3e Journée Parlementaire du Thermalisme : le remboursement des cures et les patients au cœur des débats

Ce 27 mai, plus d’une centaine de participants se sont réunis à l’Assemblée nationale à l’occasion de la troisième Journée Parlementaire du Thermalisme. Parlementaires, élus locaux, professionnels du thermalisme, scientifiques, représentants des patients et curistes ont échangé pendant plus de quatre heures sur l’avenir du thermalisme. Cette rencontre a permis de confronter les points de vue, de rappeler certaines réalités factuelles et de nourrir de manière apaisée le débat public autour de cette pratique de soins.
Impulsée par le sénateur du Puy-de-Dôme Jean-Marc Boyer et organisée par le député des Hautes-Pyrénées Denis Fégné, cette journée avait pour but de donner la parole aux différents acteurs de la filière. En ce printemps 2026, l’actualité du thermalisme est en effet marquée par deux évènements majeurs : les débats récurrents, lors du vote du budget annuel de la Sécurité sociale, de la possibilité de dérembourser partiellement les cures conventionnées, et la récente saisine de la Haute Autorité de Santé par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, afin d’évaluer le service médical rendu des cures thermales.
Les curistes témoignent des bienfaits du thermalisme
Les associations de patients ont souligné les bénéfices des cures thermales dans l’accompagnement des maladies chroniques, la prévention de la dépendance, la réduction des douleurs et la diminution du recours aux médicaments.
Les représentantes des patients, Christine Ferroti (Association Vivre Mieux le Lymphœdème, AVML), Françoise Alliot-Launois (Association Française de Lutte Anti-Rhumatismale, AFLAR) et Martine Nel-Omeyer (Association des Brûlés de France) ont insisté sur le rôle indispensable des cures thermales pour certains patients. Christine Ferrotti a notamment évoqué une « perte de chance dramatique » pour les patients atteints de lymphœdème.
Sans compter que la prise en charge thermale est aussi vitale lorsqu’elle permet, par exemple, de préparer un patient grand brûlé à une intervention chirurgicale.
Plusieurs curistes ont partagé leurs vécus et les conséquences concrètes de la cure thermale sur leur vie quotidienne. Le thermalisme permet avant tout l’amélioration de l’autonomie et la réduction des douleurs chroniques dans leur intensité et leur fréquence.
Au-delà des impacts médicaux, c’est la qualité de vie qui a été au cœur des témoignages.
En effet, beaucoup de patients décrivent la cure comme un moment où ils reprennent confiance en eux et où ils retrouvent goût à l’activité physique. Sans compter que l’établissement thermal leur offre un accompagnement global, une prise en charge complète rarement possible dans le cadre des consultations médicales classiques, en cabinet libéral ou en établissement hospitalier.
Un recours moindre aux médicaments
Le Pr Jean-Louis Montastruc, président du conseil scientifique de l’AFRETh (Association Française pour la Recherche Thermale) a présenté plusieurs résultats d’études portant sur l’impact des cures thermales sur la consommation de médicaments.
Les chiffres montrent que la diminution de prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et d’antalgiques pourrait représenter près de 2 millions d’euros d’économies. Au-delà de ces coûts évités, ce moindre recours aux médicaments est également un bénéfice pour les patients qui sont alors moins exposés à leurs effets indésirables.
De son côté, le Pr Christian Hérisson, président de la Fédération Thermale et Climatique Française (FTCF), a rappelé que « le thermalisme doit continuer à démontrer scientifiquement sa place dans le parcours de soins, mais il apporte déjà des réponses concrètes à de nombreux patients confrontés à des pathologies chroniques et à la perte d’autonomie. »
Remboursement des cures thermales : un modèle jugé essentiel
Les représentants des curistes ont exprimé leurs préoccupations face aux discussions engagées ces derniers mois autour d’un éventuel déremboursement des cures conventionnées.
Pour les nombreux intervenants, une telle décision entraînerait des conséquences directes sur l’accès aux soins thermaux, en particulier pour les personnes aux revenus modestes. Le député Yannick Monnet a rappelé que les cures thermales représentent environ 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie, une part limitée au regard des bénéfices observés en matière de prévention, d’accompagnement et de qualité de vie. Le député de l’Allier explique : « Derrière le thermalisme, c’est le modèle solidaire de la Sécurité sociale qui est interrogé. Derrière le thermalisme, c’est notre capacité collective à maintenir une prise en charge solidaire des soins qui est interrogée. »
Pour Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé et cardiologue de formation : « Un éventuel changement de modèle ne peut pas être décidé au détour d’un amendement déposé tardivement, compte tenu des conséquences que cela aurait pour les patients, les professionnels et les territoires ».
Au terme de ces échanges, un sujet a fait consensus : l’évaluation du thermalisme doit prendre en compte l’ensemble de ses effets. Le secteur du thermalisme doit être considéré dans sa globalité intégrant bénéfices sanitaires, coûts évités pour le système de santé, impacts sociaux et économiques sur les territoires et rôle clé dans les dimensions de la prévention santé et du bien vieillir.
Évaluation de la Haute Autorité de Santé : quel cadre de travail ?
L’intervention de la Haute Autorité de Santé (HAS), par la voix du Dr Cédric Carbonneil, chef du Service d’Évaluation des Actes Professionnels (SEAP), a constitué un autre moment fort de cette 3e Journée Parlementaire du Thermalisme. Il a indiqué que les cures thermales feront l’objet d’une évaluation spécifique, adaptée à leurs particularités, précisant que le thermalisme ne serait « ni évalué comme un médicament, ni comme l’homéopathie » mais selon une méthodologie adaptée aux pratiques de soins. Les cadrages méthodologiques débuteront en 2026, les évaluations seront initiées dès 2027. La HAS a indiqué travailler en concertation avec les professionnels et représentants des patients en prenant en compte les effets des cures thermales, l’environnement de la cure, le ressenti des patients et les dimensions préventives et éducatives du thermalisme.
Source : Troisième journée parlementaire du thermalisme : compte-rendu des échanges, Denis Fégné, 28 mai 2026
















3 commentaires
Les cures thermales en rhumatologie que nous faisons depuis 2014 nous apportent un confort médical à mon mari(hernies discaux non operables) et moi(polyarthrite rhumatoïde)et au retour, moins de médicaments.
Nous sommes très inquiets au regard de cette démarche en vue d un deremboursement des cures.
Souvent situées. Territoires ruraux les stations de cure représentent un bassin d emploi important non delocalisable et utile pour les commerces et activités dérivées.le cout du chômage risque d être supérieur au cout des cures!Mais e n’est pas le même budget😹 les politiques jouent les autruches!!
Arrêt des cures rhumato et reprise des douleurs et des AINS et morphiniques