Dominique témoigne : « La cure thermale = moins de médicaments, plus de repos, une meilleure énergie »

À 74 ans, Dominique, ancienne secrétaire médicale, connaît bien les établissements thermaux. À la suite d’une opération du dos et de problèmes de circulation, son médecin lui a conseillé le thermalisme. Depuis plus de dix ans, elle suit chaque année une cure thermale à Dax, convaincue de ses bienfaits sur la douleur, le sommeil et la qualité de vie.
Pour Dominique, rien n’a été improvisé. « On ne peut pas partir en cure sans raison », insiste-t-elle, rappelant qu’une cure thermale ce n’est pas des vacances, mais un traitement médical encadré, qui nécessite un motif de santé reconnu et une prescription du médecin traitant. C’est d’ailleurs sur les conseils du sien que Dominique s’est lancée. « Les médecins savent que les patients en tirent un vrai bénéfice. Nous sommes les premiers à leur dire », ajoute-t-elle.
Un parcours encadré et exigeant
Dominique, orientée vers la rhumatologie et la phlébologie, décrit des journées types articulées autour de deux heures de soins, souvent concentrés le matin, et des séances variées : bains bouillonnants, massages, gymnastique en piscine, ou encore soins spécifiques mis au point localement. « On est presque deux heures dans l’eau, avec des bulles, des jets, des mouvements imposés par les remous. Même sans bouger, le corps est sollicité en permanence. C’est très bénéfique, mais aussi très fatigant », raconte-t-elle.
La première fois, elle avait imaginé profiter des après-midis pour visiter les environs, mais l’expérience a vite montré ses limites : « On est tellement épuisés qu’on ne fait pas grand-chose en dehors des soins. » Cette intensité, explique-t-elle, fait partie intégrante du processus thérapeutique.
Des bienfaits concrets et mesurables
Au fil des années, Dominique a pu mesurer les bénéfices réels de ses cures. « Dès la première fois, j’ai ressenti une amélioration. Pendant deux à trois mois, je prends beaucoup moins de médicaments et surtout, je dors à nouveau, sans douleurs », confie-t-elle. Pour une personne dont les nuits étaient perturbées par des douleurs dorsales, cet apaisement a changé le quotidien. Le thermalisme agit aussi sur la gestion de la douleur chronique : elle souligne que certains patients parviennent à interrompre leur consommation d’antalgiques ou d’anti-inflammatoires pendant plusieurs semaines après leur cure. « C’est un cercle vertueux : moins de médicaments, plus de repos, une meilleure énergie », résume Dominique.
Les effets bénéfiques ne sont cependant pas immédiats. Selon elle, le soulagement s’installe progressivement, souvent au bout d’une dizaine de jours, et s’étend sur plusieurs semaines après le retour. « Au milieu de la cure, on est dans une phase de fatigue intense, mais ensuite, la dernière semaine passe très vite, car on commence à sentir les effets positifs. » Ce rythme particulier explique aussi pourquoi les cures sont fixées à trois semaines : en deçà, les bénéfices seraient insuffisants, et au-delà, l’organisme serait trop sollicité.
Pour Dominique, la régularité est essentielle : « Chaque année, je repars avec une amélioration. Quand j’ai dû arrêter après mon opération, l’absence de cure s’est fait sentir. »
« La cure oblige les patients à suivre un traitement jusqu’au bout »
Au-delà des soins, elle insiste sur la dimension humaine des cures thermales. Le suivi médical, l’attention portée aux patients, l’obligation de respecter un protocole complet : tout cela contribue à un sentiment de prise en charge globale. « Beaucoup de gens ne s’occupent pas assez de leur santé. La cure les oblige à suivre un traitement jusqu’au bout, ce qu’ils ne feraient peut-être pas seuls. Combien de gens arrêtent leur traitement à mi-chemin, dès qu’ils vont mieux, parce qu’ils ne jugent plus nécessaire de continuer… En cure, le fait d’être pris en charge et suivi évite cela. Car une fois qu’on a mis le pied dans le centre et vu le médecin thermal, on est obligé de suivre le traitement. »
Le thermalisme, côté finances
La question financière reste un point crucial. L’Assurance maladie prend en charge une grande partie du coût des soins thermaux, mais les frais annexes (logement, repas, transport) s’ajoutent rapidement. « Pour la cure en elle-même, il me reste environ 180 euros à payer pour trois semaines. Mais en comptant l’hébergement et la nourriture, en partageant les frais à deux, on tourne autour de 500 à 600 euros par personne. », explique Dominique. Pour elle, ce coût reste acceptable au regard des bénéfices, mais il nécessite une vraie anticipation.
Elle met par ailleurs en garde contre toute remise en cause du remboursement par la Sécurité sociale. Selon elle, « ce serait un drame. Sans les cures, beaucoup de patients compenseraient avec davantage d’antidouleurs, d’anti-inflammatoires ou d’arrêts maladie. Au final, cela coûterait plus cher au système de santé. » Elle insiste sur le rôle préventif du thermalisme, qui permet de réduire la consommation médicamenteuse et d’améliorer la qualité de vie. Elle estime qu’il s’agit d’une véritable chance, qu’il faut protéger : « J’espère pouvoir continuer encore longtemps. Si un jour je devais arrêter, ce serait difficile à vivre. C’est une grande chance d’y avoir accès. »
Source : entretien exclusif avec Dominique, octobre 2025














2 commentaires
Une cure thermale, ce ne sont pas des vacances comme certains voudraient le laisser penser. Par contre, cela remplace efficacement les vacances car c’est un budget en dehors des soins pris en charge forfaitairement. Bien des familles n’ont pas les moyens de budgéter et une cure et des vacances. Personnellement j’effectue une cure tous les deux ans et j’en ressens les bienfaits plus d’un an apres. Moins d’antalgiques, des bons comportements…qui me permettent de garder ma mobilité et de vivre sans montrer mes handicaps.quand on entend que la prise en charge ne sera plus pour les malades de longue durée c’est bizarre. Nombre de cure restent incompatible avec un cancer par exemple ou d’autres complications de santé. Donc il doit y avoir peu de prescriptions pour cette catégorie et une économie infime. L’esprit de cette mesure ne correspond donc pas à des motivations financières.C’est le remous médiatique qui fausse la donné et prépare des mesures plus drastiques . Or les villes de cure profitent de leurs ressources bénéfiques a travers les locations et les consommations des curistes, les emplois saisonniers ou pas et financent leurs infrastructures de « loisirs et santé ».
C’est vrai que depuis que je fais une cure depuis plusieurs années en Rh+Ad je ressens les bienfaits de celle-ci toute l année. Pendant les 3 semaines de soins on se sent fatigué ce qui est normal et la dernière semaine on commence à ressentir les bienfaits