Témoignage. « Comment la cure m’a aidé à lutter contre mon infertilité »

Par Cécile Tardieu / Publié le 17 juin 2024 à 14h11

image d'illustration pour témoignage cure thermale fertilité

Souffrant de fortes douleurs liées à l’endométriose, Betty Guenard découvre les cures thermales à Salies-de-Béarn, station spécialisée dans les troubles gynécologiques et la lutte contre l’infertilité. A 37 ans, après cinq cures, Betty entame sa seconde grossesse. Une victoire sur la vie qu’elle nous raconte.

L’endométriose :  du diagnostic au traitement

C’est par hasard, à l’occasion d’une opération médicale, que son chirurgien détecte une endométriose. Betty a alors 18 ans et ne souffre d’aucun symptôme. J’ai été mise sous traitement immédiatement (pilule en continu). Mais des douleurs sont arrivées quelques temps après. Ce sont d’ailleurs souvent les douleurs, pendant les règles, qui orientent le médecin vers une recherche d’endométriose en prescrivant une échographie, IRM ou coelioscopie.

Une cure contre l’infertilité

Il y a 15 ans, Betty reconnaît qu’on parlait peu d’endométriose et de cures thermales. Cependant, quelques forums abordaient le sujet. C’étaient, dit-elle, des témoignages pour lutter contre l’infertilité et, parfois, certaines femmes témoignaient des bénéfices sur les douleurs.

« En ce qui me concerne, les médecins à l’époque n’étaient pas confiants. L’endométriose et les traitements hormonaux que j’avais dû prendre, pendant des années pour limiter les douleurs, n’incitaient pas à penser que je serai enceinte. Mais j’étais célibataire à l’époque, et c’est d’abord pour diminuer les douleurs que j’ai voulu faire la cure. Les autres curistes venaient pour soigner l’infertilité, souvent après de nombreuses tentatives, FIV, PMA…. Et plusieurs filles se sont effectivement retrouvées enceintes. A Salies-de-Béarn, il y a le tableau des « grains de sel », les faire-part de naissance des bébés, nés après une cure faite par la maman. Et moi-même, je suis tombée enceinte à 35 ans, de façon naturelle, sans traitement, » explique-t-elle.

JE REÇOIS LES ACTUS THERMALES

Un choix pour sa santé

Si la cure a des vertus avérées, il n’en demeure pas moins que beaucoup hésitent à franchir le pas. La durée de la cure est souvent un frein pour les personnes actives ou les mamans prises dans leurs contraintes familiales.

Betty avoue avoir hésité quelques années pour ces mêmes raisons avant de se décider car son état de santé avait des retentissements à la fois sur sa vie personnelle et professionnelle.

« Je prenais des traitements très forts et je faisais de la relaxation et de la sophrologie pour soulager les douleurs. Et puis, j’ai décidé de franchir le cap, d’aller en cure même si, 3 semaines d’arrêt, ce n’est pas simple. Mon employeur a compris, mais globalement, l’employeur, les collègues et les médecins voient la cure comme des vacances avec spa ! Financièrement aussi, c’est de l’organisation. Les soins sont bien pris en charge, dans le cadre de mon affection de longue durée. Mais je dois régler le trajet, le logement. Et la famille doit suivre aussi, car il n’est pas question de partir sans mon mari et ma fille pendant 3 semaines ! Mon mari qui a aussi des problèmes de santé  fait la cure et nous alternons pour nous occuper de notre fille,» ajoute-t-elle.

Des bénéfices quantifiables

Pour Betty, les bienfaits de la cure sont indéniables et lui ont permis de lutter plus efficacement contre la maladie et de remplacer les traitements médicamenteux.

« En trois années, je suis passée de la ménopause artificielle (depuis près de 10 ans) à plus aucun traitement et sans aucune douleur. Débarrassé des hormones, mon corps n’a plus été le même,» explique-t-elle. Elle reconnaît avoir appris beaucoup au contact de femmes atteintes de problèmes de santé gynécologiques. Cela a permis de libérer la parole et surtout d’apprendre à partager des astuces pour soulager la douleur. Elle a d’ailleurs découvert que, derrière l’endométriose, pouvaient se cacher de graves blessures que la cure a pu débloquer.

Et nous confie avoir constaté, de façon empirique, au fil des rencontres pendant ces cinq cures, qu’au-delà des origines plus connues de l’endométriose (perturbateurs endocriniens, choc hormonal, intervention chirurgicale..), certaines femmes avaient subi des chocs psychologiques comme les viols, les attouchements, .. « Comme si dans certaines situations de traumatisme, l’intimité de la femme était atteinte jusque dans sa chair », avoue-t-elle.

Une double orientation

En cure pour une double orientation gynécologie–rhumatologie, Betty bénéficie de soins pour traiter des douleurs lombaires et cervicales, apparues très rapidement après la déclaration de son endométriose. Elle reconnaît que la cure l’a aidé à détendre le dos et à conserver le bénéfice, d’une année sur l’autre. « C’est un cercle vertueux : vous êtes plus détendue au niveau du dos, donc vous vous crispez moins, donc le dos « respire » mieux et vous créez moins de douleurs. La cure est un moment symbolique pour moi désormais, je me sens détendue dès que j’arrive à Salies-de-Béarn car je sais que je vais passer trois semaines à prendre soin de moi », dit-elle. La prochaine cure est prévue, après l’accouchement du 2ème enfant. Une parenthèse devenue indispensable dans la vie de Betty.

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Source 

  • Entretien exclusif avec Betty Guenard en mai 2024.
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