ce coup de mou chez les personnes concernées. Éternuements, nez bouché, yeux irrités ou gorge qui gratte sollicitent le système immunitaire et perturbent parfois le sommeil, ce qui peut renforcer la sensation de fatigue au printemps.
Un décalage entre l’envie de s’activer et notre niveau d’énergie
Au printemps, on sort peu à peu de notre « hibernation » hivernale. Les journées plus longues donnent envie de sortir davantage, de reprendre le sport, de jardiner, de voir du monde ou de relancer des projets. Mais le corps, lui, n’est pas toujours prêt à suivre immédiatement ce rythme plus soutenu. Après une période souvent plus sédentaire, il peut avoir besoin de quelques jours, voire de quelques semaines, pour retrouver son élan. D’où cette impression frustrante : l’envie est là, mais l’énergie ne suit pas encore.
Comment lutter contre la fatigue printanière ?
Sommeil, lumière naturelle, activité physique, alimentation, hydratation… Quelques ajustements simples suffisent souvent à aider l’organisme à se recaler.
1. Retrouver un rythme de sommeil régulier
Même si les journées rallongent, essayez de conserver des horaires de coucher et de lever aussi réguliers que possible. Ce cadre aide l’horloge biologique à se recaler et limite les réveils difficiles, surtout après le passage à l’heure d’été ou quelques soirées plus tardives.
Misez aussi sur une routine du soir apaisante : lumière tamisée, écrans mis de côté, lecture, musique douce… Autant de petits signaux qui indiquent au corps qu’il est temps de ralentir et aident à mieux dormir naturellement.
Et si la fatigue se fait sentir après le déjeuner, une courte sieste peut être profitable. L’idéal est de la limiter à 5 à 20 minutes, entre 12 h et 15 h, lorsque la vigilance baisse naturellement. Au-delà, elle risque de perturber le sommeil nocturne et de rendre la reprise de l’après-midi plus difficile.
2. S’exposer à la lumière naturelle dès le matin
Pour aider l’organisme à retrouver son rythme en cas de fatigue au printemps, rien de tel que la lumière du jour dès le réveil. Cette exposition contribue à freiner la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, et favorise un meilleur éveil dans la journée. En bonus, la lumière du soleil participe aussi à la synthèse de la vitamine D, essentielle au bon fonctionnement de l’organisme.
3. Reprendre l’activité physique en douceur
Quand on se sent fatigué(e), bouger peut sembler contre-intuitif. Pourtant, reprendre une activité physique modérée au printemps aide souvent à retrouver de l’énergie, à mieux dormir et à soutenir le moral. L’idéal est de sortir de la maison dès que possible : marcher, faire du vélo, jardiner ou s’étirer dehors permet de profiter à la fois du mouvement, de la lumière naturelle et du grand air.
Inutile toutefois de vouloir rattraper les mois d’hiver en quelques jours ! Après une période plus sédentaire, mieux vaut reprendre progressivement, avec des séances courtes et régulières. Une marche de 15 à 20 minutes, quelques exercices doux ou une sortie en plein air avec des proches peuvent déjà faire beaucoup de bien. Car les contacts sociaux, eux aussi, participent à réduire la sensation de fatigue au printemps et à relancer l’élan.
4. Adopter une alimentation vitaminée et équilibrée
L’assiette peut devenir une vraie alliée pour retrouver de l’énergie. Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes frais, aide à stimuler le métabolisme et apporte à l’organisme les vitamines et minéraux dont il a besoin pour se remettre en mouvement.
Privilégiez notamment les produits de saison, les agrumes, les kiwis, les épinards, les champignons, les patates douces, les amandes, les graines de courge ou encore les yaourts. Ces aliments apportent de la vitamine C, des vitamines du groupe B, du zinc, des fibres ou des antioxydants, utiles pour soutenir le tonus et le bon fonctionnement du système immunitaire.
À l’inverse, mieux vaut limiter les aliments très sucrés, frits, ultra-transformés ou trop gras, qui peuvent alourdir la digestion et accentuer la somnolence. Essayez aussi de manger à heures régulières : sauter des repas, grignoter toute la journée ou concentrer l’essentiel des apports sur un seul gros repas peut entretenir la fatigue printanière.
5. Miser sur l’eau et les gestes inspirés du thermalisme
Une déshydratation, même légère, peut accentuer la sensation de fatigue au printemps, surtout après un effort physique ou lorsque les températures remontent. Pensez donc à boire régulièrement tout au long de la journée, idéalement 1,5 à 2 litres d’eau par jour, et à limiter les boissons alcoolisées, sucrées ou trop stimulantes, qui peuvent perturber le sommeil ou favoriser les coups de pompe.
La cure de boisson est d’ailleurs l’un des soins phares du thermalisme. D’autres gestes inspirés des cures thermales peuvent aussi aider à récupérer en douceur : s’accorder un bain ou une douche tiède en fin de journée, faire un automassage des jambes ou des épaules, pratiquer quelques étirements doux, etc.
Une mini-cure thermale pour combattre la fatigue printanière
Pour aller encore plus loin, certains centres thermaux proposent des mini-cures de remise en forme de quelques jours, accessibles sans prescription médicale. Une parenthèse idéale pour bouger en douceur, profiter des soins à base d’eau thermale et retrouver un rythme plus régulier.
💧 Quelques exemples de mini-cures à tester :
- mini-cure « Aqua Boost » de 3 à 6 jours aux Thermes d’Ax-les-Thermes (Ariège)
- mini-cure « Aquaforme Détente » de 6 jours aux Thermes Bérot de Dax (Landes)
- escapade « Forme et Souplesse » de 5 jours à Dax Les Thermes (Landes)
- mini-cure « Bouger » de 3 ou 6 jours aux Thermes de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)
- mini-cure « VitaSaline » de 6 jours aux Thermes de Salins-les-Bains (Jura)
- mini-cure « J’entretiens ma forme » de 5 jours aux Thermes de Vichy (Allier)
- mini-cure « Mieux bouger » de 6 jours aux Thermes de Vittel (Vosges)
Fatigue au printemps : quand consulter ?
L’asthénie printanière est souvent passagère, mais elle ne doit pas tout expliquer. Mieux vaut prendre rendez-vous avec un médecin si :
- la fatigue persiste plusieurs jours ou plusieurs semaines malgré le repos et de meilleures habitudes quotidiennes ;
- vous vous sentez tellement épuisé(e) que vous n’arrivez plus à assurer vos activités habituelles ;
- cette fatigue s’accompagne d’une souffrance psychique, comme de l’angoisse, une tristesse persistante, une perte d’élan ou une sensation de déprime ;
- vous présentez d’autres symptômes : fièvre, douleurs, essoufflement, perte ou prise de poids inexpliquée, soif inhabituelle, troubles du sommeil importants…
Dans tous les cas, un avis médical permet de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une carence, d’un trouble hormonal, d’une infection, d’un problème de sommeil ou d’une autre cause nécessitant une prise en charge adaptée.
Fatigue chronique et cure thermale
Si le sentiment d’épuisement perdure au-delà de six mois, on parle de syndrome de fatigue chronique, qui nécessite un bilan médical et une prise en charge adaptée. Dans ce cas, une cure thermale pour la fatigue chronique peut être prescrite, notamment lorsque la fatigue est associée à du stress, de l’anxiété, un burn-out, des troubles du sommeil ou un épuisement nerveux.
Les soins thermaux, le cadre régulier de la cure, la relaxation et l’accompagnement global aident à retrouver progressivement un meilleur équilibre. Ces cures se déroulent la plupart du temps dans les établissements thermaux spécialisés dans le traitement des affections psychosomatiques, comme les Grands Thermes de Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, ou les Thermes de Saujon, en Charente-Maritime.
Sources :
- Asthénie (fatigue) : que faire et quand consulter ?, Ameli, décembre 2023
- Fatigue printanière : quelle en est la cause ?, Ligue pulmonaire suisse





















