Polyarthrose : la cure thermale, un soutien durable pour les articulations

Douleurs articulaires diffuses, raideurs au réveil, perte progressive de mobilité… La polyarthrose, ou arthrose généralisée, peut devenir particulièrement invalidante au quotidien. En complément des traitements médicaux classiques, la cure thermale pour la polyarthrose s’inscrit dans une prise en charge globale visant à soulager les symptômes et à préserver la qualité de vie.
L’arthrose est la maladie articulaire la plus répandue. En France, elle concerne près de 10 millions de personnes, principalement après 50 ans, et sa fréquence augmente avec le vieillissement de la population. Cette pathologie chronique se caractérise par une usure progressive du cartilage, le tissu qui recouvre les extrémités des os et permet le bon glissement des articulations. Lorsque ce cartilage s’altère, les frottements deviennent douloureux et entraînent une inflammation locale, des raideurs et une diminution de la mobilité.
Si les traitements médicaux visent essentiellement à soulager la douleur, de nombreux patients se tournent également vers des approches complémentaires, comme la cure thermale pour l’arthrose, reconnue pour son action antalgique et son intérêt dans l’amélioration durable de la qualité de vie.
Qu’est-ce qu’une polyarthrose ?
La polyarthrose, aussi appelée arthrose généralisée, désigne une forme d’arthrose qui touche au moins trois articulations différentes, contrairement à l’arthrose localisée qui n’affecte qu’une seule articulation. Ces atteintes multiples et simultanées peuvent majorer la gêne fonctionnelle au quotidien. Les articulations les plus fréquemment concernées par la polyarthrose sont :
- les mains (arthrose du pouce ou des doigts) ;
- les genoux (gonarthrose) ;
- les hanches (coxarthrose) ;
- la colonne vertébrale (arthrose des cervicales, du dos ou des lombaires).
Quels sont les symptômes de l’arthrose généralisée ?
Les symptômes de la polyarthrose varient selon les articulations atteintes et le stade d’évolution de la maladie. Ils s’installent généralement de façon progressive et peuvent s’intensifier avec le temps. Les manifestations les plus fréquentes sont :
- des douleurs articulaires mécaniques, déclenchées ou aggravées par l’effort et soulagées par le repos ;
- des raideurs articulaires, notamment au réveil ou après une période d’inactivité, durant en général moins de 30 minutes ;
- une diminution de la mobilité et de l’amplitude des mouvements ;
- une gêne fonctionnelle dans les gestes du quotidien (marcher, saisir des objets, monter des escaliers…) ;
- un gonflement de l’articulation lors des poussées douloureuses.
Lorsque plusieurs articulations sont touchées, comme dans l’arthrose généralisée, ces symptômes peuvent se cumuler et entraîner une fatigue physique, voire un retentissement psychologique, avec une altération notable de la qualité de vie.
Quelles sont les causes et facteurs de risque de la polyarthrose ?
La polyarthrose résulte d’une usure progressive du cartilage favorisée par plusieurs facteurs, qui peuvent s’associer entre eux :
- l’âge : le vieillissement articulaire constitue le principal facteur de risque ;
- la prédisposition génétique : des antécédents familiaux augmentent le risque de polyarthrose ;
- les contraintes mécaniques répétées : gestes professionnels ou sportifs sollicitant excessivement les articulations, port de charges lourdes, mauvaises postures, etc. ;
- le surpoids et l’obésité : la surcharge pondérale accroît les contraintes sur les articulations qui supportent le poids du corps, comme les genoux et les hanches ;
- les modifications hormonales, en particulier après la ménopause, ce qui explique la fréquence plus élevée de la polyarthrose chez les femmes.
Comment soigner l’arthrose généralisée ?
L’arthrose généralisée est une maladie articulaire chronique qui ne peut pas être guérie. La prise en charge repose donc sur le contrôle des symptômes à travers des traitements médicamenteux et non médicamenteux.
Traitements médicamenteux
Les médicaments visent principalement à atténuer la douleur et l’inflammation :
- les antalgiques, comme le paracétamol, sont utilisés en première intention ;
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont prescrits de façon ponctuelle en cas de douleurs plus intenses ;
- les infiltrations intra-articulaires (corticoïdes ou acide hyaluronique) sont proposées dans certaines situations, lorsque les douleurs persistent malgré le traitement de fond.
Méthodes non médicamenteuses
En complément des traitements médicamenteux, certaines mesures et alternatives thérapeutiques peuvent être mises en place pour réduire les symptômes et ralentir l’évolution de l’arthrose généralisée :
- la pratique régulière d’une activité physique adaptée pour préserver la souplesse articulaire et renforcer les muscles ;
- la kinésithérapie et la rééducation fonctionnelle ;
- la perte de poids en cas de surpoids, afin de diminuer les contraintes exercées sur les articulations portantes ;
- les aides techniques (orthèses, canne, semelles) pour soulager certaines articulations ;
- la cure thermale pour la polyarthrose, qui associe soins à base d’eau thermale, rééducation et accompagnement global.
Quels sont les bienfaits de la cure thermale pour la polyarthrose ?
La cure thermale en rhumatologie (RH) constitue une approche complémentaire reconnue dans la prise en charge des pathologies articulaires chroniques comme la polyarthrose. Elle se décline en deux formats : cure thermale conventionnée de trois semaines ou mini-cure de quelques jours.
Des effets bénéfiques sur la douleur et la fonction articulaire
La cure thermale pour la polyarthrose permet d’agir simultanément sur plusieurs articulations douloureuses. Les soins thermaux reposent sur l’utilisation d’eaux minérales naturelles, dont les propriétés antalgiques et décontracturantes favorisent :
- un soulagement des douleurs articulaires ;
- une amélioration de la mobilité et des capacités fonctionnelles ;
- un renforcement musculaire bénéfique autour des articulations atteintes ;
- et par conséquent une diminution de la consommation de médicaments.
En cas de polyarthrose, cette approche globale contribue à améliorer la qualité de vie et à limiter le retentissement fonctionnel à long terme.
Des bienfaits cliniquement prouvés
L’intérêt du thermalisme dans le traitement de l’arthrose a été confirmé par l’étude Thermarthrose, menée chez des patients souffrant d’arthrose du genou (gonarthrose). Les résultats montrent que la cure thermale permet une amélioration significative de la douleur et de la fonction articulaire, avec des bénéfices persistants plusieurs mois après la cure, comparativement à une prise en charge classique seule.
💡 Bon à savoir : les cures thermales conventionnées de trois semaines s’effectuent sur prescription médicale et peuvent bénéficier d’une prise en charge par l’Assurance maladie.
Quels soins thermaux pour soulager l’arthrose généralisée ?
La cure thermale pour la polyarthrose repose sur une combinaison de soins à base d’eau thermale, prescrits par le médecin thermal en fonction des articulations atteintes et de l’intensité des symptômes. Les soins thermaux les plus fréquemment proposés sont :
- les bains thermaux simples ou hydromassants, aux effets antalgiques et relaxants ;
- les douches thermales, sous affusion ou au jet, et la douche térébenthinée (pulvérisation d’un mélange d’eau thermale et d’essence de pin aux propriétés anti-inflammatoires) ;
- les applications et cataplasmes de boue thermale sur les articulations douloureuses ;
- les étuves générales ou locales ;
- les massages et modelages à visée thérapeutique ;
- les séances de mobilisation en piscine thermale encadrées par un(e) kinésithérapeute, pour améliorer la souplesse articulaire et renforcer les muscles en douceur.
Au-delà des soins proprement dits, la cure thermale pour la polyarthrose constitue un temps privilégié pour l’éducation thérapeutique du patient. Des ateliers et conseils pratiques sont proposés afin d’aider les curistes à mieux comprendre leur maladie, à adopter les bons gestes au quotidien, à pratiquer une activité physique adaptée et à préserver leurs articulations sur le long terme.
Où suivre une cure thermale pour la polyarthrose ?
Vous pouvez effectuer une cure contre la polyarthrose dans l’un des 90 établissements thermaux français agréés en rhumatologie :
- Aix-les-Bains – Chevalley (Savoie)
- Allevard-les-Bains (Isère)
- Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales)
- Amnéville-les-Thermes (Moselle)
- Aulus-les-Bains (Ariège)
- Ax-les-Thermes (Ariège)
- Bagnères-de-Bigorre – Grands Thermes (Hautes-Pyrénées)
- Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne)
- Bagnoles-de-l’Orne (Orne)
- Bagnols-les-Bains (Lozère)
- Bains-les-Bains (Vosges)
- Balaruc-les-Bains (Hérault)
- Barbotan-les-Thermes (Gers)
- Barèges-Barzun (Hautes-Pyrénées)
- Beaucens (Hautes-Pyrénées)
- Berthemont-les-Bains (Alpes-Maritimes)
- Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire)
- Bourbon-l’Archambault (Allier)
- Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne)
- Brides-les-Bains (Savoie)
- Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques)
- Camoins-les-Bains (Bouches-du-Rhône)
- Capvern-les-Bains (Hautes-Pyrénées)
- Casteljaloux (Lot-et-Garonne)
- Castéra-Verduzan (Gers)
- Cauterets (Hautes-Pyrénées)
- Châteauneuf-les-Bains (Puy-de-Dôme)
- Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme)
- Chaudes-Aigues (Cantal)
- Contrexéville (Vosges)
- Cilaos (Île de la Réunion)
- Cransac-les-Thermes (Aveyron)
- Dax (Landes)
- Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)
- Divonne-les-Bains (Ain)
- Eaux-Bonnes (Les) (Pyrénées-Atlantiques)
- Eaux-Chaudes (Les) (Pyrénées-Atlantiques)
- Eugénie-les-Bains (Landes)
- Évaux-les-Bains (Creuse)
- Évian-les-Bains (Haute-Savoie)
- Fumades-les-Bains (Gard)
- Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)
- Jonzac (Charente-Maritime)
- Lamalou-les-Bains (Hérault)
- Léchère-les-Bains (La) (Savoie)
- Lectoure (Gers)
- Lons-le-Saunier (Jura)
- Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône)
- Molitg-les-Bains (Pyrénées-Orientales)
- Montbrun-les-Bains (Drôme)
- Mont-Dore (Le) (Puy-de-Dôme)
- Montrond-les-Bains (Loire)
- Morsbronn-les-Bains (Bas-Rhin)
- Nancy (Meurthe-et-Moselle)
- Néris-les-Bains (Allier)
- Neyrac-les-Bains (Ardèche)
- Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin)
- Pietrapola-les-Bains (Haute-Corse)
- Plombières-les-Bains (Vosges)
- Préchacq-les-Bains (Landes)
- Preste-les-Bains (La) (Pyrénées-Orientales)
- Rennes-les-Bains (Aude)
- Rochefort (Charente-Maritime)
- Royat-Chamalières (Puy-de-Dôme)
- Saint-Amand-les-Eaux (Nord)
- Saint-Honoré-les-Bains (Nièvre)
- Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées)
- Saint-Laurent-les-Bains (Ardèche)
- Saint-Paul-lès-Dax (Landes)
- Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques)
- Salies-du-Salat (Haute-Garonne)
- Salins-les-Bains (Jura)
- Santenay (Côte-d’Or)
- Saubusse (Landes)
- Thonon-les-Bains (Haute-Savoie)
- Uriage-les-Bains (Isère)
- Ussat-les-Bains (Ariège)
- Vals-les-Bains (Ardèche)
- Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales)
- Vichy (Allier)
- Vittel (Vosges)
Sources :
- Dossier Arthrose, Inserm, 14 novembre 2022
- Fiche santé Arthrose, Hospices civils de Lyon, 2 avril 2025
- Arthrose, Dr Kinanah Yaseen, Le Manuel MSD – Version pour le grand public, avril 2025
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