Témoignage. Yasmine, diagnostiquée d’une spondylarthrite après 12 ans d’errance médicale : « La cure thermale m’a offert un hiver sans douleur »

Par Élise Loiseau / Publié le 15 juin 2026 à 09h00

Yasmine, témoignage cure thermale spondylarthrite ankylosante

Diagnostiquée après 12 ans d’errance médicale, Yasmine souffre de spondylarthrite ankylosante depuis l’âge de 19 ans. À 36 ans, mère de famille et psychosomatothérapeute, elle a osé franchir le pas de la cure thermale à Barbotan-les-Thermes. Deux séjours d’une semaine seulement, mais aux effets remarquables.

Tout commence autour de ses 19 ans, avec des douleurs que les médecins peinent à identifier. « Mes premiers symptômes étaient ce qu’on appelle des fessalgies à bascule. Cela ressemble à des sciatiques, ces douleurs me bloquaient complètement le dos. » S’y ajoutent de sévères cervicalgies, des phases d’immobilisation au lit durant plusieurs semaines, puis des douleurs nocturnes et ce dérouillage matinal si caractéristique des maladies rhumatismales inflammatoires. « Je me réveillais et j’avais l’impression d’être passée sous un camion. »

Une longue errance médicale

Pendant des années, ses symptômes sont minimisés. « J’ai vu beaucoup de médecins et on me disait que ce n’était rien, ou on me prescrivait de la codéine. » Ce n’est qu’en tombant sur une conférence du professeur Breban, rhumatologue et chercheur spécialisé dans les spondylarthrites, que Yasmine comprend enfin ce qui lui arrive. Elle apprend notamment que les femmes sont massivement sous-diagnostiquées, présentant moins de marqueurs inflammatoires et moins d’IRM positives que les hommes.

En 2021, soit 12 ans après les premiers symptômes, elle obtient enfin son diagnostic. Un rhumatologue la met alors sous biothérapie. La réponse au traitement confirme le diagnostic. « Avant, j’étais sur des douleurs à 8, 9 sur 10. Aujourd’hui, je peux avoir des douleurs à 2, 3 ou 4 sur 10. »

Barbotan-les-Thermes : une cure taillée pour la spondylarthrite

C’est dans ce contexte qu’elle se tourne vers le thermalisme et choisit Barbotan-les-Thermes, station reconnue pour sa spécialisation en rhumatologie. L’eau y sort naturellement à 38 °C et présente des propriétés particulièrement adaptées aux pathologies articulaires et inflammatoires. Contrainte par sa situation familiale, Yasmine ne peut s’accorder qu’une cure libre d’une semaine, là où la cure médicalisée de référence dure trois semaines.

Le programme de soins la surprend par sa richesse. « J’ai eu, par exemple, un soin basé sur des cataplasmes d’argile, appliqués sur trois localisations de notre choix. Pendant l’application, on peut parfois profiter d’un lit hydromassant et d’une séance de musicothérapie. »

Elle découvre également les bains de kaolin, une préparation à base d’argile et d’eau thermale. « Dans ce bain, on se sent comme en apesanteur. Tout d’un coup on ne porte plus son poids, ce qui permet, pendant le soin, de supprimer les douleurs. » Les soins en piscine d’eau thermale complètent ce programme, avec des massages du dos assurés sous immersion.

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Une poussée initiale, puis un hiver sans douleur

Comme cela est fréquemment rapporté dans les maladies inflammatoires, la première semaine de cure a déclenché une poussée. « C’est d’ailleurs pour ça qu’on conseille de faire la cure de trois semaines », explique-t-elle. Les effets positifs ne se sont manifestés qu’après le retour à domicile. « J’ai passé un hiver où je n’ai pas eu de douleurs. Je pouvais tenir un livre, alors que les autres hivers j’avais mal aux mains et je n’arrivais pas à lire. J’ai obtenu ce résultat en n’ayant fait qu’une semaine de cure. Je n’ose même pas imaginer ce qui se serait passé si j’avais fait trois semaines. »

Des cures moins accessibles pour les malades chroniques jeunes

Yasmine regrette que les cures thermales ne soient pas facilement accessibles aux personnes jeunes atteintes de maladies chroniques. Car si les retraités peuvent s’autoriser à prendre trois semaines, pour les autres, jongler entre enfants, travail et soins thermaux relève d’un véritable parcours du combattant. Pour cette raison, Yasmine plaide pour que la cure thermale soit reconnue comme arrêt maladie pour les patients atteints de maladies chroniques.

Elle souligne aussi l’intérêt potentiel du thermalisme pour les personnes souffrant de fibromyalgie, et appelle à des études sur les effets à long terme chez les curistes jeunes, notamment en matière de réduction du risque d’invalidité : « Je prends moins de médicaments dans les mois qui suivent la cure, je me sens beaucoup mieux dans mon corps. »

Son conseil : s’offrir cette parenthèse hors du temps

Forte de son expérience à la fois personnelle et professionnelle (Yasmine anime un podcast consacré à l’errance médicale et aux maladies chroniques invisibles), la jeune femme adresse un message direct, notamment aux femmes : « Les gens qui ont une pathologie chronique, généralement, ce sont des gens qui ont beaucoup pris soin des autres. Et ça, ça concerne beaucoup les femmes. En plus, elles sont sous-diagnostiquées. » Son conseil est de partir seule, loin du domicile, pour couper vraiment avec le quotidien. « La cure, ce n’est pas uniquement les soins, c’est tout ce qu’il y a autour, c’est ralentir le rythme. »

Un budget, certes, mais un investissement qui peut transformer durablement la vie avec la douleur. « Si derrière la personne peut vivre avec des douleurs baissées d’un tiers ou de la moitié, c’est considérable, surtout quand on vit avec des douleurs chroniques quotidiennement depuis des années. »

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Source : Entretien avec Yasmine, psychosomatothérapeute et animatrice de podcasts, 36 ans, juin 2026. Elle a consacré l’un des épisodes de son podcast aux effets du thermalisme sur le syndrome d’Ehlers-Danlos, la fibromyalgie et le cancer du sein.

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Un commentaire

  • Philippe vde dit :

    Après 40 années à avoir des douleurs, j’ai effectué une cure thermale de 3 semaines à Saint paul les dax. Je suis stupéfait du résultat, plus de douleurs depuis, plus de médicaments. Je renouvelle cette année ma cure.