Personnalité thermale du mois : Sandrine Tourillon, nouvelle directrice des Thermes de Luchon

Sandrine Tourillon, directrice des Thermes de Luchon (Haute-Garonne) © Arnaud Spani
Chaque mois, une personnalité du monde médical, politique, entrepreneurial ou culturel partage avec nous son regard sur le thermalisme. En mai, rencontre avec Sandrine Tourillon, nouvelle directrice des Thermes de Luchon. Elle revient sur son parcours, sa découverte du secteur et les ambitions qu’elle porte pour l’établissement.
Après une carrière dans le médico-social et la gestion d’établissements de santé — EHPAD, IME (Institut Médicoéducatif), foyers pour adultes handicapés et centre de santé —, Sandrine Tourillon a pris la tête de l’établissement thermal de Luchon. Originaire d’Agen, son parcours professionnel l’a menée à Strasbourg, Narbonne, Toulouse et aujourd’hui au cœur des Pyrénées. Dynamique et déterminée, elle s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 prometteuse pour l’établissement avec l’accueil de 6 700 curistes. C’est une progression de 2 % par rapport à 2024, une évolution à contre-courant d’une tendance nationale en recul (-1,2 %).
L’Officiel du Thermalisme : Comment le thermalisme est-il entré dans votre vie et quelle en est votre conception ?
Sandrine Tourillon : J’ai découvert le thermalisme un peu par hasard, et notamment grâce à mes parents qui réalisaient des cures à Balaruc-les-Bains et à Amélie-les-Bains. En revanche, professionnellement, c’est une véritable nouveauté. Quand j’ai eu cette proposition d’emploi, ce qui m’intéressait c’était de pouvoir travailler sur cette notion de bien-être et d’accompagnement dans le soin.
Je conçois le thermalisme comme un équilibre entre soin, prévention, bien-être et accompagnement humain. C’est une parenthèse dans la vie des patients, une parenthèse pour soulager leurs douleurs et améliorer leur qualité de vie. Les établissements thermaux constituent aussi un lieu où l’on peut proposer des activités complémentaires : ateliers, conférences, ou encore actions de prévention.
Quel est votre état d’esprit après ces premiers mois de prise de fonction ?
Je suis d’un tempérament optimiste et je suis vraiment ravie d’être ici. L’établissement de Luchon a été entièrement rénové, et surtout toutes les équipes, administratives et soignantes, sont expérimentées, investies et motivées. Elles sont attachées à cet établissement et à leurs fonctions. Sans oublier bien sûr le cadre de vie très agréable. Même si je connais bien la gestion d’établissement, j’avais tout à découvrir du thermalisme, et notamment sur les soins en rhumatologie et voies respiratoires. J’ai été accompagnée à la fois par le groupe Arenadour et par les équipes sur place. Ce soutien a été vital pour mon adaptation à ce nouveau secteur.
Comment faites-vous évoluer l’offre ?
Nous adaptons nos formats aux nouveaux rythmes de vie. Cela passe par la mise en place des cures en horaires décalés (en fin de journée entre 16 h et 19 h) en avril et en juillet, et par le développement de nouveaux séjours courts. Même si nous restons très attachés aux cures conventionnelles, qui sont notre cœur de métier, il est essentiel de proposer des alternatives plus flexibles. De nouveaux besoins émergent. Par exemple, sur les voies respiratoires en lien avec la pollution et les modes de vie urbains. Le thermalisme peut apporter des solutions préventives et thérapeutiques face à cette recrudescence de troubles respiratoires.
Quels sont vos projets à court terme ?
L’établissement est aujourd’hui entièrement rénové, que ce soient les espaces de soins, le spa thermal ou les installations premium. Nous disposons désormais d’un outil de travail optimal. Je dis souvent que Madame Roullot, l’ancienne directrice, a tout mis en place, tout organisé. Le relais s’est fait au péage et elle m’a laissé l’autoroute !
Nos priorités sont : le développement de mini-cures et séjours courts, la création d’offres clé en main avec les hébergeurs, la mise en place de soins spécifiques (soins par le froid pour les jambes) et le déploiement de cures dédiées aux sportifs en lien avec les événements organisés à Luchon. Par exemple, nous collaborons avec les organisateurs de la Lapébie (course cyclosportive) le marathon ou le triathlon, afin de proposer des soins de récupération adaptés pour les sportifs. L’idée est de poursuivre les synergies avec les acteurs locaux, stations de ski, associations sportives et événements culturels.
Le retour de la ligne ferroviaire en 2025 (ndlr : ligne Montréjeau-Luchon) facilite l’accès aux Thermes depuis Toulouse, ce qui attire davantage de visiteurs en quête d’un dépaysement total. Nous avons d’ailleurs mis en place un ticket balnéo rail (billet de train et accès au centre thermoludique). Notre ambition est faire de Luchon un réflexe bien-être pour les Toulousains et renforcer l’attractivité globale de la station. Nous avons toutes les clés en main : une dynamique locale forte, des équipes motivées, et un fort potentiel pour redonner aux Thermes de Luchon toute leur grandeur !
Source : Entretien avec Sandrine Tourillon, le 24 mars 2026













