DOSSIER : Déremboursement des cures thermales, comprendre le projet et ses conséquences

Par Betty Simenon / Publié le 21 novembre 2025 à 16h19

dossier déremboursement cure thermale

Le gouvernement envisage de réduire drastiquement le remboursement des cures thermales à partir de 2026. Le sujet évoqué dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026) suscite une forte réaction des curistes, des professionnels du thermalisme et des élus locaux et nationaux.

Ce dossier a pour objectif de rassembler, en un seul lieu, les principaux éléments factuels sur :

  • le fonctionnement de la médecine thermale et sa prise en charge actuelle ;
  • le coût réel des cures pour l’Assurance maladie et pour les curistes ;
  • le projet de baisse de remboursement et son évolution ;
  • la mobilisation des patients et des élus (appel citoyen, pétition, témoignages) ;
  • la parole scientifique sur l’efficacité des cures thermales.

Chaque section renvoie vers nos articles détaillés pour aller plus loin.

1. Le déremboursement des cures n’aura pas lieu

Le 16 décembre, l’Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, actant l’absence de toute mesure de déremboursement des cures thermales.

Cette adoption, après un rejet du texte par le Sénat et un dernier vote décisif des députés, constitue un soulagement majeur pour l’ensemble de la filière thermale et pour les curistes, fortement mobilisés ces derniers mois. Le secteur reste toutefois vigilant : des garanties écrites sont désormais demandées afin d’exclure toute possibilité de décret en 2026 qui viendrait remettre en cause le remboursement des cures thermales.

Adoption du budget de la Sécurité Sociale 2026 : le déremboursement des cures thermales n’aura pas lieu

2. Ce qu’il faut comprendre du recul du Gouvernement

Le 9 décembre, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a indiqué que les cures thermales ne feraient pas l’objet d’un déremboursement.

Ces déclarations interviennent alors que le Parlement, à plusieurs reprises, a exprimé son opposition à toute baisse du taux de remboursement des cures. Elles constituent un signal important dans la perspective du vote définitif du PLFSS, attendu le 12 décembre, et qui lèvera toute éventualité de réduction du taux de remboursement des cures en 2026.

Déremboursement des cures thermales : le Gouvernement recule

3. L’appel citoyen lancé par les élus et les représentants du secteur

Le 14 novembre 2025, un appel citoyen a été lancé à l’initiative de :

  • Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées, président du groupe d’études Thermalisme à l’Assemblée nationale ;
  • Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme, fondateur des Journées parlementaires du thermalisme ;
  • Thierry Dubois, président du Conseil national des Établissements Thermaux (CNETh) ;
  • Julien Dubois, maire de Dax et président du Grand Dax, président de l’Association nationale des maires de communes thermales (ANMCT).

Cet appel s’oppose au projet de décret visant à réduire le remboursement des cures thermales et alerte sur les conséquences pour les patients et pour les territoires thermaux.

L’appel et son formulaire de signature sont accessibles en ligne. Le texte a vocation à être publié sous forme de tribune dans un quotidien national puis transmis au Premier ministre.

Non à la disparition des cures thermales et des territoires thermaux

Dans leur texte, les auteurs de l’appel rappellent que les cures thermales représentent seulement 0,1 % du budget de l’Assurance maladie pour 8,3 millions de journées de soins, mais qu’elles apportent un bénéfice médical et économique important pour les patients et les territoires.

Ils demandent au Gouvernement de renoncer au décret envisagé et de préserver la médecine thermale, décrite comme « utile et efficace », qui soigne des patients atteints de maladies chroniques et fait vivre de nombreux territoires.

👉 Accéder au texte et à l’appel citoyen :
https://forms.gle/x5F3K2oCr6f1d7k1A

Projet de déremboursement des cures thermales : un appel citoyen pour alerter sur le projet du gouvernement

4. La parole scientifique : l’avis du Pr Jean-Louis Montastruc

Dans le cadre de notre série d’articles « Expert du mois », le professeur Jean-Louis Montastruc, médecin pharmacologue, membre de l’Académie nationale de médecine et président du conseil scientifique de l’AFRETh, a répondu à nos questions sur :

  • la place du thermalisme dans la prise en charge des pathologies chroniques ;
  • les résultats des essais cliniques menés par l’AFRETh ;
  • les implications du projet de baisse de remboursement.

Il rappelle notamment que :

  • le thermalisme est « une thérapeutique«  utilisée dans « des maladies chroniques qui n’ont pas forcément de réponse médicamenteuse« ;
  • « les cures thermales sont jugées comme efficaces et par conséquent, elles doivent être remboursées à l’instar du médicament à 65 % » ;
  • dans le cas d’un déremboursement « les patients s’orienteront vers des thérapeutiques moins bien évaluées ou vers des médicaments très peu efficaces et dangereux« .

Expert du mois : Jean-Louis Montastruc, professeur émérite de médecine et président du conseil scientifique de l’AFRETh

5. La parole des curistes : une mobilisation forte de nos lecteurs

À la suite de l’annonce gouvernementale, la rédaction de l’Officiel du Thermalisme a lancé début novembre un appel à témoignages auprès de ses lecteurs. Depuis l’appel, elle a reçu plus de 5 000 messages écrits à ce jour et actualise régulièrement les chiffres de la publication qui en rend compte.

Évelyne, 63 ans
« La cure annuelle représente un moment indispensable et attendu pour maintenir un état de santé satisfaisant tout au long de l’année. Cette annonce est une très mauvaise nouvelle pour tous les curistes et beaucoup de personnes ne pourront plus venir… Merci de donner la parole aux curistes ! »

Claudine et Serge, 65 et 67 ans
« Les cures représentent un soulagement dans nos douleurs (épaules, dos, genoux). Difficile de comprendre cette annonce, pour nous les cures font en sortes que nous ne prenons pas ou peu de médicaments sur l année.« 

PLFSS 2026 : 5 103 curistes témoignent pour défendre la cure thermale

6. Ce que prévoit le projet de baisse de remboursement

La mesure dans le cadre du PLFSS 2026

Le 5 novembre, la ministre déléguée Charlotte Parmentier-Lecocq a indiqué au Sénat que le gouvernement souhaite ramener le taux de remboursement des cures thermales par l’Assurance maladie de 65 % à 15 % pour la majorité des patients. Parallèlement, le taux de prise en charge des cures liées à une affection de longue durée (ALD) doit être revu de 100 % à 65 %.

L’objectif annoncé par le gouvernement est de réaliser 200 millions d’euros d’économies sur le budget de l’Assurance maladie.

Selon les estimations du Conseil national des établissements thermaux (CNETh), citées dans nos articles, si cette mesure aboutissait, un curiste ne serait plus remboursé qu’à environ 130 € sur une dépense moyenne de 680 € pour les soins, hors transport et hébergement.

Ce que dit l’annonce du gouvernement sur le déremboursement des cures thermales

Pour défendre le thermalisme et l’accès aux soins pour tous, signez l’appel citoyen

La rédaction de l’Officiel du Thermalisme relaie l’appel lancé par des parlementaires, élus locaux et représentants du secteur thermal. Pour défendre le maintien du remboursement des cures thermales et l’accès aux soins pour tous, chacun peut agir :

👉 Accéder au texte et à l’appel citoyen :
https://forms.gle/x5F3K2oCr6f1d7k1A

7. Comment sont remboursées les cures thermales aujourd’hui ?

Actuellement, pour une cure thermale conventionnée remplissant les conditions de prise en charge, l’Assurance maladie rembourse :

  • le forfait de surveillance médicale (consultations chez le médecin thermal) à 70 % du tarif conventionnel ;
  • le forfait thermal (soins thermaux) à 65 % du tarif conventionnel ;
  • certaines pratiques médicales complémentaires à 70 % du tarif conventionnel.

Le ticket modérateur, les compléments tarifaires et les prestations supplémentaires restent à la charge du curiste, éventuellement complétés par sa mutuelle selon le contrat souscrit.

Frais de transport et d’hébergement

Sous condition de ressources, l’Assurance maladie peut rembourser :

  • les frais de transport à 55 % sur la base d’un billet SNCF aller-retour 2ᵉ classe, dans la limite des dépenses réellement engagées ;
  • les frais d’hébergement à 65 % d’un forfait fixé à 150,01 €, soit 97,50 € remboursés.

Les plafonds appliqués font que seules certaines situations ouvrent droit à ces aides. Dans les faits, l’hébergement et une part importante des frais restent à la charge du patient, parfois complétés par sa mutuelle.

Cure thermale : loin d’être « entièrement payée par la Sécu »

Contrairement à une idée reçue, une cure thermale n’est pas intégralement financée par l’Assurance maladie. Même avec un remboursement des soins à 65 %, le curiste doit assumer :

  • le ticket modérateur sur les soins ;
  • les frais d’hébergement pour trois semaines ;
  • les frais de transport ;
  • les dépenses de vie sur place (alimentation, etc.).

Les aides spécifiques pour le transport, l’hébergement ou les indemnités journalières ne concernent qu’une partie des patients, selon des critères de ressources et de situation médicale.

Remboursement d’une cure thermale : formalités, prise en charge et cas particuliers

8. La cure thermale : une médecine prescrite et encadrée

En France, la cure thermale conventionnée est une thérapeutique médicale. Elle :

  • fait l’objet d’une prescription par un médecin (ou un chirurgien-dentiste pour certaines indications) ;
  • se déroule dans un établissement thermal agréé et conventionné ;
  • dure 18 jours de soins effectifs, généralement sur 3 semaines ;
  • vise l’une ou plusieurs des 12 orientations thérapeutiques reconnues par l’Assurance maladie (rhumatologie, dermatologie, phlébologie, affections psychosomatiques, voies respiratoires, etc.).

Notre dossier pratique détaille le déroulement d’une cure, les orientations prises en charge et les étapes administratives à respecter.

Cure thermale, mode d’emploi 📖

9. Pour aller plus loin : tous nos contenus sur le sujet

Le projet de baisse du remboursement des cures thermales ouvre une séquence importante pour le thermalisme français. Entre décision budgétaire, données scientifiques, impact sur les patients et conséquences territoriales, le sujet est complexe et en constante évolution.

Pour défendre le thermalisme et l’accès aux soins pour tous, vous pouvez signer l’appel citoyen

Pour soutenir le maintien du remboursement des cures thermales et l’accès aux soins pour tous, vous pouvez apporter votre signature à l’appel citoyen lancé par les parlementaires, les élus locaux et les représentants du secteur thermal.

À lire pour aller plus loin :

👉 Signer l’appel citoyen : https://forms.gle/x5F3K2oCr6f1d7k1A

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5 commentaires

  • Baron dit :

    Les cures génèrent un apport financier pour les territoires en terme d’hébergement, de consommation, de vie culturelle, etc. Si cette loi est votée, c’est moins de curistes et tout une économie locale qui s’effondre…

    1
  • catherine dit :

    ne supportant aucun médicaments la cure m’a permis une atténuation de mes douleurs. j’ai pu retrouvée un meilleur sommeil si la loi est votée mon budget ne me permettra plus d’y aller

    1
  • de smet dit :

    cette année j’ai du interrompre ma cure5suite a un de ces proche);j’ai ressenti quelque semaine après le besoin de soin de Kine et d ‘antalgique

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  • della-grasta dit :

    nous avons réalisé un cure a greoux les bain a 81 ans en mai 2025 c’était notre premiére cure
    je suis asmathique et l’hiver je fait des bronchite chroniques j’ai donc recourt a un traitement a la cortisone rt antibiotiques
    or cet hiver 2025 aucun symthome et pas de probleme respiratoire
    j’en conclu que cette cure m’a éte profitable et donc pas d’achat de médicaments
    j’ai rebouvelé pour juin 2026 si la loi passe mes moyens ne me permettront pas d’acceder a cette cure

    • Caramel dit :

      J’ai un RGO et les anti-inflammatoires me provoquent oesophagite et gastrite donc je ne peux pas en prendre autant que les crises rhumatismales,Sans les cures thermales je souffrirais le martyre. J’espère que le gouvernement reviendra sur sa proposition qui coûterait plus chère in finé