Challes-les-Eaux veut relancer son avenir thermal autour de l’endométriose

Par Julie Paysant / Publié le 26 juin 2026 à 11h30

Thermes de Challes-les-Eaux

Implantés sur le site de la source sulfureuse découverte en 1841, les thermes savoyards de Challes-les-Eaux ont longtemps constitué un pilier identitaire pour la commune. Fermé définitivement en février 2023 après 150 ans d’exploitation, l’établissement est aujourd’hui au cœur des réflexions. L’une des pistes privilégiées ? Faire de Challes-les-Eaux une station thermale de référence dans la prise en charge de l’endométriose. Entretien avec Julien Donzel, maire de la commune.

L’établissement thermal de Challes-les-Eaux a ouvert ses portes aux curistes en 1874. Il se forge rapidement une excellente réputation, autant pour son eau exceptionnellement riche en soufre que pour son cadre naturel remarquable, à proximité du parc naturel régional des Bauges et du lac du Bourget. Les curistes viennent y prendre les eaux et soulager en particulier leurs pathologies affectant les voies respiratoires ou la sphère gynécologique. Entre les années 1930 et 1980, la station située à 287 mètres d’altitude vit son âge d’or.

Un déclin progressif jusqu’à la fermeture

Malgré une offre de soins diversifiée (ORL, bronchites, troubles hormonaux, endométriose) et de nombreuses prestations bien-être (mini-cures et spa thermal), la fréquentation chute fortement au cours des dernières décennies. Elle passe de 1 732 curistes en 2012 à seulement 542 en 2022.

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse : la pandémie de Covid-19, un contexte économique défavorable (inflation, hausse du coût de l’énergie), mais aussi des investissements techniques trop coûteux. En 2018, un second forage pour développer la rhumatologie a été interrompu par la découverte d’une poche de méthane, entraînant une perte de 900 000 euros.

À cela s’ajoute une concurrence géographique importante. En effet, la station est située à mi-chemin entre l’établissement thermal d’Allevard-les-Bains, proposant les orientations rhumatologie et voies respiratoires, et la station thermale d’Aix-les-Bains dont les deux centres accueillent les curistes pour les orientations rhumatologie, phlébologie, voies respiratoires et affections des muqueuses buccolinguales.

Face à des difficultés combinant fréquentation en forte baisse et déficit d’exploitation, la Chaîne Thermale du Soleil annonce en février 2023 l’arrêt définitif de l’activité.

Une renaissance du thermalisme tournée vers la santé des femmes

Lors du conseil municipal du 18 mai 2026, les élus ont de nouveau affirmé leur volonté de construire un avenir thermal dans la cité de 5 822 habitants.

« Ce que l’on souhaite avant tout, c’est faire en sorte que Challes-les-Eaux devienne, au niveau de la région Auvergne-Rhône-Alpes, un pôle d’excellence pour la prise en charge des femmes atteintes d’endométriose. Nous avons la chance d’avoir l’eau la plus soufrée d’Europe, et on connaît les vertus de cette eau pour les femmes qui sont atteintes de cette maladie », souligne le maire.

Cette orientation marque une rupture avec les perspectives envisages en 2023 par l’ancienne municipalité. Josette Rémy, maire de Challes-les-Eaux cette même année, expliquait que la reprise de l’activité thermale apparaissait peu probable. Les contraintes techniques, la baisse de fréquentation et l’échec des tentatives de diversification rendaient difficile l’émergence d’un modèle viable. Le renouveau du site s’inscrivait davantage dans des projets sanitaires, d’enseignement et de formation ou encore touristiques.

Comme le rappelle Julien Donzel, élu en mars 2026 : « On travaille pour que le centre thermal ait un avenir thermal. Cette volonté faisait partie de notre campagne municipale, nous avons partagé notre volonté d’orienter le site de Challes-les-Eaux vers l’endométriose. Nous avons l’eau la plus soufrée d’Europe, c’est une chance, donc il faut qu’on l’exploite ! On ne veut pas abandonner le thermalisme à Challes ! »

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Une faisabilité en cours d’étude

Plusieurs arguments permettent d’anticiper que cette réorientation vers les soins thermaux dédiés à l’endométriose, et plus largement vers les soins gynécologiques, a toutes ses chances.

Tout d’abord, l’endométriose concerne une Française sur 10 en âge de procréer. Hissée au rang de Grande Cause nationale en 2022, cette maladie chronique aux causes encore mal connues (génétiques, système immunitaire, expositions environnementales) plonge de nombreuses femmes dans des parcours thérapeutiques complexes. Les objectifs étant de soulager les douleurs pelviennes aiguës, mais aussi de remédier, dans 30 % à 40 % des cas, à leur infertilité.

« Nous ne renonçons pas à l’orientation historique voies respiratoires-ORL, mais nous allons nous engager au maximum sur l’endométriose et plus largement, l’orientation gynécologique. Ce que l’on souhaite, c’est surtout aider et soulager les femmes touchées par cette maladie », précise Julien Donzel.

Afin d’évaluer la faisabilité du projet, la municipalité a missionné un cabinet de conseils dont les conclusions sont attendues avant l’été. Parallèlement, ce 30 juin, Julien Donzel rencontrera les députés Denis Fégné (député des Hautes-Pyrénées du groupe Socialistes et apparentés et président du groupe d’études sur le thermalisme) et Didier Padey (député de Savoie du groupe Les Démocrates) pour exposer l’ambition du projet.

Autre action menée : la création d’un groupe de travail avec des investisseurs potentiels et des représentants de l’hôpital privé de Challes-les-Eaux (Medipole de Savoie) prenant en charge chaque année 71 000 patients.

Les projets d’aménagement : centre thermal, maison de santé et nouveau bâtiment dédié aux bien-être

Pour concrétiser cette renaissance du thermalisme à Challes-les-Eaux, des investissements significatifs et des transformations seront nécessaires.

Aujourd’hui, le bâtiment thermal Belle Époque, le parc de 5 hectares et la Maison aux Iris sont la propriété de la Chaine Thermale du Soleil.

« Nous devons trouver un porteur de projet capable d’acquérir le foncier. Un investissement initial de 4,9 millions d’euros est nécessaire avant de lancer un appel à projets », indique Julien Donzel.

La Maison aux Iris (appartements dans l’ancienne maison de direction du responsable des thermes) sera réhabilitée en maison de santé pour la prise en charge des maladies féminines. Plusieurs activités seront proposées : soins en gynécologie (endométriose, préménopause et ménopause, maladie du sein et autres affections gynécologiques), recherches génétiques sur les maladies féminines et accompagnement psychologique.

Le bâtiment thermal existant sera obligatoirement sujet à travaux afin de le remettre aux normes et le moderniser. Il sera dédié aux soins thermaux pour les femmes souffrant d’endométriose. Pour la partie balnéothérapie et loisirs, un nouveau bâtiment sera construit.

Pour la nouvelle équipe municipale, ce projet ambitieux et assez offensif est porté par la volonté que « les femmes puissent se soigner correctement au niveau de la région ».

Si cette forme de renouveau thermal n’est pas réalisable, Julien Donzel affirme qu’il réorientera le projet, mais toujours avec « le souci de donner un avenir thermal à Challes, avec d’autres soins de santé et des activités de bien-être afin d’assurer une activité sur toute l’année ».

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Sources :

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2 commentaires

  • Monique dit :

    la cure de challes-les -Eaux etait parfaite pour nous , la gynecologie tres efficace ies soins le personnel le medecin pour moi c’etait le top ;; j »ai fait depuis 2 cures 1 à Bourbon_l’Archambault
    puis la seconde à Luxeuil vraiment. DÉÇU…
    Et pour les soins ORL pour mari c’était très bien adapté aussi vraiment nous avons trouvés cela dommage que cette cure à été fermée !!
    Pourquoi pas centraliser une bonne cure gynécologique à CHALLES – LES – EAUX pour toute la FRANCE

  • Micha dit :

    J’y ai guéri mes sinusites chroniques en faisant 5 ans la cure.Pourquoi ne pas faire des nouveaux bâtiments comme à Chevalet à Aix les bains ?

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