Forage des Thermes de Rochefort : sécuriser l’approvisionnement en eau

Thermes de Rochefort © Violaine Badie | L’Officiel du Thermalisme
Le chantier du nouveau forage thermal « Angisboust » qui viendra sécuriser l’approvisionnement en eau des thermes de Rochefort est terminé depuis avril 2024. Désormais, la Ville réalise des tests de débit et de qualité de l’eau pendant une année. Plus de détails avec Guillaume Michaud, directeur eau et assainissement à la Communauté d’agglomération Rochefort Océan.
De novembre 2022 à avril 2024, le parking des thermes de Rochefort a été investi par un colossal chantier d’une valeur totale de 2,5 millions d’euros. Il s’agissait de creuser et de mettre en service un nouveau forage afin de compléter et sécuriser le débit du forage de la rue Gallieni de 50 m3/h (forage F3 Lafayette). « A l’origine nous visions 70 m3/h pour le nouveau forage, mais les premiers essais nous ont démontré que ce débit ne sera pas atteint. Nous espérons atteindre 50m3/h pour sécuriser l’approvisionnement de l’établissement. Aujourd’hui, nous souhaitons stabiliser la fréquentation de l’établissement autour de 20 000 curistes, chiffre atteint en 2019. L’idée est de retrouver nos 20 000 curistes sans chercher à aller au-delà » précise Guillaume Michaud.
Tests en cours pour le nouveau forage des Thermes de Rochefort
Depuis avril 2024, il s’agit désormais de réaliser des tests. Les contrôles ont trois objectifs : vérifier la capacité de la nappe à alimenter le forage, observer la fluctuation de la nappe et analyser la qualité physicochimique et bactériologique de l’eau. Comme le précise le directeur eau et assainissement de la ville de Rochefort : « C’est une phase imposée par l’hydrogéologue agréé et préalablement nommé par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Le forage doit être testé dans des conditions réelles d’exploitation sur une durée d’un an à 50m3/h. Pendant cette phase, nous devons aussi jongler avec l’établissement ouvert et le forage existant !».
Pour information, les contrôles déjà réalisés montrent que l’eau extraite a les mêmes propriétés que celle actuellement prélevée au forage F3.
Quand le nouveau forage sera-t-il opérationnel ?
Après la récolte de ces données qui devraient se prolonger jusqu’en avril 2025, il faudra encore respecter les délais légaux encadrant la remise du rapport de l’hydrogéologue puis l’autorisation d’exploitation du forage par le préfet de Charente-Maritime. Si tout se passe dans des conditions optimales, l’exploitation sera autorisée courant 2026.
Concernant le déroulé global du projet, Guillaume Michaud tient à souligner que : « Le chantier a nécessité des interventions complémentaires des entreprises et un suivi assidu de notre bureau d’étude. Cependant, tout cela a toujours été réalisé dans les délais sans même que cela ne génère un surcoût pour la collectivité. Soulignons aussi que nous avons bien trouvé de l’eau, mais pas dans les quantités souhaitées. C’est un aléa dans ce genre de mission où nous travaillons à 800 mètres sous terre. Retenons aussi qu’il n’y a pas eu d’incidence particulière sur le fonctionnement de l’établissement thermal. Le forage éveillait la curiosité des curistes et nous nous attachions tout particulièrement à leur expliquer ce que nous faisions. C’était le côté agréable du chantier !»
Prochainement, le forage sera mis en valeur dans un établissement sécurisé avec des supports de médiation. Il sera parfaitement visible pour les curistes qui pourront y trouver, entre autres, des informations relatives à l’histoire du thermalisme.
Sources :
- Entretien exclusif avec Guillaume Michaud, le 24 octobre 2024.














5 commentaires
Je vais faire si je ne me trompe pas ma 10ᵉ année à Rochefort, j’ai mes habitudes maintenant et j’apprécie particulièrement la maison du curiste.
Oui je partirai en cure à Rochefort e mai 2025 pour la troisième année
J’en suis à ma troisième cure à Rochefort. Mes soucis en phlébologie ont bien évolué et positivement (moins de douleurs, moins de crampes) j’ai une nouvelle prescription pour revenir, c’est surtout la jambe gauche qui est douloureuse, le mollet au bout de trois ans me semble plus souple y compris les varices. Quels nouveaux soins pourrais je demander au médecin de cure (compresses chaudes ou pas) Merci de vos conseils
Michel Duvernois
Bonjour,
A titre de curiosité, j’aimerais connaitre la technique qui a conduit à creuser à tel ou tel endroit pour déterminer l’emplacement du nouveau forage : par tâtonnement autrement dit hasard ?, radiesthésie ? autre technique faisant appel à des technologies récentes ?…
Quelques éléments concernant les interprétations de la campagne géophysique 2020-21 préalable à l’implantation d’un nouveau forage thermal à Rochefort (17)
(pour ne pas renouer avec les errements du passé)
Il y a environ 35 ans (en 1987), sous l’égide du maire omniscient de l’époque, une campagne de mesures sismiques avait été commandée en direct par la ville de Rochefort à l’entreprise Schlumberger. Il s’agissait d’une campagne de sismique de puits à partir du forage de la porte Bégon (Source l’Empereur). De quel conseil s’était donc alors entouré le maire ?
Basée sur une lecture erronée des données des forages anciens, l’interprétation s’était appuyée sur l’existence supposée (mais à l’époque considérée par certains comme effective) d’une strate sableuse à la base de la série sédimentaire du secondaire (Lias inférieur à Trias) qui repose sur le socle paléozoïque ; cet horizon sableux supposé devait alors constituer le magasin du gisement thermal dans l’esprit de la municipalité et dans celui des géophysiciens consultés (Schlumberger). Ces derniers s’étaient alors appliqués à en définir les dimensions et la structure, car c’est ce prétendu magasin qui représentait à leurs yeux l’objectif principal d’un futur ouvrage d’exploitation du gisement thermal.
ET CE NIVEAU SABLEUX, LES GEOPHYSICIENS DE SCHLUMBERGER L’AVAIENT TROUVE ET EN AVAIENT DETERMINE LES CARACTERISTIQUES DIMENSIONNELLES ET STRUCTURALES DANS L’INTERPRETATION DES MESURES DE SISMIQUE DE PUITS REALISEES !
– Voir le rapport Schlumberger – 1987 1
Or, une lecture attentive de la description des cuttings du forage de 1953 (forage de la Porte Bégon) et du compte rendu de réalisation du premier ouvrage de 1861-1866 avait déjà montré que les niveaux aquifères du Trias-Lias reposant à la base de la série sédimentaire sur le socle de micaschistes ou de gneiss n’étaient en aucun cas constitués de niveaux sableux, mais de grès dolomitiques argileux associés à des faciès lagunaires à évaporites.
Les « sables », décrits en tant que magasin potentiel d’un aquifère thermal, étaient en fait des cuttings très fins résultant de la poursuite du forage en dessous des sédiments mésozoïques dans les formations du socle paléozoïque particulièrement tenaces dans ce secteur (voir les carottes conservées au musée) avec un outil de forage inadapté à la dureté et à l’abrasivité de cette dernière formation géologique (tricône à dents pour formations tendres à semi dures). Le gneiss, finement broyé par le travail difficile de l’outil de forage, avait alors été interprété en tant que sable (rapport PIET in Schlumberger, 1987).
Ainsi, une mauvaise interprétation d’une description des cuttings de forage avait alors abouti à déclarer l’existence d’un horizon sableux, donc potentiellement aquifère, en dessous des grès dolomitiques et argileux du Trias-Lias. Cet horizon n’existe évidemment pas et, à cette profondeur, on se trouve au contraire en-dessous du toit du socle paléozoïque. Les forages les plus récents des années 90 et 2000 l’ont d’ailleurs démontré.
Quant à la signification de la « faille » décrite par Schlumberger à la fin de son document, on pourrait plutôt considérer selon toute vraisemblance une limite lithologique, c’est-à-dire un changement latéral dans la lithologie du socle. Le socle gneissique est en effet structuré selon une direction sud armoricaine (NW-SE) avec une schistosité très redressée (voir les carottes). Noter la direction justement sud armoricaine de ladite « faille ». Cette dernière limite lithologique pourrait éventuellement se matérialiser par un ressaut de la surface d’érosion infra mésozoïque au sommet du socle paléozoïque. Nul besoin d’invoquer la présence d’une faille ni celle d’un horizon sableux à la base du mésozoïque.
Jean-Michel JOUBERT
Géologue / hydrogéologue
décembre 2020
Commander en direct une entreprise de services, même réputée dans sa spécialité, en suivant les seules suggestions supposées éclairées de son entourage, et sans même s’adjoindre l’appui d’un cabinet de conseil spécialisé et indépendant, ne constitue-t-il pas une grave erreur pour un élu garant des deniers publics ?
Petite histoire de géologue à propos des géophysiciens
Un entrepreneur désireux d’investir dans le domaine minier envisage de s’adjoindre le conseil de spécialistes au sujet d’un projet sur lequel il souhaite s’engager. Le projet étant situé outremer, il organise un voyage sur place, et il se fait accompagner d’un foreur, d’un géologue, d’un commercial et d’un géophysicien. Durant le voyage en avion, il se dit qu’il va tester ses conseillers afin de vérifier qu’ils satisferont bien à ses attentes en matière de conseil.
Il fait venir d’abord le foreur et lui demande :
– A votre avis, combien font 2×2 ?
Le foreur sort sa calculette et répond :
– Eh bien, ça fait quatre, point, zéro, zéro, zéro, zéro, zéro… (4.0000000)
A la même question, le géologue répond :
– En l’absence de pendage, ça devrait faire près de 4, mais s’il y a un pendage, il faudra diviser par la cotangente de sa valeur en degré…
A cette même question, le commercial, lui, répond :
– Facile : 2×2 ça fait 3 si j’achète et 5 si je vends
Enfin, l’entrepreneur pose cette même question au géophysicien. Ce dernier se penche alors vers l’entrepreneur et lui murmure à l’oreille :
– Combien voulez-vous que ça fasse ?
(1) Rapport Schlumberger : Mairie de Rochefort – Rapport de sismique de puits pour la source l’Empereur, 1987.
(2) Forage de l’Hôpital Maritime – compte rendu manuscrit disponible dans les archives de la mairie.
(3) Cuttings : fragments de roche broyés par l’outil de forage remontés en surface par circulation de la boue de forage. Ils sont prélevés à leur sortie en surface et analysés par le technicien chargé du suivi géologique. Les cuttings sont ensuite conservés et archivés afin de permettre le cas échéant des compléments d’analyse.