« Nous allons continuer à nous mobiliser pour le remboursement des cures » selon Denis Fégné, président du groupe thermalisme à l’Assemblée nationale

Chaque mois, une personnalité du monde thermal, médical, politique, sportif ou culturel, nous raconte son lien avec le thermalisme. En juin, c’est Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées du groupe Socialistes et apparentés et président du groupe d’études sur le thermalisme qui répond à nos questions.
Guidé par son attachement au département des Hautes-Pyrénées, une partie de l’activité parlementaire de Denis Fégné concerne la montagne, la transition des stations de ski dans le contexte de dérèglement climatique, l’évolution du pastoralisme et bien entendu, le thermalisme. Récemment, il est devenu président du groupe d’études sur le thermalisme à l’Assemblée nationale. Ses objectifs ? Défendre et valoriser le secteur tout en le faisant mieux connaitre à l’ensemble de ses collègues députés.
L’Officiel du Thermalisme : Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?
Denis Fégné : Je suis député de la deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées depuis 2024. Auparavant, j’étais un élu local, maire d’Ibos, une commune de 3000 habitants, pendant 12 ans. J’avais aussi plusieurs casquettes locales. Mon parcours professionnel a été en grande partie consacré à l’éducation spécialisée et à la protection de l’enfance en tant qu’éducateur spécialisé puis cadre. Mon engagement politique est fondé sur la solidarité, la justice sociale, la défense des services publics et de l’éducation.
C’est quoi pour vous le thermalisme ?
C’est avant tout une approche médicale. Une médecine éprouvée, une discipline encadrée et en constante évolution à coût limité pour la collectivité qui permet de soigner près de 500 000 personnes atteintes de maladies chroniques chaque année. Investir dans la médecine thermale fondée sur des études scientifiques, c’est développer une réponse adaptée à plusieurs pathologies. Plus de vingt études scientifiques publiées dans des revues internationales ont démontré un Service Médical Rendu (SMR) pour la quasi-totalité des indications thérapeutiques. Ces travaux convergent vers différentes conclusions : baisse notable et durable de la douleur, réduction significative des troubles fonctionnels, amélioration de la qualité de vie et de l’autonomie, réduction de la consommation de médicaments et meilleure mobilité.
Je suis agacé de voir le thermalisme remis en cause depuis plusieurs années. Des amendements sont déposés dans les PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale) pour revenir sur le remboursement des cures thermales. Le remboursement par l’Assurance maladie n’est pas une faveur, mais la conséquence d’une reconnaissance d’efficacité, fondée sur des évaluations. Dans un système de santé où chaque euro doit désormais prouver son utilité, les cures thermales s’imposent également comme un modèle d’efficience.
Les curistes ne forment pas une élite discrète : près de 80 % sont des retraités, et plus d’un tiers sont issus de milieux modestes. Le coût intégral d’une cure constitue un frein majeur pour nombre d’entre eux. L’Assurance Maladie couvre certes un peu plus de la moitié des frais de soin (55 %), mais le patient doit encore supporter entre 800 et 1200 euros de reste à charge pour sa cure, ce qui illustre une responsabilisation concrète des patients face à leur santé. Sans remboursement, les plus fragiles seraient privés d’un accès à des soins qui accompagnent le traitement des maladies chroniques, le mieux vieillir, préviennent la perte d’autonomie et préservent la dignité des aînés. C’est une question d’équité, de solidarité, mais aussi de responsabilité politique.
Le thermalisme enveloppe également le thermoludisme qui s’adresse à toutes et tous et permet aux personnes de bénéficier des vertus thermales dans une approche bien-être.
Enfin, il favorise l’emploi, le tourisme, la restauration ou encore l’hébergement. 70 % des 100 établissements thermaux français sont implantés dans des localités de moins de 5000 habitants. Les stations thermales maintiennent une présence soignante, génèrent de l’emploi local, soutiennent le commerce de proximité et dynamisent l’économie touristique et agricole. Le thermalisme, en conjuguant efficacité médicale, efficience économique, justice sociale et ancrage territorial, constitue une réponse moderne aux défis démographiques et sanitaires de notre temps. Nous y sommes attachés, nous comptons le défendre.
Quelle est votre feuille de route au sein du groupe d’études sur le thermalisme ?
Les groupes d’études ne disposent pas de moyens, mais nous pouvons faire de belles choses ! Nous sommes plus de 40 députés membres et les échanges sont nombreux. J’ai souhaité mener un cycle d’auditions mensuel pour mieux connaitre les problématiques et enjeux actuels. Nous avons commencé par l’acteur le plus important : le Conseil National des Établissements Thermaux (CNETh) avec son président, Thierry Dubois. En mai, nous avons auditionné l’AFRETH (Association Française pour la recherche Thermale) avec Michel Laforcade, président du Conseil d’administration, et Jean-Louis Montastruc, président du Conseil scientifique. Le 11 juin prochain, nous auditionnerons le ministre de la Santé, Yannick Neuder.
En parallèle, j’ai également échangé avec le secrétaire général de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Nous voulons également auditionner plusieurs acteurs, notamment les élus locaux et les maires des stations thermales. Le 23 juin, j’ai proposé à l’ensemble des députés du groupe d’études de venir dans les Hautes-Pyrénées pour une journée immersive avec deux visites et des tables rondes. Les premières auditions nous ont déjà donné des pistes d’évolution législative. Nous allons poursuivre dans cette démarche et nous proposerons très certainement un texte travaillé dans un esprit transpartisan.
Vous avez mené une audition de M. Thierry Dubois, président du CNETh (Conseil National des Établissements Thermaux). Quelles sont vos conclusions quant à cette audition ?
Nous avons eu des échanges très intéressants sur le thermalisme, sur le contexte national avec une difficulté à reprendre le niveau d’avant-COVID. Il y a aussi des difficultés à recruter du personnel notamment des médecins thermaux et des masseurs-kinésithérapeutes. Trois points importants ont été pris en compte : œuvrer en faveur d’une meilleure reconnaissance du SMR de la médecine thermale, travailler à la mise en place d’un statut spécifique pour les établissements thermaux, au regard de leur place dans le parcours de soins et dynamiser l’attractivité de la médecine thermale auprès des professionnels de santé afin de consolider le maillage territorial en santé.
Souhaitez-vous adresser un message aux curistes qui nous lisent ?
D’abord leur dire que le thermalisme est une médecine très ancienne, éprouvée, encadrée et évaluée. Le thermalisme n’est pas encore suffisamment connu par l’ensemble des parlementaires et de nombreux élus sont prêts à travailler de manière transpartisane sur le sujet. J’ai envie de dire aux curistes que nous allons continuer à nous mobiliser pour le remboursement des cures. Il est inconcevable qu’on soit privé d’une médecine qui a fait ses preuves, qui soulage de manière naturelle, sans effet secondaire, des maladies chroniques. Il faut casser l’image et les clichés du thermalisme ! J’encourage toutes et tous à faire confiance à la médecine thermale.
J’encourage également toutes les personnes qui veulent prendre soin d’eux, qui ont envie de bien être, à venir dans une station thermale profiter du thermoludisme. Elles seront prises en charge par des professionnels de santé à la pointe, soucieux de leur patientèle, tout cela dans un cadre idyllique, le plus souvent dans des massifs montagneux ou dans des sites ruraux remarquables.
Source : entretien exclusif avec Denis Fégné, le 5 mai 2025














16 commentaires
bonjour
Je suis curiste depuis 2006 en rhumatologie et en Voies respiratoires.
J’ai eu la chance d’être suivie par de très bons médecins thermaux ORL et Homéopathe à Cauterets -65 – Je peux témoigner de l’efficacité de ces soins en particulier sur des otites à répétition (5 en 2009!). Dès la 1ère année de prise en charge pour cette problématique en 2010, j’ai rapidement eu de très bonnes retombées au point de ne plus avoir d’otites! j’ai donc poursuivi ces soins en 2011 et 2012 puis après une pause de 1 an, j’ai repris la série de soins dans ces 2 orientations. Et je continue de suivre ces soins thermaux par cycle de 3 ans en prévention désormais ! En Rhumatologie, les cures thermales me permettent de me maintenir en santé dans ce domaine et d’éviter les crises si perturbantes!
Oui il est important d’encourager la prévention en matière de santé ce qui incite les patients à être acteurs de leur vie et de leur santé. De plus en suivant les méthodes naturelles de santé (homéopathie, acupuncture, ostéopathie, naturopathie etc…), nous protégeons notre corps et notre esprit ! Donc STOP aux informations erronées sur ces méthodes dites de « charlatan » ! Nos ancêtres se sont soignés et guéris pendant des millénaires avec les plantes et toute autre méthode proche de l’esprit car le corps et l’esprit sont liés évidemment !
Ce message s’adresse à nos décideurs pour le maintien de la prise en charge des cures thermales qui représentent si peu dans le budget de la Sécurité sociale (0.1% !) alors que les traitements conventionnels chimiques abusent à la fois des patients qui deviennent des « cobayes » pour les laboratoires pharmaceutiques avec des effets secondaires parfois très graves, les quantités abusives prescrites et bien évidemment du budget !
Il est temps de « remettre les pendules à l’heure » et de stopper cette « course » du « toujours plus » qui ne fait qu’enrichir les fabricants et éloigner les patients de la guérison!
Bonjour.je suis en cure actuellement après 4 années de arrêt…zpres 10 jrs de cure j ai diminue mes anti douleurs et supprimé les anti inflammatoires sur je prenais ts les jours.
La cure évite de prendre trop de médicaments mais je comprends la sécurité sociale car il y a ded abus….des curistes qui accompagnent leur conjoint alors Qu ils n ont aucun problème.je pense que si on regarde le suivi médical.la secu peut le voir.et durtout cela depend bcp du medecin prescripteurmais .et secondo…les soins de cure non faits mais facturés…cela m’est arrivé. Cela aux niveaux des établissements thermaux…qui devraient etre tous au mm tarif.
je fait moi même des cures soulagement rhumatismal
Je suis atteinte de rectocolite hémorragique depuis l’âge de 10ans.
J’en ai beaucoup souffert,je fais une cure thermale annuelle depuis 2000.Ma maladie s’est stabilisée,je prends un seul médicament et je vais mieux,pas de récidive invalidante, ça a changé ma vie.
je fais cure ORL 1ere orientation pour sinusite chronique depuis 2000 ( ai commence cure à l’âge de 42 ans suite au conseil d’un professeur en ORl à Bordeaux qui m’a conseillé de faire cure à Luz Saint Sauveur …. un miracle alors que je souffrais de sinusite depuis l’âge de 14 ans et étais soigné avec antibiotiques , avais des migraines à me taper la tête sur des murs heureusement je ne le faisait pas mais très douloureux ) qui a été efficace et ensuite ai continué cure tous les ans (depuis plus de sinusite car cure thermale ORL TOUS LES ANS ) en 2005 problème d’arthrose héréditaire donc ai fait cure RH en première orientation et ORL en 2ème orientation . Vive les cures thermales qui nous soignent de façon naturelle et espère en faire encore pendant plusieurs années. eau thermale et soins sont naturels et sans effets secondaires surtout . Le thermalisme existe depuis la nuit des temps et espère que ces soins naturels perdurent pour la santé de toutes et tous , en faisant travailler des personnes dévouées en plus
Je fais des cures thermales depuis 2007. Mes hivers se passent sans aucun antibiotiques alors qu’avant j’étais obligée d’en prendre, les bronchites étant mon lot l’hiver. Ces cures thermales reviennent très chères aux curistes (entre le reste à charge obligatoire, la location pour les 21 jours, le coût du transport etc..) mais le bénéfice est tel pour la santé que le sacrifice en vaut la peine.
Je préfère une bonne cure thermale dépaysante pour le psyché et soins adaptés pour le physique plutôt que d’ingérer trop de médicaments et toute la chimie qu’ils contiennent.
Une Retraitée, veuve, qui part en cure pour la 6è fois dans une station thermale différente pour les bons soins prodigués.
J ai toujours entendu dire qu il fallait rester 3 ans ds la mm cure pour avoir un tres bon résultat…
Les cures thermales ne sont pas souvent proposées par les médecins, ceux sont les patients qui cherchent des solutions naturelles pour aller mieux et en échangeant avec des curistes et médecins de cure on constate les bénéfices. En dehors de la visibilité il y a un gros frein à l accès aux cures thermales, se loger 20 jours n est pas accessible pour tout le monde et la participation de la CPAM est faible (150€ pour le séjour). Il y a des questions à se poser sur le remboursement des médicaments achetés via le lobbying pharmaceutique et la médecine naturelle.
Mais bien sûr que les cures thermales sont efficaces et utiles. Les Grecs, les Romains, les Egyptiens l’avaient déjà compris. Cela permet de prendre moins de médicaments et moins de séances de kiné pendant l’année, donc économies Sécu. Et il faut arrêter de penser que l’intégralité du coût d’une cure thermale est remboursée. Les curistes ont un reste à charge de plus en plus important, plus l’hébergement, plus la restauration, plus les frais de voyage jusqu’à la ville thermale. Il faut continuer à défendre cette cause qui est bonne, ce n’est pas du superflu.
Merci
Première cure à l’âge de 53 ans avant la pose d’une prothèse totale de hanche, grâce à ma cure, j’ai eu beaucoup moins de douleurs, reprise de forces dans les membres et surtout abandon des anti-douleurs, anesthésiants contre les douleurs qui eux ont perturbés complétement ma flore intestinale, moral …
Depuis, chaque année je fais une cure thermale, en rhumatologie et phlébologie, j’y ajoute aussi quelques soins pour l’arthrose des mains, et je poursuis en parallèle des traitements naturels, kiné, ostéopathe.
J’ai hâte de retrouver aussi les amis qui permettent de partager des moments amicaux, c’est cela aussi une cure, se reposer, se soigner et avoir des amis qui partagent les mêmes pathologies.
La médecine médicamenteuse est utile, mais lorsqu’il existe des soins naturels qui ont fait leurs preuves, ne nous en privons pas !
N’oublions pas non plus que les Etablissements Thermaux génèrent une vie économique et activités dans certaines régions qui en ont bien besoin comme par exemple la Creuse !
Merci pour cette interview . Les mots et les arguments de Mr Fégné sont parfaits. Tout est dit. Et nous nous réjouissons de sa présence active et de celle du groupe parlementaire qu’il préside Un grand merci à eux et à vous !
Danielle Faure-Imbert co-présidente de la Fédération Thermale Auvergne Rhone Alpes
Selon Moi, les Patients de la Médecine 💦 thermale développent un potentiel énergétique et de motivation dans l’ Auto-Resitance plus élevée contre la Médecine 💊 médicamenteuse de type psychiatrique dont les Patients complètement déments dépendent sans cesse d’ AUTRUI, de Focalisation démoniaque sur AUTRUI, de Budgets d’ AUTRUI à voler, d’ Énergie d’ AUTRUI, d’Identite d’AUTRUI à usurper, ou de type chimique /oncologique dont les Patients nécessitent une réelle Infrastructure médicale plus paramédicale de Dépendance.
En qualité de Curiste assidue,
Je vote à 300% pour les Vertus et Bienfaits de la Médecine thermale.
Ma première cure à été prescrite l an dernier, j étais sceptique sur son bienfait. J ai pu remarquer durant cette année que j ai diminuer par 2 mes rdv chez le kiné, que je marche mieux et avec moins de douleur. En fait les cures font faire des économies à long terme à la Cpam, j en suis intimement convaincue.
Bjr. Je fais des cures depuis 2003. Plus un anti inflammatoire, une amélioration de mon état dépressif. Moins de traitement.
Ne plus ou moins prendre en charge les cures, condamne nous tous à retourner vers un état de santé détérioré , les pathologies se sur-ajoutant . Alors non, les cures ne sont pas des vacances. Le reste à charge est conséquent. C’est un choix , venez visiter ma petite station thermale, point de » riches « , des gens simples et malades, tentants d’améliorer leur santé. Merci Messieurs, Mesdames de vous préoccuper de nous. Et que dire des régions concernées par cette activité, se serait un carnage social.
Depuis que je fais des cures je ne prends plus d’ anti-inflammatoire, j’ ai quelques séances de kiné et d’ ostéopathie dans l’ année