Personnalité thermale du mois : Michel Laforcade, président de l’association pour la recherche thermale

Par Julie Paysant / Publié le 6 octobre 2025 à 10h00

Michel Laforcade, président de l'AFRETh Crédit photo : ARS Nouvelle-Aquitaine

Chaque mois, une personnalité du monde thermal, médical, politique, sportif ou culturel, nous raconte son lien avec le thermalisme. En octobre, c’est Michel Laforcade, président de l’AFRETh, l’Association française pour la recherche thermale qui répond à nos questions.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Bordeaux, Michel Laforcade a mené toute sa carrière professionnelle dans les services de l’État dédiés aux affaires sociales et à la santé. Désormais en retraite et président de l’AFRETh, il a par ailleurs occupé, pendant une dizaine d’années, la fonction de directeur général en Agence Régionale de Santé (ARS).

L’Officiel du Thermalisme : C’est quoi pour vous le thermalisme ?

Michel Laforcade : En étant directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, j’ai travaillé avec le monde du thermalisme et j’ai acquis beaucoup de respect pour ce qui s’y faisait.

Selon moi, le thermalisme est une activité médicale et beaucoup d’études témoignent du service médical rendu (SMR). Je suis sûr que la plupart du reste des activités médicales est vraisemblablement moins étudié comparativement au secteur du thermalisme.

Quels sont les bienfaits du thermalisme selon vous ?

Je ne suis pas médecin et je m’en remets à toutes les études que l’AFRETh a effectuées depuis une vingtaine d’années. La soixantaine d’études a été réalisée avec des centres universitaires de référence complètement autonomes et indépendants et sur des bases scientifiques rigoureuses. La démonstration est faite et le service médical rendu (SMR) est prouvé pour plus de 80 % des indications thérapeutiques.

Pour les patients souffrant de maladies chroniques, on observe une augmentation des capacités fonctionnelles et une optimisation des fonctions métaboliques. Par conséquent, nous observons, chez ces mêmes patients, une meilleure qualité de vie et moins de douleurs. Dans l’année qui suit la cure thermale, le recours aux médicaments et aux vaccins est diminué. C’est un bénéfice pour le patient, mais aussi pour la société en général.

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Sur quelles grandes thématiques travaillez-vous au sein de l’AFRETh ?

Nous travaillons sur plusieurs études autour de la rhumatologie, des voies respiratoires, de la dermatologie et des affections psychosomatiques. Aussi, nous travaillons sur des méta-études qui constituent des synthèses d’études réalisées en France. Cela va nous permettre de rassembler une réflexion synthétique sur plusieurs orientations thérapeutiques.

Nous avons aussi, pour 2026, lancé un appel à projets très largement ouvert. Dans les prochaines années, nous allons également développer la dimension de prévention partant du principe clé que le temps de la cure thermale est un moment propice pour sensibiliser et informer les patients. Un patient réalisant une cure en rhumatologie pourra ainsi bénéficier de prévention en lien avec sa santé cardiovasculaire ou son potentiel risque de chute à domicile.

Comment améliorer la reconnaissance du SMR des cures thermales auprès des décideurs et des prescripteurs ?

Pour convaincre les décideurs, il faut fuir les discours et les incantations, et faire connaitre la médecine thermale de manière synthétique et scientifique. Il est nécessaire de ramener le débat vers plus d’objectivité et se battre théorie contre théorie, analyse scientifique contre analyse scientifique. Au sein de l’AFRETh, nous devons continuer à nous réunir avec les parlementaires et avec l’Assurance maladie, par exemple. La plupart du temps c’est une méconnaissance qui vient remplir cette absence de connaissance.

Pour convaincre les prescripteurs, nous devons davantage nous rapprocher des médecins libéraux pour leur faire découvrir ou redécouvrir le SMR des cures thermales. Je collabore depuis peu avec l’URML (Union régionale des médecins libéraux) de Nouvelle-Aquitaine et l’idée est de publier dans leurs newsletters la synthèse des résultats d’études en recherche thermale. Jusqu’ici, et même sous ma présidence, nous n’avons pas été assez bons pour porter la connaissance auprès des prescripteurs.

Dans le domaine de la recherche thermale, faire des études était une première étape indispensable. Il faut continuer à en faire bien sûr, et surtout, parcourir les derniers 10 mètres qui nous séparent du cabinet du médecin-prescripteur, qu’il soit généraliste ou spécialiste. Certains médecins ne découvriront pas le thermalisme proprement dit, mais plutôt sa dimension scientifique et l’existence de ce type d’études.

JE REÇOIS LES ACTUS THERMALES

Source : Entretien exclusif avec Michel Laforcade, le 3 octobre 2025

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