Cure thermale pour l’endométriose : trois curistes témoignent des bienfaits

Par Julie Paysant / Publié le 6 juillet 2026 à 09h00

Portraits de Jessica, Nabilla et Betty, témoignages sur la cure thermale endométriose

Jessica, Nabilla et Betty partagent leur expérience de la cure thermale endométriose.

Ces dernières années, de plus en plus de femmes touchées par l’endométriose réalisent une cure thermale pour soulager efficacement leurs douleurs. Trois d’entre elles se sont confiées à l’Officiel du Thermalisme. Retour sur leurs expériences thermales, synonymes de soulagement physique et psychique.

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui touche une Française sur dix en âge de procréer. Les principaux symptômes sont des règles douloureuses et des douleurs ressenties au niveau du système uro-génital, de l’abdomen et des lombaires. Souvent sévères, ces maux peuvent provoquer des incapacités partielles ou totales, permanentes ou discontinues. Malheureusement, aucun traitement spécifique n’existe pour le moment et la prise en charge pluridisciplinaire s’oriente vers le soulagement des douleurs (antalgiques et traitement hormonal, intervention chirurgicale), le ralentissement de l’évolution de la maladie et si cela est nécessaire, la préservation de la fertilité.

En France, aujourd’hui, 10 établissements thermaux proposent des cures en orientation gynécologie pour soulager l’endométriose. Ces séjours de trois semaines représentent un complément thérapeutique naturel pour soulager les symptômes durablement.

Revenons ici sur les témoignages éclairants de trois femmes ayant réalisé une cure thermale dans le cadre d’un diagnostic d’endométriose : Betty et Nabilla au centre thermal Selya Resort à Salies-de-Béarn en Nouvelle-Aquitaine, et Jessica dans l’établissement de Luxeuil-les-Bains en région Bourgogne-Franche-Comté.

La cure thermale pour l’endométriose, une alternative thérapeutique encore peu connue

À travers leurs récits, un même constat se dessine : face à l’errance médicale, à la douleur chronique et à l’épuisement, le thermalisme offre un soulagement physique, mais aussi un espace pour reprendre en main sa santé et son mieux-être.

Dans les témoignages de Betty, Nabilla et Jessica, la cure thermale apparaît comme une solution thérapeutique découverte souvent par hasard, mais vécue comme une vraie rupture dans leur parcours de soin et leur vie quotidienne.

Avant la cure, elles ont toutes connu la souffrance, la fatigue, les effets secondaires des médicaments et la difficulté à concilier maladie, vie professionnelle et épanouissement familial et amical.

Jessica résume sa situation en évoquant sa découverte du thermalisme grâce à une requête sur une plateforme d’intelligence artificielle. « Ça fait des années que l’on cherche des solutions par nous-mêmes. Aucun médecin ne m’en a jamais parlé, pour autant je vous assure que j’en ai vu beaucoup en dix ans. Quand j’ai parlé de ce projet de cure à mon médecin traitant et à ma gynécologue, elles ont tout de suite dit qu’il fallait foncer ! » explique la Narbonnaise de 39 ans.

Betty, âgée de 37 ans et diagnostiquée à l’âge de 18 ans, s’est quant à elle orientée vers la cure grâce à la consultation des forums internet, il y a déjà une quinzaine d’années.

Pour Nabilla, c’est sa curiosité intellectuelle qui la conduira progressivement vers la solution de la cure thermale : « En faisant des recherches sur l’endométriose, je suis tombée sur le site EndoFrance qui parlait des cures thermales, j’en ai parlé à mon médecin traitant et j’ai regardé les avis sur les forums. » Son choix se portera sur Salies-de-Béarn, réputée pour la salinité exceptionnelle de son eau, sa cure thermale conventionnée en gynécologie et son programme spécifique « Mieux vivre mon endométriose ».

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Retrouver un corps moins douloureux

Betty parle d’un effet progressif, au fil de ses cinq cures thermales, qui lui a permis de sortir de traitements lourds et de réussir à mettre au monde deux enfants malgré des problèmes d’infertilité liés à son endométriose. « En trois années, je suis passée de la ménopause artificielle (depuis près de 10 ans) à plus aucun traitement et sans aucune douleur. Débarrassé des hormones, mon corps n’a plus été le même. » Elle insiste également sur l’effet détente des soins thermaux : « C’est un cercle vertueux : vous êtes plus détendue au niveau du dos, donc vous vous crispez moins. »

De son côté, Nabilla fait part d’une évolution progressive des symptômes : une accentuation pendant la première semaine de cure, puis un apaisement notable après la cure, avec un cycle plus régulier et une baisse de la consommation des médicaments. « Après deux cures, je prends moins d’antidouleurs », souligne-t-elle.

Jessica décrit, quant à elle, les bienfaits apportés par les soins thermaux, et notamment par le bain gynécologique : « Ce soin a un effet décontractant au niveau musculaire, anti-inflammatoire, et une action sédative sur l’organisme. Au niveau des parois de l’utérus, ça peut réduire les inflammations et les lésions. » Elle précise d’ailleurs : « Je n’ai eu absolument aucune douleur de mi-mai jusqu’au mois de novembre après ma première cure. C’était exceptionnel, c’était la plus belle année de ma vie depuis longtemps. »

Des partages et des prises de conscience

Dans ce cadre naturel apaisé où le temps est tourné vers le soin, elles ont apprécié tout particulièrement de vivre au ralenti et d’aller à la rencontre de femmes vivant avec la même maladie.

Betty dit avoir appris au contact de curistes confrontées à des problèmes similaires, tandis que Nabilla souligne l’apport du groupe de parole pour relativiser la maladie : « Le fait de discuter avec des femmes atteintes de la même maladie m’a permis de dédramatiser l’endométriose, car c’est une maladie un peu taboue qui touche l’utérus, l’infertilité, les douleurs lors des rapports sexuels, les problèmes de transit… »

Jessica met en avant le réseau de solidarité né sur place puis prolongé via un groupe de discussion sur WhatsApp et la création de l’association Narbon’Endo, dédiée aux femmes atteintes d’endométriose dans l’Aude.

L’autre point commun est la réassurance. Même si la cure thermale ne guérit pas l’endométriose, elle apporte un sentiment de reprise de contrôle par rapport à son corps.

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Quels messages souhaitent-elles transmettre ?

Toutes trois rappellent, avec leurs parcours de soins souvent compliqués, qu’il ne faut pas banaliser les douleurs féminines et les réduire à un inconfort « normal ».

Betty insiste sur la nécessité de prendre au sérieux les retentissements de la maladie sur la vie personnelle et professionnelle. Elle précise : « La cure est un moment symbolique pour moi désormais, je me sens détendue dès que j’arrive à Salies-de-Béarn car je sais que je vais passer trois semaines à prendre soin de moi. »

Jessica, de son côté, soutient un message plus militant et teinté d’incompréhensions : « Ce qu’on ne comprend pas, quand on en parle entre nous, c’est que les médecins ne nous en parlent pas. Cela coûterait beaucoup moins cher à la Sécurité sociale de prendre en charge une cure, plutôt que d’aller tous les quatre matins aux urgences, d’avoir un ou deux arrêts de travail par mois, d’aller chercher des médicaments tout le temps, et de faire intervenir des infirmières. »

Derrière leurs mots, Betty, Nabilla et Jessica transmettent un message de reconnaissance : la cure thermale a véritablement son rôle à jouer dans la prise en charge de l’endométriose.


Sources :

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