Grand froid et maladie chronique : 5 conseils de médecin pour préserver votre organisme

Si vous souffrez d’une pathologie chronique, vous l’avez sans doute constaté : en hiver, les symptômes ont souvent tendance à s’aggraver. Alors, comment préserver les bienfaits de votre cure et protéger votre organisme quand les températures chutent ? La docteure Sina Gombert, médecin généraliste, nous livre quelques astuces simples pour mieux affronter le grand froid avec une maladie chronique.
Affections des voies respiratoires, problèmes cardiovasculaires, arthrose… Les personnes souffrant de pathologies chroniques sont plus vulnérables que les autres aux températures extrêmes. L’air froid est agressif, les virus circulent à gogo, le soleil est au plus bas et ne nous fait plus bénéficier de ses propriétés anti-infectieuses et anti-microbiennes. Autant de facteurs qui mettent à mal des systèmes immunitaires déjà fatigués.
« Il est désormais bien documenté que les températures très froides augmentent le risque de crises aiguës ou de surinfections en cas d’asthme, de bronchites chroniques, d’emphysèmes… », reconnaît Sina Gombert, médecin généraliste à Rennes, spécialisée en médecine fonctionnelle. « L’exacerbation des symptômes en cas de grand froid concerne aussi les maladies cardiovasculaires, avec une possible augmentation de l’hypertension artérielle par exemple, et les pathologies rhumatismales, avec aggravation des douleurs et des inflammations. »
C’est pour cette raison que de nombreux médecins recommandent d’effectuer une cure thermale en automne, afin de renforcer l’organisme et de traverser l’hiver en meilleure santé. Et pour en prolonger les bienfaits, voici quelques gestes simples à adopter face au grand froid quand on vit avec une maladie chronique.
1. Respirer par le nez pour protéger vos poumons
Cela peut paraître bête, et pourtant… Quand on a le nez qui coule un peu, que le froid pique bien, nous avons tous tendance à respirer davantage par la bouche. « C’est encore plus fréquent chez les patients sujets aux troubles respiratoires », souligne Sina Gombert. Une très mauvaise idée puisqu’en cas de respiration buccale, l’air n’est pas filtré correctement (c’est à ça que servent les petits poils dans le nez !), et est moins bien réchauffé avant d’entrer dans l’organisme. « Cette respiration est aussi plus superficielle. Elle oxygène donc moins bien l’ensemble des cellules du corps », poursuit la généraliste.
Posez-vous donc de temps en temps pour vérifier que vous respirez bien par le nez, et surtout que votre respiration est complète : pour cela, elle doit aller jusqu’au ventre. Il est démontré que ce type de respiration apaise le système nerveux, donc le stress, et améliore la santé cardio-vasculaire.
2. Adopter une alimentation anti-inflammatoire
Qui ne s’est pas déjà autorisé quelques petits bonus alimentaires car « quand il fait froid, le corps a besoin de plus d’énergie » ? Excellente initiative, à condition de ne pas lui apporter des calories dites « vides ». « Je rencontre souvent en consultation des patients qui ne mangent pas assez. Pas en termes de portions ni de calories, mais en termes de nutriments », met en garde Sina Gombert.
L’organisme a notamment besoin de protéines et de bonnes graisses (insaturées) pour garantir un fonctionnement optimal du système immunitaire. Un conseil qui vaut particulièrement après 50-60 ans. À l’inverse, limitez les aliments trop riches en sucre et les aliments ultra-transformés. Ces derniers n’apportent quasiment aucun nutriment intéressant, contrairement aux produits bruts que vous cuisinez vous-même. Pire : ils contiennent souvent des composés qui entretiennent l’inflammation chronique.
3. Gérer son stress pour prolonger les bienfaits de la cure
Le froid est un stress. Au sens large, le terme « stress » désigne toutes les agressions auxquelles l’organisme doit faire face. Comprenez bien que s’il est déjà affecté par tout un tas d’autres agressions telles que surcharge émotionnelle, anxiété, épuisement moral ou physique, être en prime exposé à un grand froid peut l’affaiblir de manière disproportionnée, a fortiori avec une maladie chronique.
Ce conseil de Sina Gombert est donc à intégrer à votre mode de vie, en hiver comme en été : « Toutes les techniques de gestion du stress peuvent apporter de grands bienfaits à l’organisme et lui permettre de mieux surmonter les situations exceptionnelles qui se présentent, comme des températures très froides. » De nombreuses techniques ont prouvé leur efficacité pour réduire le stress : méditation, relaxation, sophrologie… Beaucoup d’établissements thermaux les proposent d’ailleurs comme activités complémentaires pendant les cures thermales.
4. Faire le plein de vitamine D pour renforcer votre système immunitaire
Ce n’est pas un secret, nous manquons généralement de vitamine D en hiver. Synthétisée par le corps quand nous nous exposons au soleil, c’est la grande absente de cette saison, où seul le visage (et encore !) est découvert à l’extérieur. « Nous savons aujourd’hui qu’un déficit en vitamine D peut amener à des réponses immunitaires totalement disproportionnées lors d’une maladie virale. Envisager une supplémentation en hiver est donc utile pour assurer un bon fonctionnement immunitaire, tout particulièrement chez les malades chroniques », détaille la médecin généraliste. Selon elle, « un taux optimal est compris entre 50 et 70 nanogrammes par décilitre (ng/dl) de sang ».
En attendant de retrouver la lumière naturelle lors d’un séjour dans une station thermale ensoleillée, une supplémentation en vitamine D peut être une solution efficace pour traverser l’hiver. Il existe des supplémentations sur prescription et des compléments naturels qu’il est possible de se procurer sans ordonnance.
💡 Bon à savoir : demandez toujours l’avis d’un professionnel de santé, de votre pharmacien·ne par exemple, avant de prendre des compléments alimentaires.
5. Se couvrir suffisamment pour mieux affronter le grand froid avec une maladie chronique
Vous y pensez bien évidemment quand vous sortez pour une longue balade. Moins si vous allez juste chercher le courrier. Ces deux petites minutes restent cependant un grand choc thermique pour votre corps. Donc manteau et écharpe, a minima, s’imposent à chaque fois que vous mettez le nez dehors. Et il faut continuer à le mettre, ce nez dehors ! « Il faut conserver un minimum de mouvements même quand il fait froid, à la hauteur de vos capacités et sans vous épuiser », souligne Sina Gombert. Un peu de marche, un bol d’air frais, une immersion dans la nature… Autant de bonus qui vont booster votre résistance et vos défenses immunitaires. Attention à bien vous détendre toutefois ! Les épaules et la nuque crispées par le froid ne font pas bon ménage avec les douleurs articulaires et musculaires chroniques.
Source : entretien avec Sina Gombert, médecin généraliste à Rennes, spécialisée en médecine fonctionnelle et fondatrice de la plateforme « La Clé » qui aide les patients atteints de maladies chroniques (8 février 2022)
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