Témoignage. Florence curiste depuis 2013 pour l’infertilité et l’endométriose : « Cette parenthèse me fait un bien colossal, autant psychologiquement que physiquement »

Florence Kanban est curiste depuis plus de dix ans. Atteinte d’endométriose et de fibromyalgie, elle a découvert le Selya Resort Thermal & Spa de Salies-de-Béarn, une station spécialisée en gynécologie, réputée pour l’infertilité et l’endométriose, située entre Pau et Dax. Elle y fait sa première cure en 2013, alors qu’elle était en parcours d’infertilité. Depuis, elle y est revenue en orientation gynécologique et rhumatologique. Autrice du livre Je serai maman ! Endométriose, PMA, Adoption : mon combat jusqu’à toi (Médiaspaul, 2020), dans lequel elle raconte son combat pour devenir mère, Florence partage aujourd’hui son expérience.
C’est un ami qui évoque à Florence le thermalisme, après en avoir entendu parler à la télévision. « Il y avait eu un reportage sur ce qu’on appelle les grains de sel. Et les grains de sel, ce sont les enfants qui sont nés à la suite de la cure », raconte-t-elle. Convaincue, elle en parle à ses médecins. Leur réaction est prudente mais bienveillante : son gynécologue ne s’y oppose pas, tandis que sa généraliste y voit surtout l’occasion de souffler pendant trois semaines, loin du stress du « projet bébé ». « Tous les deux ne s’attendaient vraiment pas que ça me fasse autant de bien », souligne Florence.
Un réveil des douleurs avant le mieux-être
Elle prévient d’emblée les futures curistes : la cure n’est pas toujours un long fleuve tranquille. « Je suis extrêmement fatiguée et j’ai encore plus mal qu’avant, que ça soit d’un point de vue fibromyalgie, rhumatisme ou endométriose. Et après, ça se tasse et je me sens beaucoup mieux. » Ce phénomène de recrudescence temporaire des symptômes, bien connu des habitués du thermalisme, ne l’a pas découragée. Cure après cure, elle a appris à l’anticiper et à l’intégrer dans son organisation.
Elle tient également à avertir les femmes que les perturbations du cycle menstruel font aussi partie des effets attendus : « Sur les 200 curistes avec qui j’ai gardé des liens, il y en a peut-être quand même bien la moitié, voire les deux tiers, qui ont été perturbées au niveau de leur cycle. Mais tout rentre toujours dans l’ordre après. »
Enveloppements et kiné : une palette de soins complète
En double orientation gynécologie et rhumatologie, Florence bénéficie d’un large éventail de soins. Parmi eux, la piscine encadrée par un kinésithérapeute : une sorte d’aquagym thérapeutique où les mouvements sont adaptés à chaque personne, qui lui apporte un soulagement bienvenu. Mais ce sont les enveloppements qui l’impressionnent le plus : « Je pense que c’est ce qu’il y a de plus efficace. Ce sont des cataplasmes, des rectangles très longs contenant de la boue, entourés d’une compresse. »
Une pause qui fait du bien au-delà des soins
Pour Florence, dissocier les effets physiques des effets psychologiques de la cure relève de l’impossible, et ce n’est pas grave. « Je ne peux pas dire quelle est l’efficacité des soins à la part de psychologique, à la part de physiologique, mais en tout cas, il y a un vrai mieux-être après la cure, valable sur plusieurs mois. »
Ce mieux-être global, elle l’attribue aussi à la rupture que représente ce séjour de trois semaines dans une vie trop stressante. « Le stress est énorme en termes d’impact sur notre santé. Et une cure, c’est un traitement non invasif, et contrairement aux médicaments, il n’y a pas de dépendance, d’accoutumance… quoique pour moi, il y en a quand même eu une », glisse-t-elle avec humour.
Elle souligne également la chance que représente le remboursement par la Sécurité sociale : « On a quand même une chance énorme que les cures thermales soient aujourd’hui encore remboursées. »
Des liens forts noués entre curistes
C’est peut-être là le bénéfice le plus inattendu que Florence tire de ses cures : les rencontres. Très vite, elle a créé un groupe Facebook qui rassemble aujourd’hui plus de 200 femmes, toutes passées par Salies-de-Béarn pour des raisons gynécologiques. « Rencontrer ces femmes qui étaient dans ce désir d’être mère, et qui racontaient leurs fausses couches, leurs échecs de FIV, leurs démarches d’adoption pour certaines, ça m’a énormément aidée. »
Sur ces 200 femmes, elle a pu observer des parcours très divers : des grossesses survenues dès la première cure, d’autres après une deuxième tentative, et pour certaines, une maternité qui n’est jamais venue.
Une solidarité qui soigne
Ce groupe est devenu un espace de partage précieux, où les victoires comme les épreuves se vivent collectivement. Son conseil aux futures curistes : « Pour celles qui sont en souffrance, surtout pour l’endométriose ou l’infertilité, je conseille de vraiment aller à la rencontre des autres. Parce que rencontrer des gens qui ont les mêmes soucis, ça change tout. Parler du manque d’enfants, de ce vide que les autres ne comprennent pas, de cette tristesse ou de cette colère qu’on ressent dès qu’on voit une femme enceinte et que nous, quand ça fait dix ans qu’on essaye et qu’on n’y arrive pas… ça fait du bien de partager ces choses avec des gens qui comprennent exactement notre ressenti. »
Sources :
- Témoignage de Florence, juin 2026
- Je serai maman ! Endométriose, PMA, Adoption : mon combat jusqu’à toi, de Florence Kanban, éditions Médiaspaul, 252 pages, 20 €














